dimanche 12 octobre 2014

2014-10-12 - A - 28° Dimanche du temps ordinaire - Parabole des invités au festin (brève 1-10) (Mt 22, 1-14)


28ème dimanche du Temps Ordinaire
1ère lecture : Le festin messianique (Is 25, 6-9)
Lecture du livre d'Isaïe
Ce jour-là, le Seigneur, Dieu de l'univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples et le linceul qui couvrait toutes les nations. Il détruira la mort pour toujours. Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages, et par toute la terre il effacera l'humiliation de son peuple ; c'est lui qui l'a promis.
Et ce jour-là, on dira : « Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; c'est lui le Seigneur, en lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! »
2ème lecture : La vraie richesse dans le Christ (Ph 4, 12-14.19-20)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens
Frères, je sais vivre de peu, je sais aussi avoir tout ce qu'il me faut. Être rassasié et avoir faim, avoir tout ce qu'il me faut et manquer de tout, j'ai appris cela de toutes les façons. Je peux tout supporter avec celui qui me donne la force. Cependant, vous avez bien fait de m'aider tous ensemble quand j'étais dans la gêne. Et mon Dieu subviendra magnifiquement à tous vos besoins selon sa richesse, dans le Christ Jésus.
Gloire à Dieu notre Père pour les siècles des siècles. Amen.
Evangile : Parabole des invités au festin (brève : 1-10) (Mt 22, 1-14)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Voici la Pâque du Seigneur au milieu de son peuple. Heureux les invités au festin du Royaume ! Alléluia.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Jésus disait en paraboles : « Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d'autres serviteurs dire aux invités : 'Voilà : mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce.' Mais ils n'en tinrent aucun compte et s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : 'Le repas de noce est prêt, mais les invités n'en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce.' Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce, et lui dit : 'Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?' L'autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : 'Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents.'
Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. »





Ce dimanche c’est à l’espérance dans la foi que nous appellent les textes qui nous sont proposés.

Espérance, espoir… ce qui permet à chacun d’entre nous, quand il rencontre des difficultés, de se dire que demain sera meilleur qu’aujourd’hui et qu’il faut continuer la route.

Ils sont extrêmement nombreux les hommes et les femmes, mais plus encore les jeunes de notre monde qui ne croient plus en rien, qui n’ont plus aucune espérance…

Ils vivent au jour le jour en essayant de surmonter les difficultés plus ou moins grosses mais qui les submergent, en se fiant à qui peut éventuellement les aider, parfois malheureusement des marchands d’espoirs qui profitent de leur détresse… Sectes, groupes radicaux qui finissent souvent par les détruire.

Il est de notre devoir de chrétien d’être les témoins de l’espérance que nous apporte notre foi auprès de toutes celles et ceux, jeunes ou pas, qui en ont tant besoin.

Mais peut-être vous demandez-vous justement ce qu’est cette espérance… Peut-être, après avoir entendu le texte de la première lecture, vous êtes-vous dit que cette espérance semblait sortie tout droit du monde des Bisounours…

« un festin de viandes grasses et de vins capiteux… Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples et le linceul qui couvrait toutes les nations. Il détruira la mort pour toujours. Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages. »

8 siècles avant Jésus Christ déjà, c’est à un peuple qui n’en peut plus, qui n’a plus beaucoup d’espoir qu’Isaïe s’adresse.

Le royaume est en péril, l’étranger menace Jérusalem, tout est ravagé etc… etc… et Isaïe tente, avec sa foi, avec Dieu qui est présent en lui, en quelque sorte de remonter le moral des troupes…

Mais me direz-vous, comme le dit la pub : Ça c’était avant !

Peut-être que le peuple de l’époque pouvait y croire… Il s’agissait de gens peu instruits, vivant dans une espère d’obscurantisme…

Mais nous, presque 22 siècles plus tard, nous sommes des gens instruits… Nous connaissons l’histoire… Nous savons que 800 ans après cette histoire le Christ va venir… qu’Il va mourir pour nous… ressusciter le troisième jour et que depuis… et bien depuis nous aussi nous l’attendons, et qu’il nous arrive à nous aussi de perdre l’espoir voir… de finir par ne plus y croire :

Peut-être ajouteriez-vous que notre monde connait toujours les mêmes difficultés… à une autre échelle, sous d’autres formes, mais des gens continuent à souffrir pour tout un tas de raisons…

Et alors ?
Cela veut-il dire que tout comme le peuple dont nous parle Isaïe il faut que nous baissions les bras nous aussi ? Que nous perdions espoir ?

Ce serait oublier les derniers mots d’Isaïe : « c'est lui qui l'a promis »
Même quand nous baissons les bras, bien souvent nous savons, nous continuons pourtant au fond de nous à croire que Dieu tient ses promesses…

Bien souvent, quand nous pensons à laisser tomber, c’est bien d’avantage à cause de notre douleur que parce que nous ne croyons plus en cette promesse…

Par contre, nous nous disons qu’elle n’est pas pour nous… Que nous ne la verrons pas… Que ce sera – peut-être – pour les générations futures.

Ce que nous nous demandons en définitive, c’est quand… Quand ces promesses vont-elles se réaliser pour nous, pour nos familles, pour nos enfants, pour notre monde…

Ce que nous oublions c’est que la promesse de Dieu se réalise chaque jour !
Chaque fois que nous relevons la tête, chaque fois aussi que nous lui faisons confiance en lui remettant ce que nous vivons, que nous le fassions du bout des lèvres quand nous sommes au bout du rouleau, quand nous ne trouvons plus de solution, ou quand nous le faisons avec colère parce que nous avons l’impression qu’il ne nous entend pas…

Et bien chaque fois que nous nous adressons à lui, Dieu nous répond…
Ce sont bien souvent nos oreilles encombrées par notre orgueil qui nous empêchent de l’entendre…

Et oui puisque à peine lui confions-nous nos détresses que nous cherchons à nouveau à ne nous en sortir que par nous-mêmes…

A peine lui confions-nous nos détresses que nous attendons la réponse que NOUS espérons… La solution que NOUS envisageons…

Dieu sait mieux que nous ce qui est bon pour nous.

Mettons-nous plutôt réellement à son écouté… soyons attentifs à ce qu’il nous dit, ce qu’il tente de nous apprendre pour que nos situations se dénouent et que nous retrouvions enfin l’énergie et l’espérance qui qualifie les enfants de Dieu.

C’est également ce que nous dit Saint Paul.
Dans ce texte il est en prison…
Il sait que c’est son action envers celles et ceux vers qui le Christ l’a envoyé qui est à l’origine de son emprisonnement.

Nous pouvons imaginer au moins partiellement ce qu’il ressent…
Il est en prison ! Il s’attend à mourir ! Peut-être s’est-il adressé à Dieu lui aussi comme nous le faisons quand nous sommes dans la peine et les ennuis.

Peut-être que comme nous, il a lui aussi voulu que le Christ lui réponde de la manière dont LUI l’entendait.

Et puis tout d’un coup, il percute !
Il comprend que le Seigneur lui a déjà répondu et que cette réponse se trouvait dans les très nombreux messages de soutien qu’il a reçu de ses frères Philippiens qu’il remercie dans ce texte et qui l’ont aidé à retrouver la force et la lumière.

Il nous dit simplement que la richesse de Dieu ne peut nous être communiquée que si nous nous dépouillons totalement, si nous lui faisons tellement confiance que nous devenons capables de nous en remettre totalement à lui.


L’Evangile de ce jour est bien entendu dans le même ton.

Il nous fait tout d’abord état de la générosité sans limite de Dieu.
A la noce : Tout le monde est invité… A commencer par le peuple de Dieu… Un peuple qui malheureusement ne l’entend plus.

Ce peuple qui ne l’entend plus c’est aussi nous, les hommes et les femmes du 21ème siècle.
Notre monde se cache derrière l’excuse de la laïcité pour ne plus écouter le message du Christ et de l’Evangile.

C’est bien commode n’est-ce pas…
Notre monde prône la laïcité pensant se rendre libre… libre de s’adonner à toutes les extrémités… et nous n’avons qu’à allumer la télévision à l’heure du journal télévisé pour nous rendre compte de ce qu’est un monde qui a chassé Dieu de son quotidien.

Mais Dieu n’invite pas seulement son peuple à la noce.
Il invite tout le monde… Tous sans exception !
Par ce que tous sans exception nous avons droit à l’Amour de Dieu !
Bons ou mauvais nous pouvons tous devenir dignes de l’Amour de Dieu… Pourvu que nous le voulions réellement…

Et c’est le sens qu’il faut voir dans cette partie du texte ou le roi jette dehors l’invité qui n’a pas revêtu l’habit de noce.
Cette partie du texte n’a rien à voir avec le vêtement que porte le convive, mais seulement à la façon dont il accueille le don qui lui est fait.

Il en est de même pour nous.
Je l’ai dit : c’est seulement si nous le voulons, si nous acceptons de changer de vie pour mettre nos pas dans ceux du Christ que nous serons emplis de l’Amour de Dieu…

La punition c’est nous qui nous l’infligeons si nous refusons cela…
Nous ne saurons pas entrer dans la grâce de Dieu, nous ne pourrons pas percevoir la puissance de cet amour si nous refusons de changer de vie.

C’est dans le sacrement du pardon… et oui, la confession… que nous pouvons nous débarrasser de nos fardeaux et retrouver la paix qui caractérise les enfants de Dieu.

Dieu est toujours avec nous.
Il est l’Espérance dont notre monde a tant besoin.
Mais encore faut-il que notre monde veuille bien l’accueillir.


Amen

dimanche 5 octobre 2014

2014-10-05 - A - 27° Dimanche du temps ordinaire - Parabole des vignerons meurtriers (Mt 21, 33-43)


27ème dimanche du Temps Ordinaire
1ère lecture : Le Seigneur est déçu par sa vigne bien-aimée (Is 5, 1-7)
Lecture du livre d'Isaïe
Je chanterai pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne.
Mon ami avait une vigne sur un coteau plantureux. Il en retourna la terre et en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Au milieu, il bâtit une tour de garde et creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais.
Et maintenant, habitants de Jérusalem, hommes de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne ! Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n'ai fait ? J'attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ? Eh bien, je vais vous apprendre ce que je vais faire de ma vigne : enlever sa clôture pour qu'elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu'elle soit piétinée. J'en ferai une pente désolée ; elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j'interdirai aux nuages d'y faire tomber la pluie.
La vigne du Seigneur de l'univers, c'est la maison d'Israël. Le plant qu'il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici l'iniquité ; il en attendait la justice, et voici les cris de détresse.
2ème lecture : Dieu donne sa paix à ceux qui sont fidèles (Ph 4, 6-9)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens
Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l'action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer, gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ Jésus.
Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d'être aimé et honoré, tout ce qui s'appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le à votre compte. Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous.
Evangile : Parabole des vignerons meurtriers (Mt 21, 33-43)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Aujourd'hui, Dieu nous parle en son Fils, lui qu'il a établi héritier de toute chose : c'est là l'œuvre du Seigneur. Alléluia. (cf. He 1, 2 ; Mt 21, 42)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : « Écoutez une autre parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais ils furent traités de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : 'Ils respecteront mon fils.' Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, nous aurons l'héritage !' Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien, quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons, qui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C'est là l'œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit. »





Vous l’aurez sans doute remarqué, ça fait trois semaines que les textes du dimanche nous parlent de vigne.

Il y a quinze jours il s’agissait de ce maître d’un domaine qui sort plusieurs fois dans la journée et recrute à toute heure si je puis dire.

La semaine dernière il s’agissait de ces deux fils qui acceptent ou pas d’aller travailler à la vigne de leur père.

Et cette semaine, ce sont les textes de la première lecture et de l’Evangile qui nous en parlent.

Pourquoi donc cette déferlante de vigne dans les Evangiles de cet automne qui commence tout juste ?

Peut-être certains diront-ils que c’est de saison… Effectivement !
Mais à y regarder de plus près l’analogie va bien plus loin…

Tous ceux qui cultivent la terre et peut-être plus particulièrement ceux qui travaillent la vigne vous le diront : Le travail de la terre est un travail de passion…

Rien que le fait de s’arrêter à ce mot : Passion, justifierait à lui seul que l’on compare régulièrement le royaume de Dieu à une vigne et les hommes tantôt à des sarments, tantôt à des vignerons…

La Passion de Dieu pour l’humanité se trouve là résumée toute entière.
Elle est mise en mots dans le texte d’Isaïe tant l’analogie est évidente.

A l’image d’un homme qui cultive la vigne, Dieu le Père fait attention à l’homme… Il lui a tout donné…

Mais Isaïe nous dit que le vigneron est déçu…
Lui qui a justement tant fait pour Sa vigne n’en voit que bien peu de bons fruits…

En entendant cela nous pourrions nous interroger, voir nous vexer.

Ne serions-nous alors pour le Père qu’un sarment qui doit être rentable et produire en retour ?
Ne serions-nous qu’une marchandise, un bien qui doit absolument fructifier au risque d’être détruit, rejeté de Dieu ?

Bien sûr que non… Ce sont là des raisonnements humains… Investir un euro pour en récupérer un autre, voire plusieurs autres… tant qu’à faire le plus possible d’ailleurs peu importe la provenance et la façon de les récupérer…
Voilà un raisonnement qui est bien connu de la race humaine mais qui est étranger à Dieu…

Si Isaïe nous parle de la déception du Père, c’est sans doute de sa déception de Père justement et non pas de la quelconque déception d’un investisseur qui n’aurait pas eu la rentabilité qu’il attendait.

La déception du Père, c’est celle de tout homme qui s’est complètement donné à ses enfants et qui, malgré tous les efforts qu’il a pu faire pour eux, est malheureux pour eux, de les voit prendre de mauvais chemins dans leurs vies.

Fidèle aux valeurs de liberté qu’il leur a inculquées, il leur montrera sans répit les bons chemins, mais ne saura cependant pas leur interdire au final d’emprunter les mauvais.

Dieu n’est pas déçu de ne pas obtenir de dividendes, il est déçu de voir ce que nous faisons de l’Amour qu’il nous a laissé…

Violence, mensonge, trahison et bien d’autres maux encore meurtrissent le cœur du Dieu qui nous aime tellement qu’il est allé jusqu’à livrer son Fils unique pour nous… Comme le fit le propriétaire du domaine de l’Evangile d’aujourd’hui.

Comme les vignerons du texte de Saint Matthieu, il arrive bien trop souvent à l’homme de s’approprier ce qui ne lui appartient pas et d’aller jusqu’à tuer – au sens propre ou au sens figuré – pour le garder.

Nous ne possédons pas l’Amour de Dieu…
Nous en sommes les dépositaires…
Et notre mission de chrétiens consiste à nous en occuper comme un vigneron s’occupe avec passion de sa vigne.
Il nous appartient seulement de donner tout ce que nous avons, de suer sang et eau pour que cette vigne donne du fruit et du bon…

Ces fruits sont les fruits de l’Amour de Dieu, tout ce que nous pouvons faire pour celles et ceux qui nous entourent, celles et ceux que Dieu met sur notre route parce qu’ils ont besoin de Lui ; de LUI et non pas de NOUS !

Et oui, nous ne sommes QUE les messagers, les témoins de l’Amour de Dieu.
Comme d’autres l’ont fait pour nous, il ne nous appartient QUE de transmettre… De faire fructifier la vigne pour en remettre le fruit à Dieu, c’est à dire le remettre à celles et ceux qui en ont tant besoin.

Peut-être trouvez-vous que c’est un peu fort…
A l’image des ouvriers de la première heure de l’Evangile d’il y a quinze jours, vous vous dites peut-être que ce n’est pas juste…

C’est vrai après tout… toute peine mérite salaire et si nous avons beaucoup donné il est juste que nous recevions beaucoup…

C’est là encore un raisonnement bien humain et je dirais même bien aveugle.

Nous pensons à tout ce que nous voudrions avoir sans nous apercevoir de ce que nous avons déjà, de tout ce que Dieu nous donne à profusion chaque jour et que nous ne voyons bien souvent plus, focalisés que nous sommes sur les problèmes que nous rencontrons ou ce que nous aimerions avoir en retour de ce que nous faisons de bien.

C’est Saint Paul qui nous aide à y voir clair : « Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, … priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. … tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d'être aimé et honoré, tout ce qui s'appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, … mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous. »

Tout est dit !
Dans tout ce que nous faisons, apprenons à nous en remettre à Dieu…

Je le dis souvent : Apprenons à lui remettre tout ce que nous vivons d’heureux mais également de malheureux ; Faisons de notre mieux pour mettre en pratique les commandements d’Amour qu’Il nous a laissés… C’est vrai… Ce n’est pas facile tous les jours… Mais faisons de notre mieux et n’hésitons pas à Le laisser faire le reste.

Si par nos mains, nos actions, par tous nos gestes cet Amour peut venir en aide à toutes celles et ceux qu’Il nous envoie, comment ne pourrait-il pas également venir combler nos manques et nos limites ?

Comment un amour aussi grand ne pourrait-il pas nous aider nous aussi à supporter les maux de nos vies ?
Comment un amour aussi grand ne pourrait-il pas venir nous aider à nous améliorer chaque jour et à combler nos limites ?

La semaine dernière nous étions appelés à mettre nos actes en accord avec nos paroles.

Cette semaine nous sommes un peu plus encore, appelés à nous dépouiller… A nous en remettre à Dieu en totalité pour Lui permettre de rejoindre le cœur de tout homme et tout homme c’est aussi nous.
Arrêtons de vouloir tout posséder, arrêtons de vouloir tout maîtriser…

Faisons Lui confiance et laissons-le nous guider pour nous montrer ce qu’Il attend réellement de nous.

C’est aussi un appel à la confiance : Apprenons à faire réellement confiance à celui que nous appelons Père mais bien trop souvent du bout des lèvres…

Tout à l’heure nous le recevrons en personne dans la communion.

Que notre « Amen » soit alors un « Oui », un vrai « Oui » qui sera le reflet de notre mission de vignerons chrétiens, confiants dans leur Père et en qui feront de leur mieux pour faire fructifier le vigne que ce Père leur a confiée, confiants dans le fait que jamais ce Père ne nous laissera manquer de l’essentiel : Son Amour !


Amen

dimanche 28 septembre 2014

2014-09-28 - A - 26° Dimanche du temps ordinaire - Se convertir non en paroles, mais en actes (Mt 21, 28-32)


26ème dimanche du Temps Ordinaire



1ère lecture : Dieu nous appelle chaque jour à nous convertir (Ez 18, 25-28)


Lecture du livre d'Ezékiel


Parole du Seigneur tout-puissant : Je ne désire pas la mort du méchant, et pourtant vous dites : « La conduite du Seigneur est étrange. » Écoutez donc, fils d'Israël : est-ce ma conduite qui est étrange ? N'est-ce pas plutôt la vôtre ? Si le juste se détourne de sa justice, se pervertit, et meurt dans cet état, c'est à cause de sa perversité qu'il mourra. Mais si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie. Parce qu'il a ouvert les yeux, parce qu'il s'est détourné de ses fautes, il ne mourra pas, il vivra.


2ème lecture : L'unité dans l'amour à la suite du Christ (brève : 1-5) (Ph 2, 1-11)


Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens


Frères, s'il est vrai que, dans le Christ, on se réconforte les uns les autres, si l'on s'encourage dans l'amour, si l'on est en communion dans l'Esprit, si l'on a de la tendresse et de la pitié, alors, pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l'unité. Ne soyez jamais intrigants ni vantards, mais ayez assez d'humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de lui-même, mais aussi des autres.

Ayez entre vous les dispositions que l'on doit avoir dans le Christ Jésus : lui qui était dans la condition de Dieu, il n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix.

C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu'au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l'abîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père.


Evangile : Se convertir non en paroles, mais en actes (Mt 21, 28-32)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Aujourd'hui ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur. Alléluia. (Ps 94, 8)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu


Jésus disait aux chefs des prêtres et aux anciens : « Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : 'Mon enfant, va travailler aujourd'hui à ma vigne.' Celui-ci répondit : 'Je ne veux pas.' Mais ensuite, s'étant repenti, il y alla. Abordant le second, le père lui dit la même chose. Celui-ci répondit : 'Oui, Seigneur !' et il n'y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier ».


Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n'avez pas cru à sa parole ; tandis que les publicains et les prostituées y ont cru. Mais vous, même après avoir vu cela, vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole. »








26ème dimanche du temps ordinaire.

Les textes de ce dimanche, nous invitent à réfléchir sur la cohérence qu’il y a entre nos paroles et nos actes.

Ça doit vous arriver comme à moi de dire bien haut quelle est notre ligne de conduite dans tel ou tel domaine – et pas forcément celui de la foi d’ailleurs - et finalement de faire le contraire… Ou même si on ne fait pas le contraire, de ne pas vraiment faire ce que nos paroles disent.

Mais prenons quelques exemples…
Ceux de l’automobile sont souvent des plus parlant.

Quand nous regardons les faits divers dans les informations, nous condamnons sans appel le chauffard qui a pris la fuite après avoir renversé une personne la rendant paralysée et dépendante jusqu’à la fin de ses jours…
Mais dans le même temps nous, nous roulons à 60 kilomètres heures quand c’est limité à 50 en nous demandant qui est l’abruti de fonctionnaire qui a bien pu imaginer qu’il y aurait du danger dans cette fameuse ligne droite.

Autre exemple, plus dans l’automobile cette fois… Mais dans notre relation aux pouvoirs publics…

Nous disons bien haut qu’il faut aider les pauvres, veiller à ce que chacun ait un toi un suffisamment à manger…
Mais chaque fois que nous en parlons nous disons « eux » en  pensant aux pouvoirs publics à qui nous trouvons bien commode de déléguer nos responsabilités même si à la première occasion nous condamnons ceux-là même que nous avons pourtant élus…

Les exemples sont nombreux qui jalonnent notre vie d’hommes et de femmes…
Chacun de nous, s’il fait le travail d’une vraie analyse intérieure sincère, pourra en trouver qui lui sont propres.

Mais pour cela il faut y réfléchir, car pris dans cette habitude que nous avons de trouver si facilement la poudre qu’il y a dans l’œil de notre voisin sans plus remarquer la poutre qu’il y a dans le nôtre, nous ne sommes bien souvent même plus conscients de nos propres aveuglement.

Et bien le texte d’Ezéchiel se trouve justement dans ce registre…

Le peuple à qui il s’adresse pense lui aussi que c’est de la faute des autres s’il est en exil…
Les gens récriminent contre leurs anciens se disant que s’ils n’avaient pas tout laissé passer, s’ils s’étaient défendu, s’ils avaient combattu quitte à donner leur vie, et bien eux, ne seraient pas en exil !

Ezéchiel tente de leur faire comprendre qu’en agissant ainsi ils font exactement de la même façon que ceux qu’ils condamnent !

Il tente de leur faire comprendre que leur destinée leur appartient et qu’il ne tient qu’à leur conversion que tout cela change !


Dans sa lettre au Philippiens, Saint Paul est un peu plus précis même s’il prend mille précautions pour amener ses frères à la raison plutôt que de les mettre de travers comme on dit aujourd’hui.

Les Philippiens sont des chrétiens eux aussi…
Mais ils ont comme qui dirait, un petit travers : Ils pensent souvent qu’ils sont meilleurs que les autres chrétiens…

Parce qu’ils vivent en communauté – entre eux…
Parce qu’ils pratiquent la charité – entre eux…
Parce qu’ils ne se font pas concurrence – entre eux…
Parce qu’ils cherchent vraiment à s’aider les uns les autres – toujours entre eux…
Et bien pour toutes ces raisons ils commencent à se comporter comme les Scribes et les Pharisiens, ceux-là même qui ont contribué à faire mourir le Christ…

Mais rassurez les choses ne changent pas facilement et c’est tellement vrai que 21 siècles plus tard c’est aussi à nous que s’adresse ce texte.

Quand par exemple, dans les milieux associatifs où nous pouvons agir, nous trouvons que notre idée est bien meilleure que celle de notre voisin sans bien souvent l’avoir écouté jusqu’au bout et y avoir réellement réfléchi… Et bien nous sommes nous aussi les Philippiens de notre histoire

Quand dans nos communautés nous condamnons un peu facilement les comportements des uns et des autres en pensant – souvent sans trop les regarder - que les nôtres de comportements sont meilleurs… et bien nous sommes nous aussi de ces Philippiens dont Saint Paul vient de nous parler.

Et une fois encore les exemples ne manquent pas…

Je n’ai sans doute pas autant de bienveillance que Saint Paul, mais je nous invite nous aussi à vraiment rechercher la cohérence entre nos propos et notre foi.

Rappelons-nous grâce à ce texte de Saint Paul, l’exemple du Christ.
Lui qui était Dieu, s’est totalement dépouillé pour venir à la rencontre de l’humanité.

Il n’a pas repoussé, il a accueilli, même et surtout les plus petits, les pécheurs celles et ceux qui à cause de leurs contemporains avaient fini par se croire exclus de l’amour de Dieu…

Il n’a pas condamné, il a pardonné, celles et ceux qui se tournaient vers lui, vers Dieu et qui trouvaient dans ce pardon la force de se convertir…

Il n’a pas combattu – lui qui était Dieu, et il est allé jusqu’à se laisser mourir de la façon la plus atroce qui soit.

Il l’a fait pour bien nous montrer que ce n’est pas de la violence, du jugement, de la condamnation, et de tous les autres maux qui gangrènent notre monde encore aujourd’hui que viendra le salut de l’homme, mais de sa volonté à se convertir et à mettre l’Amour de Dieu au centre de sa vie.

Et vous vous dites peut être qu’une fois encore j’ai décollé…
Que je suis parti sur mon nuage… que je me suis envolé dans le monde des Bisounours en oubliant que chaque fois qu’on allume notre télévision ce n’est justement que toute cette violence que l’on voit.

Je pense tout d’abord pour faire référence au texte d’Ezéchiel que si nous ne voyons à la télévision que les douleurs et les horreurs de notre monde c’est parce que nous le voulons bien.

Une fois encore nous cherchons dans le comportement des autres une faute qui est au moins partiellement la nôtre.

Si nous arrêtions de faire des gorges chaudes de tout ce que nous donnent en pâture les médias, il y a bien longtemps que ces derniers se contenteraient de nous relater simplement les faits plutôt que de chercher à nous rallier à telle ou telle cause en nous montrant des images qui ne font que nous enflammer.

Je pense ensuite que j’ai passé l’âge des Bisounours et qu’avant d’être Diacre, je suis un Père de famille confronté comme chacun d’entre nous aux maux de notre monde.

Je pense enfin, et surtout devrais-je dire, que c’est effectivement de chacun de nous que dépend l’avenir et nous n’avons pas 36 manières de le construire.

Soit, toujours comme nous le disait Ezéchiel, nous restons dans notre petit coin à nous lamenter et à penser que ce n’est la faut QUE des autres.

Nous serons alors perdus nous aussi, condamnés à mourir dans notre âme.

Soit, nous nous convertissons à l’image du premier Fils de l’Evangile que nous venons d’entendre.
Comme lui, après un temps de refus, de découragement, si nous pouvons nous mettre au travail, arrêter de penser que ce n’est la faute QUE des autres et tenter d’aimer le monde pour le changer enfin.

Chacun de nous est responsable de l’image de chrétien qu’il donne de lui-même…

Mieux… ou pire c’est selon… chacun de nous est responsable de l’image qu’il donne de l’Eglise !

C’est à la façon dont nous aimons le monde que notre église sera perçue de celles et ceux qui nous entourent.

Si nous nous disons chrétiens, si nous prétendons vivre à l’image du Christ et que nous passons notre temps à nous lamenter et à rejeter la faute sur les autres, quelle image auront nos contemporains de notre Eglise ?

Si au contraire, nous montrons que nous savons pardonner, si nous montrons que nous sommes réellement habités de l’Amour de Dieu, que nous savons aborder sans les laisser nous submerger, les maux de notre monde, alors nous serons les vrais témoins d’une Eglise qui rend heureux et fait vivre chacun.

Dans chaque Eucharistie nous est offert tout l’Amour de Dieu.
A chaque Eucharistie le Christ revit cette passion qu’il a pour les hommes, Il se donne et se redonne pour que nous comprenions que c’est son amour qui peut changer le monde.

Alors faisons le plein !
C’est cet amour qui au moment de l’envoi nous donnera le courage de la conversion, le courage de repartir dans le monde et d’avancer avec courage à la suite du Christ sur les vrais chemins du bonheur, des chemins où – pour nos frères – nous serons des témoins cohérents de notre Eglise et de l’Amour de Dieu.


Amen