dimanche 16 novembre 2014

2014-11-16 - A - 33° Dimanche du temps ordinaire - La venue du Fils de l'homme. Faire fructifier les dons du Seigneur (brève 14-15.19-21) (Mt 25, 14-30)


33ème dimanche du Temps Ordinaire
1ère lecture : La femme vaillante fait fructifier ses talents (Pr 31, 10-13.19-20.30-31)
Lecture du livre des Proverbes
La femme vaillante, qui donc peut la trouver ? Elle est infiniment plus précieuse que les perles. Son mari peut avoir confiance en elle : au lieu de lui coûter, elle l'enrichira. Tous les jours de sa vie, elle lui épargne le malheur et lui donne le bonheur. Elle a fait provision de laine et de lin, et ses mains travaillent avec entrain. Sa main saisit la quenouille, ses doigts dirigent le fuseau. Ses doigts s'ouvrent en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux.
Décevante est la grâce, et vaine la beauté ; la femme qui craint le Seigneur est seule digne de louange. Reconnaissez les fruits de son travail : sur la place publique, on fera l'éloge de son activité.
2ème lecture : Soyons vigilants pour attendre la venue du Seigneur (1Th 5, 1-6)
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens
Frères,
au sujet de la venue du Seigneur, il n'est pas nécessaire qu'on vous parle de délais ou de dates. Vous savez très bien que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit. Quand les gens diront : « Quelle paix ! quelle tranquillité ! », c'est alors que, tout à coup, la catastrophe s'abattra sur eux, comme les douleurs sur la femme enceinte : ils ne pourront pas y échapper. Mais vous, frères, comme vous n'êtes pas dans les ténèbres, ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur. En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ; nous n'appartenons pas à la nuit et aux ténèbres. Alors, ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres.
Evangile : La venue du Fils de l'homme. Faire fructifier les dons du Seigneur (brève : 14-15.19-21) (Mt 25, 14-30)
Acclamation :
Alléluia. Alléluia. Voici qu'il vient sans tarder, le Seigneur : il apporte avec lui le salaire, pour donner à chacun selon ce qu'il aura fait. Alléluia.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole : « Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l'un il donna une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul, à chacun selon ses capacités. Puis il partit.
Aussitôt, celui qui avait reçu cinq talents s'occupa de les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n'en avait reçu qu'un creusa la terre et enfouit l'argent de son maître.
Longtemps après, leur maître revient et il leur demande des comptes. Celui qui avait reçu les cinq talents s'avança en apportant cinq autres talents et dit : 'Seigneur, tu m'as confié cinq talents ; voilà, j'en ai gagné cinq autres. — Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.'
Celui qui avait reçu deux talents s'avança ensuite et dit : 'Seigneur, tu m'as confié deux talents ; voilà, j'en ai gagné deux autres. — Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.'
Celui qui avait reçu un seul talent s'avança ensuite et dit : 'Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n'as pas semé, tu ramasses là où tu n'as pas répandu le grain. J'ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t'appartient.'
Son maître lui répliqua : 'Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n'ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l'ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l'aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. Car celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance. Mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents !' »





Nous sommes au 33° dimanche du temps ordinaire.

Le temps ordinaire… 37 Dimanches dans une année…
37 dimanches ou peut-être nous nous disons que si c’est le temps ordinaire, il ne doit pas se passer grand-chose dans l’Eglise.

Et bien c’est faux !
Il n’y a pas qu’à Noël et à Pâques que l’Eglise existe…

Le temps ordinaire est ce temps où, semaine après semaine, l’Eglise nous offre de revisiter des basiques, des choses importantes qui nous aident à construire et à étayer notre foi, des fondamentaux que nous sommes invités à méditer pour renforcer notre foi en Dieu.

Ce temps ordinaire est donc plutôt le temps DE l’ordinaire et il a tout autant d’importance que les grandes fêtes qui jalonnent notre année liturgique.

Et quel est donc le basique que nous sommes invités à revisiter en ce 33° dimanche ?
Il est tout simple : Jésus reviendra !

« Ah c’est ça… Ben ça valait pas la peine de faire tant de mystère… On le sait que Jésus va revenir ! »

En sommes-nous bien surs ?
Oui, c’est vrai nous le disons bien haut et fort, nous savons que Jésus va revenir… Un jour… Mais ce jour nous semble parfois si loin… que même si nous le savons, nous ne nous y préparons peut-être plus réellement…

On nous l’a tellement dit au travers des 20 siècles qui se sont écoulés depuis son départ que même si on y croit, on y prête sans doute un peu moins d’attention…

Mais du coup… Si vraiment Jésus revenait demain… S’il revenait ce soir et qu’il franchisse la porte de cette église (la montrer et faire une pause…)

Qu’aurions-nous à lui dire ?
Comment l’accueillerions-nous ?
Plus important : Que pourrions-nous lui présenter de ce que nous avons réalisé à sa suite ?

Ce qui est sûr, c’est que le jour où il viendra, il nous demandera des comptes…
Lui qui a donné sa vie pour nous, nous demandera ce que nous avons fait de son amour…

C’est tout l’enjeu des textes de ce dimanche et tout particulièrement de l’Evangile que nous venons d’entendre…

Mais au fait… Que nous dit cet Evangile au final ?
Décortiquons le ensemble pour voir ce qu’il peut bien vouloir dire dans nos vies d’hommes et de femmes du 21° Siècle.

Un homme part en voyage…
Il décide de confier ses biens – tous ses biens - à ses serviteurs.
Il donne cinq talents au premier, deux au second et un seul au dernier.
L’Evangile nous dit – et c’est important - qu’il donne à chacun selon ses capacités.

Les talents dont nous parlons ici ne sont pas les capacités, les dons de chacun… Mais de l’argent… et beaucoup d’argent…

Il faut savoir qu’un talent est une unité de mesure qui pèse 26 kilos d’argent.
C’est donc une somme considérable que chacun des serviteurs a reçu.

Si chacun a reçu une somme différente, c’est parce que chacun a sa propre capacité à la faire fructifier… L’homme riche n’a pas choisi des hommes sans capacité, il a choisi trois hommes qui avaient des capacités différentes et c’est en fonction de ces capacités que chacun est appelé à faire fructifier ce qui lui a été confié.

Transposons cette histoire dans notre époque.

L’homme qui part en voyage c’est le Christ.
En partant, il a laissé à chacun d’entre nous ce qu’il avait de plus précieux : Son Amour pour les hommes !

Et tout comme dans le texte, il nous demande de le faire fructifier… Il nous demande de le faire grandir, de le porter à nos frères, et de tout faire pour que cet amour donne du fruit.

Dieu sait très bien que nous ne sommes pas tous égaux.
Il sait que nous avons tous des capacités, des dons différents…
Alors il nous donne une mission adaptée à nos capacités mais il donne beaucoup… Il donne tout ce qu’il a…

L’Evangile continue…

Deux serviteurs font fructifier les talents reçus tandis que le troisième l’enfouit.

Le maître de la maison revient et demande des comptes à ses serviteurs.

Il félicite et récompense les deux premiers… Ils ont reçu à la mesure de leurs capacités et se sont tous deux démenés pour faire fructifier ce qu’ils ont reçu.

Vient alors le troisième serviteur…
Celui-là a enfouit ce qu’il avait reçu et le rend tel quel à son maître.
Il cherche vaguement une excuse en disant qu’il a eu peur de ce maître qui moissonne là où il n’a pas semé… qui ramasse le grain là où il ne l’a pas répandu…

Le maître le reprend alors et reprend ses propres arguments…
Il est d’accord avec le serviteur… Il est effectivement celui qui récolte là où il n’a pas semé… qui ramasse le grain là où il ne l’a pas répandu…
Mais il complète en disant que le serviteur savait tout cela puis il l’accuse de paresse, et il le fait jeter dehors.

Mais qu’est-ce que tout cela peut bien vouloir dire dans nos vies d’hommes et de femmes du 21ème siècle ?
Que veut dire cette histoire de maître qui récolté là où il n’a pas semé… qui ramasse le grain là où il ne l’a pas épandu ?

C’est vrai : Nous sommes les ouvriers et Dieu est le maître !
C’est vrai : c’est nous qui faisons le travail du quotidien et c’est Dieu qui viendra un jour récolter le fruit de ce travail !

Peut-être vous dites-vous que ce n’est pas juste… « Pourquoi est-ce que c’est nous qui nous tapons tout le boulot ? »
Certains iront peut-être même jusqu’à se dire « C’est vrai après tout… Qu’est-ce qu’il fait Dieu pendant tout ce temps ? »

C’est un cadeau, une marque de confiance énorme que Dieu nous fait en vous demandant de faire le travail.

Lui qui est Dieu, a commencé par se faire homme…
Il a voulu que nous comprenions à quel point il tient à nous…
En nous demandant de poursuivre l’œuvre de son Fils, son œuvre…

Mais attention, Il ne nous met pas sur les épaules un fardeau dont Il voudrait se débarrasser…
Il ne nous confie pas une tâche pour avoir le plaisir de nous taper dessus si nous ne nous en acquittons pas correctement…

Il nous dit qu’il nous fait confiance pour transmettre Son Amour à nos frères…
Il nous dit qu’il a choisi d’avoir BESOIN de nous pour faire en sorte que nos frères découvrent par nous combien Aimer peut changer nos vies.

Dans ce cas me direz-vous, pourquoi le maître de notre Evangile punit-il le serviteur qui n’a pas fait fructifier son argent ?

Et bien tout simplement parce qu’il fallait bien prendre une métaphore pour faire comprendre les choses aux gens…

Notre Dieu n’est pas un Dieu qui punit…
Notre Dieu n’est pas un apothicaire qui compte nos bonnes actions en faisons un rond vert à côté de notre nom quand nous faisons quelque chose de bien ou une croix rouge quand nous faisons quelque chose de mal.

Il n’est qu’Amour et miséricorde…
Mais pour que sa miséricorde puisse s’exercer, il nous faut être repentant, il nous faut reconnaître nos limites et Lui demander son aide.

C’est le sens que nous devons trouver dans le texte.
Ce n’est pas Dieu qui nous chassera dans la nuit, là où, comme le dit le texte, il y aura des pleurs et des grincements des dents…

Seuls ceux qui comme le troisième serviteur de notre histoire auront choisi d’enfouir l’Amour que Dieu leur a transmis, c’est-à-dire ceux qui auront refusé de s’engager, ceux qui auront choisi de faire passer leurs propres intérêts avant ceux des autres, seuls ceux qui s’ingénient à chercher les poux dans la tête des autres plutôt que de faire Eglise….

Seuls ceux-là se seront eux-mêmes exclus de l’Amour de Dieu et n’auront rien à lui présenter quand Il reviendra.

Et pourtant, quels que soient notre âge, notre situation, notre état de santé, aucun d’entre nous n’est privé du don d’Amour de Dieu. Dieu donne, Dieu SE donne et nous demande à nous aussi de donner le meilleur à ceux qu’Il nous confie.

A nous de jouer maintenant…
A nous de décider en sortant de cette église quel serviteur nous voulons être.


Amen

dimanche 9 novembre 2014

2014-11-09 - A - Dédicace de la Basilique du Latran - Le corps du Christ, nouveau temple de Dieu (Jn 2, 13-22)


 Dédicace de la Basilique du Latran
1ère lecture : La source de vie qui jaillit du Temple de Dieu (Ez 47, 1-2.8-9.12)
Lecture du livre d’Ézékiel
Au cours d’une vision reçue du Seigneur, l'homme qui me guidait me fit revenir à l'entrée du Temple, et voici : sous le seuil du Temple, de l'eau jaillissait en direction de l'orient, puisque la façade du Temple était du côté de l'orient. L'eau descendait du côté droit de la façade du Temple, et passait au sud de l'autel. L'homme me fit sortir par la porte du nord et me fit faire le tour par l'extérieur, jusqu'à la porte qui regarde vers l'orient, et là encore l'eau coulait du côté droit.
Il me dit : « Cette eau coule vers la région de l'orient, elle descend dans la vallée du Jourdain, et se déverse dans la mer Morte, dont elle assainit les eaux. En tout lieu où parviendra le torrent, tous les animaux pourront vivre et foisonner. Le poisson sera très abondant, car cette eau assainit tout ce qu'elle pénètre, et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent. Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d'arbres fruitiers pousseront ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède. »
2ème lecture : Vous êtes le temple que Dieu construit (1 Co 3, 9b-11.16-17)
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens
Frères,
vous êtes la maison que Dieu construit.
Comme un bon architecte, avec la grâce que Dieu m'a donnée, j'ai posé les fondations. D'autres poursuivent la construction ; mais que chacun prenne garde à la façon dont il construit.
Les fondations, personne ne peut en poser d'autres que celles qui existent déjà : ces fondations, c'est Jésus Christ.
N'oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous.
Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c'est vous.
Evangile : Le corps du Christ, nouveau temple de Dieu (Jn 2, 13-22)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. L'heure vient, et c'est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité. Alléluia. (Jn 4, 23-24)
Évangile de Jésus christ selon saint Jean
Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem.
Il trouva installés dans le Temple les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
Ses disciples se rappelèrent cette parole de l'Écriture : L'amour de ta maison fera mon tourment.
Les Juifs l'interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais le Temple dont il parlait, c'était son corps.
Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.





Aujourd’hui nous fêtons la consécration de la Basilique du Latran.
Ce n’est pas une nouvelle particularité du calendrier liturgique, chaque année les chrétiens fêtent cette Basilique le 9 novembre et il se trouve que cette année le 9 novembre est justement un dimanche.

Son baptistère est dédié à Saint Jean-Baptiste et sur sa façade on peut lire ceci : «  Mère de toutes les églises du monde ».

Les fêtes ne sont jamais posées au hasard…

Fêter cette Basilique, un monument important de la chrétienté en cette période où nous avançons vers l’Avent et donc vers Noël, n’est pas anodin.

C’est cette phrase gravée sur sa façade qui nous le rappelle : « Mère de toutes les églises du monde ».

Tout comme les textes de ce dimanche, elle est là pour nous interroger à nouveau sur la façon dont nous vivons notre foi, sur les choses et les lieux auxquels nous sommes parfois attachés.

Quand nous venons à l’église le week-end pour la Messe…
Quand nous nous y arrêtons peut-être parfois dans la semaine pour une pause ou un instant de prière…
Quand nous visitons telle ou telle chapelle pendant nos vacances…
Quand nous nous posons un instant devant la croix chez nous ou ailleurs…
A quoi, à Qui sommes-nous réellement attaché ?
Qu’est-ce que ce lieu représente pour nous ?

J’ai choisi de m’arrêter aujourd’hui sur la première lecture qui – me semble t’il – est la clef de voute et l’explication…

Cette lecture pourrait être apparentée à un simple mais cependant très joli poème… Mais c’est bien plus que cela.

Déjà dans la bouche du prophète Ezéchiel – nous sommes là environs 6 siècles avant Jésus Christ - déjà, nous est donné le sens profond de la présence d’un Autel, d’une église, d’un temple… de la présence de Dieu dans notre vie !

Si vous avez encore en tête les mots de ce texte, si vous pouvez prendre un peu de hauteur sur le texte, vous verrez que tout y est dit…

Ce texte est plein de symboles posés là pour nous permettre à nous encore presque 27 siècles plus tard, de comprendre ce que Dieu peut apporter dans notre vie.


Il y a un temple, lieu par excellence de la présence de Dieu…

On nous parle beaucoup de l’orient… Avancer vers l’orient, dans la Bible, c’est avancer vers la sagesse que Dieu nous donne.

De l’eau coule sous le seuil de ce temple…
L’eau qui coule, c’est l’Amour de Dieu qui sort du temple…

L’Amour de Dieu n’est pas fait pour rester dans le temple… Il n’est pas fait pour rester dans les mains, dans les vies des seuls initiés… Il coule avec force vers toutes celles et ceux qui en ont besoin…

Cette eau, cet amour coule justement vers l’orient car cet amour rend juste… Permet de découvrir la Sagesse, permet tout simplement d’être heureux.

Cette eau, cet amour coule donc vers l’orient et traverse la vallée du Jourdain… Cela n’est pas anodin non plus…
La vallée du Jourdain c’est le lieu où se trouve le peuple d’Israël… Ce peuple choisit par Dieu.

Le texte nous dit que cette vallée est TRAVERSEE…
L’eau, l’Amour de Dieu ne s’y arrête pas…
C’est le peuple choisi, celui qui connait déjà Dieu, celui qui le vit – ou du moins est sensé le vivre – dans son quotidien…

Transposé dans notre 21ème siècle c’est de nous qu’on parle ici…
Nous sommes le peuple qui connaît Dieu et qui, comme le peuple d’Israël, est sensé en vivre dans son quotidien…
Nous sommes sensé savoir ce qu’il représente pour nous et lui donner la première place dans notre vie.

Mais revenons-en à l’eau et à l’Amour de Dieu…
Il ne s’arrête donc pas dans nos murs… Il ne nous est pas réservé…
Il traverse la vallée du Jourdain pour se déverser (faire le geste) dans la mer morte et en assainir les eaux nous dit le texte.

La mer morte… Elle porte bien son nom…
Elle contient tellement de sel qu’aucune vie n’y est possible…
Aucun poisson, aucune algue ne peut y vivre d’où son nom de mer morte…

Et bien c’est justement là que se déverse l’eau, que se déverse l’Amour de Dieu…

Le parallèle avec notre temps est encore une fois évident...
L’Amour de Dieu doit aller vers celles et ceux qui en ont le plus besoin !

Nous ne devons pas tenter de l’arrêter…
Dans notre vallée du Jourdain, nous ne devons pas tenter de construire des barrages pour bloquer l’eau…
Dans nos vies d’hommes et de femmes qui connaissons Dieu, nous ne devons pas tenter de le garder pour nous, mieux : Nous avons pour mission de faciliter son passage dans notre vie pour qu’il aille vers celles et ceux qui en ont le plus besoin !

Dans l’Evangile, quand Jésus se met en colère, quand il « pète un câble » comme disent nos jeunes… quand il prend un fouet pour chasser les marchands du temple, il ne fait que faire sauter les barrages que les hommes eux-mêmes ont posés et qui empêchent l’Amour de Dieu d’aller vers celles et ceux qui en ont tellement besoin.

Mais revenons-en à la première lecture…
Notre eau est devenue un torrent, c’est ainsi que le texte nous la décrit maintenant…

Et cette eau change tout !

Tout ce qui suit dans le texte nous décrit les bienfaits qu’elle produit, que l’Amour de Dieu produit !

Poisson abondant, assainissement de tout ce qu’elle touche, apparition de la vie en tout lieu, production de toutes sortes d’arbres fruitiers, des feuillages qui ne se flétrissent pas, des fruits qui ne manquent pas, CHAQUE MOIS des fruits nouveaux, des fruits qui sont nourriture et des feuilles qui sont des remèdes.

Une fois encore tout cela peut nous paraître un beau poème, mais en fait c’est la description ramenée à une époque de tout ce que peut produire l’amour de Dieu…

Des feuillages qui ne flétrissent pas : traduisez des hommes et des femmes dont la foi ne vacillera pas…

Des fruits toujours nouveaux : traduisez des étonnements à voir se produire des choses heureuses auxquelles personne ne croyait, que personne ne pouvait imaginer.

Des feuilles qui sont des remèdes : traduisez un amour qui apporte la guérison des cœurs !


Revenir sur terre quand on s’est laissé emporter très haut par un si joli texte peut faire mal…

Retrouver notre 21ème siècle et tous les malheurs qui nous abreuvent quand nous allumons notre poste de télévision peut aussi nous faire mal…

La question qui vient alors c’est : Quand ?
Quand un tel prodige va-t ’il se produire ?
Quand est ce que chaque homme, chaque femme, chaque enfant de cette terre connaîtra de tels prodiges et trouvera pour ne plus jamais le perdre le bonheur et l’abondance dans sa vie ?

Nous posons la question en nous disant déjà la réponse à nous-mêmes…
On ne sait pas… Peut-être même nous disons nous que cela n’arrivera jamais ou au mieux que nous, nous ne le verrons pas…

C’est là que nous nous trompons !
Ce miracle est pour aujourd’hui !

Il est pour aujourd’hui à condition que chacun d’entre nous accepte enfin de lever les barrages de sa vie !
Il est pour aujourd’hui à condition que chacun d’entre nous ne se contente pas de ronronner en venant ASSISTER à la messe dominicale mais y PARTICIPER réellement…

Y participer, c’est veut dire y apporter tout ce que l’on a vécu dans la semaine… Des joies et bien évidemment des peines tellement nombreuses dans notre monde.

Y participer, c’est laisser éclairer toutes ces situations par l’Amour de Dieu qui coule au milieu de nous tout au long de cette Messe

Y participer, c’est accepter la mission que le Christ nous donne au moment de l’envoi… Partir à la rencontre de nos frères et leur porter l’eau vive, l’Amour de Dieu dont il nous aura été donné de faire le plein pour le porter à nos frères.

Nous aussi cet Amour peut nous transformer.
Nous aussi cet Amour peut nous rendre fort, sereins face aux difficultés de notre monde.

Nous aussi cet Amour peut nous aider à devenir ses vrais témoins auprès de celles et ceux vers qui le Christ nous envoie.

Comme je le dis bien souvent, Dieu a CHOISI d’avoir besoin de nous…
Une fois encore donc : Tout cela ne dépend que de notre « Oui »


Amen

dimanche 2 novembre 2014

2014-11-02 - A - 31° Dimanche du temps ordinaire - Voici l'heure d'entrer dans la vie (Jn 5, 24-29)


31ème Semaine du Temps Ordinaire
Commémoration de tous les fidèles défunts
1ère lecture : La vie de tout homme est dans la main de Dieu (Sg 2,23; 3,1-6.9)
Lecture du livre de la Sagesse
Dieu a créé l'homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une image de ce qu'il est en lui-même.
La vie des justes est dans la main de Dieu, aucun tourment n'a de prise sur eux.
Celui qui ne réfléchit pas s'est imaginé qu'ils étaient morts ; leur départ de ce monde a passé pour un malheur ; quand ils nous ont quittés, on les croyait anéantis, alors qu'ils sont dans la paix.
Aux yeux des hommes, ils subissaient un châtiment, mais par leur espérance ils avaient déjà l'immortalité.
Ce qu'ils ont eu à souffrir était peu de chose auprès du bonheur dont ils seront comblés, car Dieu les a mis à l'épreuve et les a reconnus dignes de lui.
Comme on passe l'or au feu du creuset, il a éprouvé leur valeur ; comme un sacrifice offert sans réserve, il les a accueillis.
Ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur comprendront la vérité ; ceux qui sont fidèles resteront avec lui dans son amour, car il accorde à ses élus grâce et miséricorde.
2ème lecture : Passer par la mort avec le Christ pour vivre avec lui (Rm 6, 3-9)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains
Frères, nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés. Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts. Car, si nous sommes déjà en communion avec lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons encore par une résurrection qui ressemblera à la sienne. Nous le savons : l'homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que cet être de péché soit réduit à l'impuissance, et qu'ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. Car celui qui est mort est affranchi du péché.
Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet : ressuscité d'entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir.
Evangile : Voici l'heure d'entrer dans la vie (Jn 5, 24-29)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Christ est ressuscité, par sa mort il a détruit la mort : à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie. Alléluia.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui écoute ma parole et croit au Père qui m'a envoyé, celui-là obtient la vie éternelle et il échappe au Jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie.
Amen, amen, je vous le dis : l'heure vient — et c'est maintenant — où les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront. Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d'avoir la vie en lui-même ; et il lui a donné le pouvoir de prononcer le Jugement, parce qu'il est le Fils de l'homme. Ne soyez pas surpris ; l'heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux vont entendre sa voix, et ils sortiront : ceux qui ont fait le bien, ressuscitant pour entrer dans la vie ; ceux qui ont fait le mal, ressuscitant pour être jugés. »





Un 31ème dimanche du temps ordinaire qui cette année correspond également à la commémoration que nous faisons de tous les fidèles défunts.

Hier nous fêtions tous nos Saints… Toutes celles et ceux qui nous ont précédés dans la mort, mais qui, parce qu’à un moment ou à un autre se sont laissés guider par Dieu, ont été reconnus Saints, des exemples à suivre.

Trop souvent, nous ne les voyons que comme des êtres irréprochables qui n’ont jamais connu le péché et qui ont été parfaits du début à la fin de leur vie.

Bien souvent il n’en est rien !

Je ne prendrai pour exemple – et quel exemple - que Saint Paul qui avant d’être un fervent défenseur des chrétiens a sans doute été de leur plus grands persécuteurs !

Droits dans ses bottes, certain de ses convictions, il a persécuté, massacré à tour de bras !

Et bien c’est pourtant ce grand pécheur qui a été un des piliers de notre Eglise, un de ceux à qui le Christ l’a confiée pour qu’il en témoigne et que par ce témoignage il la fasse grandir.

Le « seul » mérite – si je puis dire – qu’il a eu, c’est d’accepter un jour de se laisser ouvrir les yeux, les oreilles et l’esprit par sa rencontre avec le Christ.

Et cela m’amène donc à deux réflexions.

La première fait directement référence à l’actualité de notre monde, je veux parler du massacre dont sont victimes les chrétiens en Syrie mais pas seulement…

Le focus que font les médias sur ce pays aurait peut-être tendance à nous faire oublier que d’autres pays dans le monde – peut-être économiquement plus respectables aux yeux de la communauté internationale - n’en sont pas moins des anti-chrétiens.

Ils sont encore nombreux, les pays ou le simple fait d’être chrétien fait de vous un suspect, quelqu’un qu’on met facilement au banc des accusés…

Et bien ma première réflexion m’amène à dire qu’en Syrie ou ailleurs, celles et ceux qui prennent les chrétiens pour bouc émissaire, peuvent eux aussi être sauvés… Ils peuvent eux aussi – à l’image de Saint Paul – se laisser un jour interpeler par une rencontre avec le Christ…

Ils peuvent eux aussi changer de vie et se retrouver demain au rang des Saints.

Très souvent, voyant toutes les exactions qu’ils commentent… découvrant en allumant notre télévision les douleurs qu’ils infligent à nos frères chrétiens, nous sommes en colère contre eux… une colère qui nous amène souvent à les maudire, à souhaiter leur mort à eux aussi…

C’est là nôtre nature qui refait surface… notre humanité qui, touchée dans ses fondements, finit par montrer les crocs…

S’il convient bien évidemment de ne pas les laisser faire et de tout faire pour que la paix revienne, il convient également aussi – et c’est aussi cela notre rôle de chrétien – il convient de prier pour eux… de prier pour leur conversion… de prier pour qu’eux aussi ouvrent leurs yeux, leurs oreilles et leurs cœurs à la parole de Dieu et qu’ils acceptent de se laisser transformer par elle.

Pas facile c’est vrai, quand on est meurtri dans son cœur et parfois même dans sa chair de prier pour ceux qui nous font du mal.

Et pourtant, si nous nous disons chrétiens, si nous disons vouloir réellement agir à l’image du Christ, Lui qui sur la croix demandait encore à son Père de pardonner ceux qui le crucifiaient, alors il nous faut nous aussi prier pour celles et ceux qui nous malmènent ou malmènent nos frères.

Ma seconde réflexion fait directement référence à la fête de ce jour : la commémoration que nous faisons de tous les fidèles défunts.

Leur départ – et c’est bien normal – nous fait mal…
Notre peine est souvent grande… parfois même, selon les circonstances, nous sommes en colère… en colère de voir s’en aller ceux avec qui nous avions encore tant de choses à vivre et que la mort nous a enlevés.

Ce n’est qu’après que le temps ait passé que nous pouvons comprendre, que notre foi peut nous rappeler, qu’ils sont désormais auprès du Seigneur.

L’extrait du livre de la Sagesse que nous avons entendu en première lecture nous dit qu’ « Aux yeux des hommes, ils subissaient un châtiment, mais par leur espérance ils avaient déjà l'immortalité »

Oui, ils sont dans la paix… Et il nous est possible à nous aussi de les y retrouver un jour.

Comment ?
En agissant nous aussi à la manière du Christ !

En gardant notre posture de veilleur pour ne pas manquer le rencontre qu’Il nous propose chaque jour… Ne pas manquer de le retrouver dans toutes celles et ceux qu’Il met sur les chemins de nos quotidiens.

Occupés que nous sommes à nous « affairer sans rien faire » comme nous le dit une autre lettre de Saint Paul, nous nous laissons dépasser, noyer par les occupations de notre monde au risque de ne pas reconnaître le Christ.

Heureusement pour nous, il est bien plus fidèle que nous !
Sans cesse – et sous des formes où bien souvent nous ne nous y attendons pas – Il se présente, se re-présente et se re-re-présente à nous…

Sans cesse Il se présente à nous pour que nous levions la tête de nos occupations, pour que nous yeux puissent enfin le reconnaître…

Il nous appelle encore et encore jusqu’à ce que nos oreilles s’ouvrent et que nous l’entendions…

Sans cesse Il nous offre des occasions de nous convertir !

Il nous les offre encore et encore jusqu’à ce que nos cœurs enfin s’ouvrent et que nous lui permettions de nous aider à transformer nos vies.

Car oui, Dieu attend notre permission pour nous transformer… Il attend – bien plus patiemment que nous – que nous soyons prêts et que nous demandions que sa volonté s’accomplisse en nous.

Quand Il nous dit : « Bienheureux les pauvres » il ne parle pas d’argent, il ne parle même pas de misère… il parle de la pauvreté de nos cœurs !

Souvenons-nous aujourd’hui de celles et ceux qui nous ont précédés sur ce chemin… Celles et ceux qui ont fait la rencontre du Christ et l’ont rejoint non pas dans la mort, mais dans la VIE !

Ouvrons nous aussi nos yeux, nos oreilles et nos cœurs pour que nous aussi, le Christ puisse nous guider sur les chemins de la vie éternelle.


Amen