dimanche 2 novembre 2014

2014-11-02 - A - 31° Dimanche du temps ordinaire - Voici l'heure d'entrer dans la vie (Jn 5, 24-29)


31ème Semaine du Temps Ordinaire
Commémoration de tous les fidèles défunts
1ère lecture : La vie de tout homme est dans la main de Dieu (Sg 2,23; 3,1-6.9)
Lecture du livre de la Sagesse
Dieu a créé l'homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une image de ce qu'il est en lui-même.
La vie des justes est dans la main de Dieu, aucun tourment n'a de prise sur eux.
Celui qui ne réfléchit pas s'est imaginé qu'ils étaient morts ; leur départ de ce monde a passé pour un malheur ; quand ils nous ont quittés, on les croyait anéantis, alors qu'ils sont dans la paix.
Aux yeux des hommes, ils subissaient un châtiment, mais par leur espérance ils avaient déjà l'immortalité.
Ce qu'ils ont eu à souffrir était peu de chose auprès du bonheur dont ils seront comblés, car Dieu les a mis à l'épreuve et les a reconnus dignes de lui.
Comme on passe l'or au feu du creuset, il a éprouvé leur valeur ; comme un sacrifice offert sans réserve, il les a accueillis.
Ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur comprendront la vérité ; ceux qui sont fidèles resteront avec lui dans son amour, car il accorde à ses élus grâce et miséricorde.
2ème lecture : Passer par la mort avec le Christ pour vivre avec lui (Rm 6, 3-9)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains
Frères, nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés. Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts. Car, si nous sommes déjà en communion avec lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons encore par une résurrection qui ressemblera à la sienne. Nous le savons : l'homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que cet être de péché soit réduit à l'impuissance, et qu'ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. Car celui qui est mort est affranchi du péché.
Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet : ressuscité d'entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir.
Evangile : Voici l'heure d'entrer dans la vie (Jn 5, 24-29)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Christ est ressuscité, par sa mort il a détruit la mort : à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie. Alléluia.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui écoute ma parole et croit au Père qui m'a envoyé, celui-là obtient la vie éternelle et il échappe au Jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie.
Amen, amen, je vous le dis : l'heure vient — et c'est maintenant — où les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront. Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d'avoir la vie en lui-même ; et il lui a donné le pouvoir de prononcer le Jugement, parce qu'il est le Fils de l'homme. Ne soyez pas surpris ; l'heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux vont entendre sa voix, et ils sortiront : ceux qui ont fait le bien, ressuscitant pour entrer dans la vie ; ceux qui ont fait le mal, ressuscitant pour être jugés. »





Un 31ème dimanche du temps ordinaire qui cette année correspond également à la commémoration que nous faisons de tous les fidèles défunts.

Hier nous fêtions tous nos Saints… Toutes celles et ceux qui nous ont précédés dans la mort, mais qui, parce qu’à un moment ou à un autre se sont laissés guider par Dieu, ont été reconnus Saints, des exemples à suivre.

Trop souvent, nous ne les voyons que comme des êtres irréprochables qui n’ont jamais connu le péché et qui ont été parfaits du début à la fin de leur vie.

Bien souvent il n’en est rien !

Je ne prendrai pour exemple – et quel exemple - que Saint Paul qui avant d’être un fervent défenseur des chrétiens a sans doute été de leur plus grands persécuteurs !

Droits dans ses bottes, certain de ses convictions, il a persécuté, massacré à tour de bras !

Et bien c’est pourtant ce grand pécheur qui a été un des piliers de notre Eglise, un de ceux à qui le Christ l’a confiée pour qu’il en témoigne et que par ce témoignage il la fasse grandir.

Le « seul » mérite – si je puis dire – qu’il a eu, c’est d’accepter un jour de se laisser ouvrir les yeux, les oreilles et l’esprit par sa rencontre avec le Christ.

Et cela m’amène donc à deux réflexions.

La première fait directement référence à l’actualité de notre monde, je veux parler du massacre dont sont victimes les chrétiens en Syrie mais pas seulement…

Le focus que font les médias sur ce pays aurait peut-être tendance à nous faire oublier que d’autres pays dans le monde – peut-être économiquement plus respectables aux yeux de la communauté internationale - n’en sont pas moins des anti-chrétiens.

Ils sont encore nombreux, les pays ou le simple fait d’être chrétien fait de vous un suspect, quelqu’un qu’on met facilement au banc des accusés…

Et bien ma première réflexion m’amène à dire qu’en Syrie ou ailleurs, celles et ceux qui prennent les chrétiens pour bouc émissaire, peuvent eux aussi être sauvés… Ils peuvent eux aussi – à l’image de Saint Paul – se laisser un jour interpeler par une rencontre avec le Christ…

Ils peuvent eux aussi changer de vie et se retrouver demain au rang des Saints.

Très souvent, voyant toutes les exactions qu’ils commentent… découvrant en allumant notre télévision les douleurs qu’ils infligent à nos frères chrétiens, nous sommes en colère contre eux… une colère qui nous amène souvent à les maudire, à souhaiter leur mort à eux aussi…

C’est là nôtre nature qui refait surface… notre humanité qui, touchée dans ses fondements, finit par montrer les crocs…

S’il convient bien évidemment de ne pas les laisser faire et de tout faire pour que la paix revienne, il convient également aussi – et c’est aussi cela notre rôle de chrétien – il convient de prier pour eux… de prier pour leur conversion… de prier pour qu’eux aussi ouvrent leurs yeux, leurs oreilles et leurs cœurs à la parole de Dieu et qu’ils acceptent de se laisser transformer par elle.

Pas facile c’est vrai, quand on est meurtri dans son cœur et parfois même dans sa chair de prier pour ceux qui nous font du mal.

Et pourtant, si nous nous disons chrétiens, si nous disons vouloir réellement agir à l’image du Christ, Lui qui sur la croix demandait encore à son Père de pardonner ceux qui le crucifiaient, alors il nous faut nous aussi prier pour celles et ceux qui nous malmènent ou malmènent nos frères.

Ma seconde réflexion fait directement référence à la fête de ce jour : la commémoration que nous faisons de tous les fidèles défunts.

Leur départ – et c’est bien normal – nous fait mal…
Notre peine est souvent grande… parfois même, selon les circonstances, nous sommes en colère… en colère de voir s’en aller ceux avec qui nous avions encore tant de choses à vivre et que la mort nous a enlevés.

Ce n’est qu’après que le temps ait passé que nous pouvons comprendre, que notre foi peut nous rappeler, qu’ils sont désormais auprès du Seigneur.

L’extrait du livre de la Sagesse que nous avons entendu en première lecture nous dit qu’ « Aux yeux des hommes, ils subissaient un châtiment, mais par leur espérance ils avaient déjà l'immortalité »

Oui, ils sont dans la paix… Et il nous est possible à nous aussi de les y retrouver un jour.

Comment ?
En agissant nous aussi à la manière du Christ !

En gardant notre posture de veilleur pour ne pas manquer le rencontre qu’Il nous propose chaque jour… Ne pas manquer de le retrouver dans toutes celles et ceux qu’Il met sur les chemins de nos quotidiens.

Occupés que nous sommes à nous « affairer sans rien faire » comme nous le dit une autre lettre de Saint Paul, nous nous laissons dépasser, noyer par les occupations de notre monde au risque de ne pas reconnaître le Christ.

Heureusement pour nous, il est bien plus fidèle que nous !
Sans cesse – et sous des formes où bien souvent nous ne nous y attendons pas – Il se présente, se re-présente et se re-re-présente à nous…

Sans cesse Il se présente à nous pour que nous levions la tête de nos occupations, pour que nous yeux puissent enfin le reconnaître…

Il nous appelle encore et encore jusqu’à ce que nos oreilles s’ouvrent et que nous l’entendions…

Sans cesse Il nous offre des occasions de nous convertir !

Il nous les offre encore et encore jusqu’à ce que nos cœurs enfin s’ouvrent et que nous lui permettions de nous aider à transformer nos vies.

Car oui, Dieu attend notre permission pour nous transformer… Il attend – bien plus patiemment que nous – que nous soyons prêts et que nous demandions que sa volonté s’accomplisse en nous.

Quand Il nous dit : « Bienheureux les pauvres » il ne parle pas d’argent, il ne parle même pas de misère… il parle de la pauvreté de nos cœurs !

Souvenons-nous aujourd’hui de celles et ceux qui nous ont précédés sur ce chemin… Celles et ceux qui ont fait la rencontre du Christ et l’ont rejoint non pas dans la mort, mais dans la VIE !

Ouvrons nous aussi nos yeux, nos oreilles et nos cœurs pour que nous aussi, le Christ puisse nous guider sur les chemins de la vie éternelle.


Amen

dimanche 26 octobre 2014

2014-10-26 - A - 30° Dimanche du temps ordinaire - Amour de Dieu et amour du prochain (Mt 22, 34-40)


30ème dimanche du Temps Ordinaire
1ère lecture : Dieu exige qu'on aime les pauvres (Ex 22, 20-26)
Lecture du livre de l'Exode
Quand Moïse transmettait au peuple les lois du Seigneur, il disait : « Tu ne maltraiteras point l'immigré qui réside chez toi, tu ne l'opprimeras point, car vous étiez vous-mêmes des immigrés en Égypte. Vous n'accablerez pas la veuve et l'orphelin. Si tu les accables et qu'ils crient vers moi, j'écouterai leur cri. Ma colère s'enflammera et je vous ferai périr par l'épée : vos femmes deviendront veuves, et vos fils, orphelins.
Si tu prêtes de l'argent à quelqu'un de mon peuple, à un pauvre parmi tes frères, tu n'agiras pas envers lui comme un usurier : tu ne lui imposeras pas d'intérêts. Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil. C'est tout ce qu'il a pour se couvrir ; c'est le manteau dont il s'enveloppe, la seule couverture qu'il ait pour dormir. S'il crie vers moi, je l'écouterai, car moi, je suis compatissant ! »
2ème lecture : L'annonce de l'Évangile et la conversion (1Th 1, 5-10)
lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens
Frères,
vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous pour votre bien. Et vous, vous avez commencé à nous imiter, nous et le Seigneur, en accueillant la Parole au milieu de bien des épreuves avec la joie de l'Esprit Saint. Ainsi vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de Macédoine et de toute la Grèce. Et ce n'est pas seulement en Macédoine et dans toute la Grèce qu'à partir de chez vous la parole du Seigneur a retenti, mais la nouvelle de votre foi en Dieu s'est si bien répandue partout que nous n'avons plus rien à en dire. En effet, quand les gens parlent de nous, ils racontent l'accueil que vous nous avez fait ; ils disent comment vous vous êtes convertis à Dieu en vous détournant des idoles, afin de servir le Dieu vivant et véritable, et afin d'attendre des cieux son Fils qu'il a ressuscité d'entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient.
Evangile : Amour de Dieu et amour du prochain (Mt 22, 34-40)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Dieu est amour. Celui qui aime est né de Dieu : il connait Dieu. Alléluia. (1 Jn, 8.7)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l'un d'entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l'épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu'il y a dans l'Écriture — dans la Loi et les Prophètes — dépend de ces deux commandements. »





30ème dimanche du temps ordinaire.
Bientôt nous allons entrer en Avent…
Bientôt nous allons reprendre le chemin vers Noël et essayer – ce n’est pas toujours bien facile – essayer de nous préparer à un vrai Noël… Un Noël tourné vers l’enfant sauveur qui va nous arriver, un Noël tourné vers nos frères, celles et ceux qui ont tant besoin de son arrivée.

Mais avant cela, encore quelques semaines à « travailler » nos basiques…

Et aujourd’hui, ce basique est le rappel que ce qui est premier c’est l’alliance que Dieu fait avec les hommes.

Cette alliance est salvatrice, elle est libératrice…
Par cette alliance avec un Dieu qui ne contraint pas, nous pouvons nous libérer de tous les esclavages.

Pas facile à comprendre me direz-vous…

Tous les exemples qui nous entourent ou que nous découvrons dans les médias nous montrent que contrairement à ce qu’on nous rabâche, l’homme n’est pas vraiment libre.

Pour nos jeunes ce sont les addictions diverses et variées qui vont des jeux vidéo à des drogues en passant – par exemple - par les codes vestimentaires.

Pour les moins jeunes ce sont les difficultés à trouver du travail qui les oblige à accepter tout et souvent n’importe quoi, qui les expose à des employeurs malveillants qui usent et abusent des gens.

Pour d’autres c’est la maladie, pour d’autres encore c’est la guerre, pour d’autres encore c’est l’incapacité à vivre sa foi sans prendre de gros risques pour sa vie et celles de ceux qui leurs sont proches… Etc… etc… etc…

Comment alors – me direz-vous – comment est-ce que dans tout cela l’alliance avec Dieu peut-elle rendre libre ? Et comment ne pas baisser les bras devant tant d’injustice, de violence, d’indifférence, etc… ?

Et bien c’est justement ce que tentent de nous faire découvrir les textes de ce dimanche qui eux non plus – je vous l’accorde – ne sont pas forcément facile à comprendre et à faire correspondre avec cette idée de liberté, cette idée d’une alliance qui libère l’homme.

Une des idées principales se trouve dans le texte de la première lecture.
L’Alliance avec Dieu rend libre si nous prenons effectivement Dieu pour modèle dans chaque instant de notre vie.

Les choses sont d’ailleurs assez évidentes : Ne pas rejeter l’autre, ne pas l’humilier de pas profiter de lui, se souvenir que nous aussi nous avons parfois des difficultés et que nous aussi alors nous avons besoin des autres…

Ce sont là des choses simples… En dehors de toute foi ce sont même là de simples règles de vie qui devraient habiter chaque citoyen de notre monde…

Mais il n’en est pas ainsi vous le savez comme moi…

Dans la seconde lecture c’est Saint Paul qui prend le relais et tente de nous faire comprendre comment l’Alliance en Dieu est salvatrice.

Il vient féliciter la communauté des Thessaloniciens qui sont dans le droit chemin et qui par leurs comportements sont les vrais exemples d’une Alliance qui sauve, qui donne la rédemption, qui au final rend heureux…

Mais là encore… Nous savons que tout devrait être ainsi et pourtant… pourtant notre temps connaît encore la douleur et la tristesse…

Dans notre époque encore – 2000 ans plus tard – même si nous mettons en avant certains exemples de vies données pour les autres, et bien pourtant ce n’est pas ainsi que fonctionne le monde en général.

Alors comment ? Comment devons-nous procéder pour qu’arrive enfin de règle de Dieu ? Comment devons-nous procéder pour qu’enfin cette Alliance en Dieu sauve notre monde ? Comment devons-nous procéder pour nous sentir vraiment libres ?

C’est l’Evangile qui nous apporte la réponse…

Cette réponse tient dans les deux commandements que nous transmet le Seigneur… mais j’y reviendrai…

Je voudrais commencer par parler de ce nouveau piège qui est tendu à Jésus
Le « Docteur de la loi » qui s’adresse à lui ne lui est pas envoyé par hasard.

Jésus dérange… et il dérange en particulier les Pharisiens… ces religieux qui sont bien assis sur la loi de Moïse une loi qui est bonne – qui ETAIT bonne à l’origine - mais qu’eux, au fil du temps ont en quelque sorte « arrangée » en la complétant de 613 préceptes plus contraignants, plus avilissants les uns que les autres et qui leur permettait surtout d’asseoir leur autorisé sur le peuple, qui leur permettait d’asseoir les privilèges qu’ils se sont arrogés au fil des années.

Régulièrement ils essayent de piéger Jésus…
Souvenez-vous de la semaine dernière quand ils essayent de le prendre à défaut entre Dieu et collaboration avec l’occupant romain.

Cette semaine ce n’est pas moins qu’un « Docteur de la loi » un haut représentant de leur fameuse autorité, qu’ils envoient à Jésus pour tenter une fois encore de le piéger.

Ce personnage connaît les 613 préceptes sur le bout des doigts… Assurément, il va piéger Jésus sur l’un ou l’autre, Lui qui ne respecte pas le repos du Sabbat, Lui qui accueille les pécheurs, Lui qui va vers les exclus et qui va même jusqu’à oser toucher les lépreux…

« Dans la loi, quel est le plus grand commandement ? »
La question du Docteur de la loi est donc un piège… En marquant son attachement plus particulier à tel ou tel commandement, Jésus mettrait le doigt dans un engrenage qui le conduirait inévitablement à se perdre à cause de tel ou tel précepte qu’il ne respecterait pas…

C’est pourtant dans l’Ecriture que Jésus va chercher la réponse…
Tout d’abord dans le Deutéronome au chapitre 6 : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit » puis dans le livre du Lévitique au chapitre 19 : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » en prenant surtout bien soin de préciser qu’il est très semblable au premier.

Tout est dit !
L’attaque du Docteur de la loi tombe à l’eau quand Jésus précise que tout ce qu’il y a dans la loi dépend de ces deux commandements.

Cet Evangile nous interpelle nous aussi…
Et il nous ramène à l’essentiel, à ce qui nous permettra enfin d’être libres, de vivre pleinement l’Alliance que Dieu fait avec l’homme.

Un bon chrétien ne vit pas l’un sans l’autre.
Oui, c’est vrai, nous sommes reliés à Dieu dans la prière, l’Eucharistie dominicale et les sacrements…
Mais cela va de pair avec notre présence dans la vie de nos frères chaque jour.

Tout est encore témoigné sur la croix où le Christ a les yeux tournés vers le père ET les bras ouverts vers tous les hommes – bons ou moins bons – qui sont ses frères.

La recette de la liberté et du bonheur est là…
Comment vivre de l’intérieur l’Alliance avec Dieu ? Et bien tout est dit !

Mais me direz-vous… Ce n’est pas facile…
C’est pas facile dans un monde comme le nôtre de ne pas chercher à préserver ses privilèges – aussi petits puissent ils nous paraître…

Ce n’est pas facile de pardonner quand on nous a fait du mal…

Ce n’est pas facile d’accueillir l’étranger dont on préfère plutôt penser – même si on dit bien haut le contraire – qu’il vient nous enlever le pain de la bouche…

Et puis même si nous agissons en suivant ces deux commandements, de quoi aurons-nous l’air ? Nous allons avoir l’air d’illuminés… Nous allons être mis sur le côté, montrés du doigt…

Pas facile tout cela et rassurez-vous ça l’est autant pour moi que pour vous…

La solution ne vient pas du jour au lendemain et pourtant elle est simple une fois encore…

Nous voulons réellement vivre libres ?
Nous voulons réellement et sincèrement vaincre ces limites que nous avons ?

Alors remettons nous en à Dieu dans la prière !
Confions-lui sans hésiter nos peurs, nos craintes, nos doutes, nos faiblesses… Confions-les-lui et laissons-le faire le reste…

Commençons par le premier commandement… Aimons le et faisons lui confiance…

Il saura alors nous aider à changer de vie… Il saura alors nous aider à aller vers vos frères, à vaincre nos doutes, nos limites… tous ces freins qu’il nous aidera à enlever pour nous rendre réellement libres.


Amen

dimanche 19 octobre 2014

2014-10-19 - A - 29° Dimanche du temps ordinaire - À César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (Mt 22, 15-21)


29ème dimanche du Temps Ordinaire
1ère lecture : Les empires sont dans la main de Dieu (Is 45, 1.4-6a)
Lecture du livre d'Isaïe
Parole du Seigneur au roi Cyrus, qu'il a consacré, qu'il a pris par la main, pour lui soumettre les nations et désarmer les rois, pour lui ouvrir les portes à deux battants, car aucune porte ne restera fermée :
« À cause de mon serviteur Jacob et d'Israël mon élu, je t'ai appelé par ton nom, je t'ai décerné un titre, alors que tu ne me connaissais pas.
Je suis le Seigneur, il n'y en a pas d'autre : en dehors de moi, il n'y a pas de Dieu. Je t'ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissais pas, pour que l'on sache, de l'orient à l'occident, qu'il n'y a rien en dehors de moi. »
2ème lecture : La foi, l'espérance et la charité de la communauté (1Th 1, 1-5b)
Commencement de la lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens
Nous, Paul, Silvain et Timothée, nous nous adressons à vous, l'Église de Thessalonique qui est en Dieu le Père et en Jésus Christ le Seigneur. Que la grâce et la paix soient avec vous.
À tout instant, nous rendons grâce à Dieu à cause de vous tous, en faisant mention de vous dans nos prières. Sans cesse, nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ, en présence de Dieu notre Père. Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui. En effet, notre annonce de l'Évangile chez vous n'a pas été simple parole, mais puissance, action de l'Esprit Saint, certitude absolue.
Evangile : À César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (Mt 22, 15-21)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Rendez au Seigneur, vous les dieux, rendez au Seigneur gloire et puissance, rendez au Seigneur la gloire de son nom. Alléluia. (cf. Ps 28, 1-2)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d'Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens. Donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? »
Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ? Montrez-moi la monnaie de l'impôt. »
Ils lui présentèrent une pièce d'argent. Il leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? - De l'empereur César », répondirent-ils.
Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »





Un vingt neuvième dimanche du temps ordinaire qui est également la journée des missionnaires…

Ce choix n’a pas été fait par hasard puisque les textes de ce dimanche nous invitent, en quelque sorte, à recentrer notre vie sur Dieu.

Et qu’est donc un missionnaire sinon quelqu’un qui a justement choisi de mettre Dieu au centre de sa vie et surtout de le partager à celles et ceux que ce dernier met sur les routes de son quotidien.

Et si nous parlons de recentrage c’est aussi bien entendu parce que nous aussi nous avons sans doute besoin de remettre Dieu et la mission qu’il nous a confiée au centre de nos vies.

Nous sommes dans un monde où tout va vite… Mais où tout ne va pas forcément bien…

Nous courons beaucoup… Occupés à résoudre des problèmes c’est bien normal, mais aussi à tout un tas de choses avec lesquelles nous remplissons nos vies… Activités diverses et variées, sport, spectacles, télévision, etc…

Et Dieu dans tout cela ?

Eh dehors de notre messe dominicale ? En dehors des éventuelles activités de paroisse, ou dans telle ou telle association caritative ?

En dehors de tout cela, quelle place Dieu a-t-il dans notre vie ?

Est-il simplement celui que nous venons consommer à travers une messe dominicale parce que nous en avons pris l’habitude une fois par semaine, ou est-il celui auprès de qui nous venons vraiment nous ressourcer régulièrement pour le porter ensuite auprès de celles et ceux que Lui met sur notre route quotidienne ?

Est-il justement celui qui inspire en nous l’esprit missionnaire mis en avant en ce dimanche ?

Être missionnaire, s’est longtemps entendu comme quelque chose qu’il fallait faire dans des pays lointains… Là où les gens ne connaissaient pas Dieu… des gens à qui il fallait le faire connaître… des gens à qui il fallait aller porter la bonne parole, aller parler de l’Amour infini de Dieu…

Mais aujourd’hui ces « terres de missions » comme on les appelle, sont à nos portes…
C’est aussi notre bonne vieille Europe vers qui il nous faut porter nos efforts.

Les douleurs, des maux de notre temps ont envahi l’esprit, le cœur et jusqu’à l’âme de nos contemporains, l’âme de celles et ceux qui ne vivent plus à des milliers de kilomètres de chez nous – ce qui nous aurait peut-être bien arrangé - mais juste à côté, ces gens qui sont nos voisins.

La grande et bonne nouvelle c’est que maintenant il ne faut plus être moine ou prêtre missionnaire et partir à l’autre bout du monde pour aller porter la bonne nouvelle. Chacun de nous a aujourd’hui cette mission…

La mauvaise nouvelle c’est que maintenant nous ne pouvons plus nous cacher derrière ces moines ou prêtres missionnaires ou le kilomètres qu’il nous aurait fallu faire et que c’est bel et bien à nous de nous bouger, de nous engager !

Plus question de nous contenter de mettre en avant le travail des autres ailleurs dans le monde… c’est à nous qu’il appartient de faire le boulot !

Et le boulot ne manque pas !

Je viens de le dire, ce sont souvent nos propres voisins ou à défaut des gens qui ne sont pas bien loin qui ont besoin de recevoir le message de l’Evangile.

La mission de chacune et chacun d’entre nous est d’être les témoins de cet Evangile auprès des personnes de nos quotidiens…

C’est cela être missionnaire et c’est donc à nous aussi, directement, que s’adresse cette journée spéciale.

Maintenant que nous avons bien compris que cela nous concerne directement… Vous vous demandez peut-être comment il faut faire…

Rassurez-vous c’est plutôt simple.
Il « suffit » d’être chrétien - vraiment chrétien - dans le quotidien de nos vies…
A la fois simple et très compliqué… tout un programme…

Pour cela nous avons un moteur super performant…

Il ne consomme pas grand-chose, il est toujours opérationnel, il démarre au quart de tour et il est très puissant… Ce moteur c’est Dieu lui-même !

Le mettre au centre de nos vies c’est s’assurer le fait que nous ne manquerons jamais de l’énergie dont nous avons besoin pour nous mettre ou nous remettre en route nous aussi… pour ne jamais manquer une occasion d’être nous aussi les missionnaires, les messagers de son amour parmi nos frères.

Les textes d’aujourd’hui sont également là pour nous donner des exemples… Des moyens de faire et des moyens de nous rappeler que Dieu trouve sa place au centre de toute vie chrétienne.

Dans la première lecture, Isaïe fait tout d’abord une annonce.
Il annonce au peuple d’Israël que son exil, qui a pourtant duré 50 ans, est terminé et qu’il va maintenant pouvoir retrouver sa terre natale.

« Ça nous fait une belle jambe » me direz-vous…
« En quoi cette histoire qui s’est passée il y a presque 3000 ans nous concerne-t’elle ? »

Si ce texte est posé là c’est pour nous rappeler l’essentiel de notre foi !
Dieu nous a envoyé son Fils…
Il s’est donné pour nous et ce don est promesse de salut universel !
Chacun d’entre nous est concerné.

Même si cela s’est passé il y a plus de 2000 ans…
Même si avec le temps nous semblons l’oublier, Dieu nous aime et il a donné son Fils unique pour nous le montrer, pour nous aider à nous rappeler jour après jour qu’Il ne nous abandonne pas et qu’il veille sur chacun d’entre nous.

Même si nous, nous l’oublions, Lui nous a fait une promesse et cette promesse se réalisera un jour.

Elle peut d’ailleurs se réaliser dès aujourd’hui… C’est à nous qu’il appartient d’en être les témoins, les acteurs…

C’est nous, qui par nos témoignages permettrons à notre monde de se rappeler que l’Amour de Dieu existe, qu’il vit en chacun d’entre nous et qu’il peut changer la vie de chacune et de chacun…

Des gens vivent cela réellement…

Bien sûr il y a ceux qui nous sont montrés en exemple par Saint Paul qui rend hommage aux Thessaloniciens eux qui, malgré les difficultés, sont restés fermes dans leur foi et de vrais témoins de Jésus Christ, de vrais témoins de l’Amour de Dieu.

Mais plus près de nous, tout près même… Il y a les chrétiens qui de par le monde continuent malgré l’adversité, à témoigner avec brio de leur foi, je veux bien entendu parler plus particulièrement de nos frères chrétiens d’Irak qui en ce moment payent un prix très lourd.

Ils n’ont plus rien…
Ils meurent par centaines chaque semaine…
Et pourtant ils restent par leur exemple les vrais témoins de la foi chrétienne.

Faut-il obligatoirement être martyr pour être témoin de la foi ?
Pas nécessairement heureusement…

Mais quand on voit l’exemple qu’ils nous donnent, comment pouvons-nous encore ignorer notre mission ?
Comment pouvons-nous nous contenter de ronronner ?
Comment pouvons-nous refuser de nous lever, là où nous sommes, avec les moyens qui sont les nôtres, avec nos forces mais aussi avec nos limites pour nous mettre au service de celles et ceux qui nous entourent et qui ont tellement besoin de nous ?

« Le bien fait peu de bruit… Le bruit fait peu de bien. » c’est un adage que nous connaissons bien…

Il n’est donc pas nécessaire de crier sur tous les toits que nous sommes chrétiens ni même de devenir le leader d’un quelconque mouvement pour devenir missionnaire…

C’est dans le quotidien de nos vies que Dieu attend chacune et chacun d’entre nous…

C’est dans le quotidien qu’il nous invite à le mettre au centre de nos vies, a rendre à Dieu ce qui est à Dieu comme nous le dit l’Evangile de Saint Matthieu.


Amen