dimanche 19 octobre 2014

2014-10-19 - A - 29° Dimanche du temps ordinaire - À César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (Mt 22, 15-21)


29ème dimanche du Temps Ordinaire
1ère lecture : Les empires sont dans la main de Dieu (Is 45, 1.4-6a)
Lecture du livre d'Isaïe
Parole du Seigneur au roi Cyrus, qu'il a consacré, qu'il a pris par la main, pour lui soumettre les nations et désarmer les rois, pour lui ouvrir les portes à deux battants, car aucune porte ne restera fermée :
« À cause de mon serviteur Jacob et d'Israël mon élu, je t'ai appelé par ton nom, je t'ai décerné un titre, alors que tu ne me connaissais pas.
Je suis le Seigneur, il n'y en a pas d'autre : en dehors de moi, il n'y a pas de Dieu. Je t'ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissais pas, pour que l'on sache, de l'orient à l'occident, qu'il n'y a rien en dehors de moi. »
2ème lecture : La foi, l'espérance et la charité de la communauté (1Th 1, 1-5b)
Commencement de la lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens
Nous, Paul, Silvain et Timothée, nous nous adressons à vous, l'Église de Thessalonique qui est en Dieu le Père et en Jésus Christ le Seigneur. Que la grâce et la paix soient avec vous.
À tout instant, nous rendons grâce à Dieu à cause de vous tous, en faisant mention de vous dans nos prières. Sans cesse, nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ, en présence de Dieu notre Père. Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui. En effet, notre annonce de l'Évangile chez vous n'a pas été simple parole, mais puissance, action de l'Esprit Saint, certitude absolue.
Evangile : À César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (Mt 22, 15-21)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Rendez au Seigneur, vous les dieux, rendez au Seigneur gloire et puissance, rendez au Seigneur la gloire de son nom. Alléluia. (cf. Ps 28, 1-2)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d'Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens. Donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? »
Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ? Montrez-moi la monnaie de l'impôt. »
Ils lui présentèrent une pièce d'argent. Il leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? - De l'empereur César », répondirent-ils.
Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »





Un vingt neuvième dimanche du temps ordinaire qui est également la journée des missionnaires…

Ce choix n’a pas été fait par hasard puisque les textes de ce dimanche nous invitent, en quelque sorte, à recentrer notre vie sur Dieu.

Et qu’est donc un missionnaire sinon quelqu’un qui a justement choisi de mettre Dieu au centre de sa vie et surtout de le partager à celles et ceux que ce dernier met sur les routes de son quotidien.

Et si nous parlons de recentrage c’est aussi bien entendu parce que nous aussi nous avons sans doute besoin de remettre Dieu et la mission qu’il nous a confiée au centre de nos vies.

Nous sommes dans un monde où tout va vite… Mais où tout ne va pas forcément bien…

Nous courons beaucoup… Occupés à résoudre des problèmes c’est bien normal, mais aussi à tout un tas de choses avec lesquelles nous remplissons nos vies… Activités diverses et variées, sport, spectacles, télévision, etc…

Et Dieu dans tout cela ?

Eh dehors de notre messe dominicale ? En dehors des éventuelles activités de paroisse, ou dans telle ou telle association caritative ?

En dehors de tout cela, quelle place Dieu a-t-il dans notre vie ?

Est-il simplement celui que nous venons consommer à travers une messe dominicale parce que nous en avons pris l’habitude une fois par semaine, ou est-il celui auprès de qui nous venons vraiment nous ressourcer régulièrement pour le porter ensuite auprès de celles et ceux que Lui met sur notre route quotidienne ?

Est-il justement celui qui inspire en nous l’esprit missionnaire mis en avant en ce dimanche ?

Être missionnaire, s’est longtemps entendu comme quelque chose qu’il fallait faire dans des pays lointains… Là où les gens ne connaissaient pas Dieu… des gens à qui il fallait le faire connaître… des gens à qui il fallait aller porter la bonne parole, aller parler de l’Amour infini de Dieu…

Mais aujourd’hui ces « terres de missions » comme on les appelle, sont à nos portes…
C’est aussi notre bonne vieille Europe vers qui il nous faut porter nos efforts.

Les douleurs, des maux de notre temps ont envahi l’esprit, le cœur et jusqu’à l’âme de nos contemporains, l’âme de celles et ceux qui ne vivent plus à des milliers de kilomètres de chez nous – ce qui nous aurait peut-être bien arrangé - mais juste à côté, ces gens qui sont nos voisins.

La grande et bonne nouvelle c’est que maintenant il ne faut plus être moine ou prêtre missionnaire et partir à l’autre bout du monde pour aller porter la bonne nouvelle. Chacun de nous a aujourd’hui cette mission…

La mauvaise nouvelle c’est que maintenant nous ne pouvons plus nous cacher derrière ces moines ou prêtres missionnaires ou le kilomètres qu’il nous aurait fallu faire et que c’est bel et bien à nous de nous bouger, de nous engager !

Plus question de nous contenter de mettre en avant le travail des autres ailleurs dans le monde… c’est à nous qu’il appartient de faire le boulot !

Et le boulot ne manque pas !

Je viens de le dire, ce sont souvent nos propres voisins ou à défaut des gens qui ne sont pas bien loin qui ont besoin de recevoir le message de l’Evangile.

La mission de chacune et chacun d’entre nous est d’être les témoins de cet Evangile auprès des personnes de nos quotidiens…

C’est cela être missionnaire et c’est donc à nous aussi, directement, que s’adresse cette journée spéciale.

Maintenant que nous avons bien compris que cela nous concerne directement… Vous vous demandez peut-être comment il faut faire…

Rassurez-vous c’est plutôt simple.
Il « suffit » d’être chrétien - vraiment chrétien - dans le quotidien de nos vies…
A la fois simple et très compliqué… tout un programme…

Pour cela nous avons un moteur super performant…

Il ne consomme pas grand-chose, il est toujours opérationnel, il démarre au quart de tour et il est très puissant… Ce moteur c’est Dieu lui-même !

Le mettre au centre de nos vies c’est s’assurer le fait que nous ne manquerons jamais de l’énergie dont nous avons besoin pour nous mettre ou nous remettre en route nous aussi… pour ne jamais manquer une occasion d’être nous aussi les missionnaires, les messagers de son amour parmi nos frères.

Les textes d’aujourd’hui sont également là pour nous donner des exemples… Des moyens de faire et des moyens de nous rappeler que Dieu trouve sa place au centre de toute vie chrétienne.

Dans la première lecture, Isaïe fait tout d’abord une annonce.
Il annonce au peuple d’Israël que son exil, qui a pourtant duré 50 ans, est terminé et qu’il va maintenant pouvoir retrouver sa terre natale.

« Ça nous fait une belle jambe » me direz-vous…
« En quoi cette histoire qui s’est passée il y a presque 3000 ans nous concerne-t’elle ? »

Si ce texte est posé là c’est pour nous rappeler l’essentiel de notre foi !
Dieu nous a envoyé son Fils…
Il s’est donné pour nous et ce don est promesse de salut universel !
Chacun d’entre nous est concerné.

Même si cela s’est passé il y a plus de 2000 ans…
Même si avec le temps nous semblons l’oublier, Dieu nous aime et il a donné son Fils unique pour nous le montrer, pour nous aider à nous rappeler jour après jour qu’Il ne nous abandonne pas et qu’il veille sur chacun d’entre nous.

Même si nous, nous l’oublions, Lui nous a fait une promesse et cette promesse se réalisera un jour.

Elle peut d’ailleurs se réaliser dès aujourd’hui… C’est à nous qu’il appartient d’en être les témoins, les acteurs…

C’est nous, qui par nos témoignages permettrons à notre monde de se rappeler que l’Amour de Dieu existe, qu’il vit en chacun d’entre nous et qu’il peut changer la vie de chacune et de chacun…

Des gens vivent cela réellement…

Bien sûr il y a ceux qui nous sont montrés en exemple par Saint Paul qui rend hommage aux Thessaloniciens eux qui, malgré les difficultés, sont restés fermes dans leur foi et de vrais témoins de Jésus Christ, de vrais témoins de l’Amour de Dieu.

Mais plus près de nous, tout près même… Il y a les chrétiens qui de par le monde continuent malgré l’adversité, à témoigner avec brio de leur foi, je veux bien entendu parler plus particulièrement de nos frères chrétiens d’Irak qui en ce moment payent un prix très lourd.

Ils n’ont plus rien…
Ils meurent par centaines chaque semaine…
Et pourtant ils restent par leur exemple les vrais témoins de la foi chrétienne.

Faut-il obligatoirement être martyr pour être témoin de la foi ?
Pas nécessairement heureusement…

Mais quand on voit l’exemple qu’ils nous donnent, comment pouvons-nous encore ignorer notre mission ?
Comment pouvons-nous nous contenter de ronronner ?
Comment pouvons-nous refuser de nous lever, là où nous sommes, avec les moyens qui sont les nôtres, avec nos forces mais aussi avec nos limites pour nous mettre au service de celles et ceux qui nous entourent et qui ont tellement besoin de nous ?

« Le bien fait peu de bruit… Le bruit fait peu de bien. » c’est un adage que nous connaissons bien…

Il n’est donc pas nécessaire de crier sur tous les toits que nous sommes chrétiens ni même de devenir le leader d’un quelconque mouvement pour devenir missionnaire…

C’est dans le quotidien de nos vies que Dieu attend chacune et chacun d’entre nous…

C’est dans le quotidien qu’il nous invite à le mettre au centre de nos vies, a rendre à Dieu ce qui est à Dieu comme nous le dit l’Evangile de Saint Matthieu.


Amen

dimanche 12 octobre 2014

2014-10-12 - A - 28° Dimanche du temps ordinaire - Parabole des invités au festin (brève 1-10) (Mt 22, 1-14)


28ème dimanche du Temps Ordinaire
1ère lecture : Le festin messianique (Is 25, 6-9)
Lecture du livre d'Isaïe
Ce jour-là, le Seigneur, Dieu de l'univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples et le linceul qui couvrait toutes les nations. Il détruira la mort pour toujours. Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages, et par toute la terre il effacera l'humiliation de son peuple ; c'est lui qui l'a promis.
Et ce jour-là, on dira : « Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; c'est lui le Seigneur, en lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! »
2ème lecture : La vraie richesse dans le Christ (Ph 4, 12-14.19-20)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens
Frères, je sais vivre de peu, je sais aussi avoir tout ce qu'il me faut. Être rassasié et avoir faim, avoir tout ce qu'il me faut et manquer de tout, j'ai appris cela de toutes les façons. Je peux tout supporter avec celui qui me donne la force. Cependant, vous avez bien fait de m'aider tous ensemble quand j'étais dans la gêne. Et mon Dieu subviendra magnifiquement à tous vos besoins selon sa richesse, dans le Christ Jésus.
Gloire à Dieu notre Père pour les siècles des siècles. Amen.
Evangile : Parabole des invités au festin (brève : 1-10) (Mt 22, 1-14)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Voici la Pâque du Seigneur au milieu de son peuple. Heureux les invités au festin du Royaume ! Alléluia.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Jésus disait en paraboles : « Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d'autres serviteurs dire aux invités : 'Voilà : mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce.' Mais ils n'en tinrent aucun compte et s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : 'Le repas de noce est prêt, mais les invités n'en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce.' Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce, et lui dit : 'Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?' L'autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : 'Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents.'
Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. »





Ce dimanche c’est à l’espérance dans la foi que nous appellent les textes qui nous sont proposés.

Espérance, espoir… ce qui permet à chacun d’entre nous, quand il rencontre des difficultés, de se dire que demain sera meilleur qu’aujourd’hui et qu’il faut continuer la route.

Ils sont extrêmement nombreux les hommes et les femmes, mais plus encore les jeunes de notre monde qui ne croient plus en rien, qui n’ont plus aucune espérance…

Ils vivent au jour le jour en essayant de surmonter les difficultés plus ou moins grosses mais qui les submergent, en se fiant à qui peut éventuellement les aider, parfois malheureusement des marchands d’espoirs qui profitent de leur détresse… Sectes, groupes radicaux qui finissent souvent par les détruire.

Il est de notre devoir de chrétien d’être les témoins de l’espérance que nous apporte notre foi auprès de toutes celles et ceux, jeunes ou pas, qui en ont tant besoin.

Mais peut-être vous demandez-vous justement ce qu’est cette espérance… Peut-être, après avoir entendu le texte de la première lecture, vous êtes-vous dit que cette espérance semblait sortie tout droit du monde des Bisounours…

« un festin de viandes grasses et de vins capiteux… Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples et le linceul qui couvrait toutes les nations. Il détruira la mort pour toujours. Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages. »

8 siècles avant Jésus Christ déjà, c’est à un peuple qui n’en peut plus, qui n’a plus beaucoup d’espoir qu’Isaïe s’adresse.

Le royaume est en péril, l’étranger menace Jérusalem, tout est ravagé etc… etc… et Isaïe tente, avec sa foi, avec Dieu qui est présent en lui, en quelque sorte de remonter le moral des troupes…

Mais me direz-vous, comme le dit la pub : Ça c’était avant !

Peut-être que le peuple de l’époque pouvait y croire… Il s’agissait de gens peu instruits, vivant dans une espère d’obscurantisme…

Mais nous, presque 22 siècles plus tard, nous sommes des gens instruits… Nous connaissons l’histoire… Nous savons que 800 ans après cette histoire le Christ va venir… qu’Il va mourir pour nous… ressusciter le troisième jour et que depuis… et bien depuis nous aussi nous l’attendons, et qu’il nous arrive à nous aussi de perdre l’espoir voir… de finir par ne plus y croire :

Peut-être ajouteriez-vous que notre monde connait toujours les mêmes difficultés… à une autre échelle, sous d’autres formes, mais des gens continuent à souffrir pour tout un tas de raisons…

Et alors ?
Cela veut-il dire que tout comme le peuple dont nous parle Isaïe il faut que nous baissions les bras nous aussi ? Que nous perdions espoir ?

Ce serait oublier les derniers mots d’Isaïe : « c'est lui qui l'a promis »
Même quand nous baissons les bras, bien souvent nous savons, nous continuons pourtant au fond de nous à croire que Dieu tient ses promesses…

Bien souvent, quand nous pensons à laisser tomber, c’est bien d’avantage à cause de notre douleur que parce que nous ne croyons plus en cette promesse…

Par contre, nous nous disons qu’elle n’est pas pour nous… Que nous ne la verrons pas… Que ce sera – peut-être – pour les générations futures.

Ce que nous nous demandons en définitive, c’est quand… Quand ces promesses vont-elles se réaliser pour nous, pour nos familles, pour nos enfants, pour notre monde…

Ce que nous oublions c’est que la promesse de Dieu se réalise chaque jour !
Chaque fois que nous relevons la tête, chaque fois aussi que nous lui faisons confiance en lui remettant ce que nous vivons, que nous le fassions du bout des lèvres quand nous sommes au bout du rouleau, quand nous ne trouvons plus de solution, ou quand nous le faisons avec colère parce que nous avons l’impression qu’il ne nous entend pas…

Et bien chaque fois que nous nous adressons à lui, Dieu nous répond…
Ce sont bien souvent nos oreilles encombrées par notre orgueil qui nous empêchent de l’entendre…

Et oui puisque à peine lui confions-nous nos détresses que nous cherchons à nouveau à ne nous en sortir que par nous-mêmes…

A peine lui confions-nous nos détresses que nous attendons la réponse que NOUS espérons… La solution que NOUS envisageons…

Dieu sait mieux que nous ce qui est bon pour nous.

Mettons-nous plutôt réellement à son écouté… soyons attentifs à ce qu’il nous dit, ce qu’il tente de nous apprendre pour que nos situations se dénouent et que nous retrouvions enfin l’énergie et l’espérance qui qualifie les enfants de Dieu.

C’est également ce que nous dit Saint Paul.
Dans ce texte il est en prison…
Il sait que c’est son action envers celles et ceux vers qui le Christ l’a envoyé qui est à l’origine de son emprisonnement.

Nous pouvons imaginer au moins partiellement ce qu’il ressent…
Il est en prison ! Il s’attend à mourir ! Peut-être s’est-il adressé à Dieu lui aussi comme nous le faisons quand nous sommes dans la peine et les ennuis.

Peut-être que comme nous, il a lui aussi voulu que le Christ lui réponde de la manière dont LUI l’entendait.

Et puis tout d’un coup, il percute !
Il comprend que le Seigneur lui a déjà répondu et que cette réponse se trouvait dans les très nombreux messages de soutien qu’il a reçu de ses frères Philippiens qu’il remercie dans ce texte et qui l’ont aidé à retrouver la force et la lumière.

Il nous dit simplement que la richesse de Dieu ne peut nous être communiquée que si nous nous dépouillons totalement, si nous lui faisons tellement confiance que nous devenons capables de nous en remettre totalement à lui.


L’Evangile de ce jour est bien entendu dans le même ton.

Il nous fait tout d’abord état de la générosité sans limite de Dieu.
A la noce : Tout le monde est invité… A commencer par le peuple de Dieu… Un peuple qui malheureusement ne l’entend plus.

Ce peuple qui ne l’entend plus c’est aussi nous, les hommes et les femmes du 21ème siècle.
Notre monde se cache derrière l’excuse de la laïcité pour ne plus écouter le message du Christ et de l’Evangile.

C’est bien commode n’est-ce pas…
Notre monde prône la laïcité pensant se rendre libre… libre de s’adonner à toutes les extrémités… et nous n’avons qu’à allumer la télévision à l’heure du journal télévisé pour nous rendre compte de ce qu’est un monde qui a chassé Dieu de son quotidien.

Mais Dieu n’invite pas seulement son peuple à la noce.
Il invite tout le monde… Tous sans exception !
Par ce que tous sans exception nous avons droit à l’Amour de Dieu !
Bons ou mauvais nous pouvons tous devenir dignes de l’Amour de Dieu… Pourvu que nous le voulions réellement…

Et c’est le sens qu’il faut voir dans cette partie du texte ou le roi jette dehors l’invité qui n’a pas revêtu l’habit de noce.
Cette partie du texte n’a rien à voir avec le vêtement que porte le convive, mais seulement à la façon dont il accueille le don qui lui est fait.

Il en est de même pour nous.
Je l’ai dit : c’est seulement si nous le voulons, si nous acceptons de changer de vie pour mettre nos pas dans ceux du Christ que nous serons emplis de l’Amour de Dieu…

La punition c’est nous qui nous l’infligeons si nous refusons cela…
Nous ne saurons pas entrer dans la grâce de Dieu, nous ne pourrons pas percevoir la puissance de cet amour si nous refusons de changer de vie.

C’est dans le sacrement du pardon… et oui, la confession… que nous pouvons nous débarrasser de nos fardeaux et retrouver la paix qui caractérise les enfants de Dieu.

Dieu est toujours avec nous.
Il est l’Espérance dont notre monde a tant besoin.
Mais encore faut-il que notre monde veuille bien l’accueillir.


Amen

dimanche 5 octobre 2014

2014-10-05 - A - 27° Dimanche du temps ordinaire - Parabole des vignerons meurtriers (Mt 21, 33-43)


27ème dimanche du Temps Ordinaire
1ère lecture : Le Seigneur est déçu par sa vigne bien-aimée (Is 5, 1-7)
Lecture du livre d'Isaïe
Je chanterai pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne.
Mon ami avait une vigne sur un coteau plantureux. Il en retourna la terre et en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Au milieu, il bâtit une tour de garde et creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais.
Et maintenant, habitants de Jérusalem, hommes de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne ! Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n'ai fait ? J'attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ? Eh bien, je vais vous apprendre ce que je vais faire de ma vigne : enlever sa clôture pour qu'elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu'elle soit piétinée. J'en ferai une pente désolée ; elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j'interdirai aux nuages d'y faire tomber la pluie.
La vigne du Seigneur de l'univers, c'est la maison d'Israël. Le plant qu'il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici l'iniquité ; il en attendait la justice, et voici les cris de détresse.
2ème lecture : Dieu donne sa paix à ceux qui sont fidèles (Ph 4, 6-9)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens
Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l'action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer, gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ Jésus.
Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d'être aimé et honoré, tout ce qui s'appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le à votre compte. Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous.
Evangile : Parabole des vignerons meurtriers (Mt 21, 33-43)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Aujourd'hui, Dieu nous parle en son Fils, lui qu'il a établi héritier de toute chose : c'est là l'œuvre du Seigneur. Alléluia. (cf. He 1, 2 ; Mt 21, 42)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : « Écoutez une autre parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais ils furent traités de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : 'Ils respecteront mon fils.' Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, nous aurons l'héritage !' Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien, quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons, qui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C'est là l'œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit. »





Vous l’aurez sans doute remarqué, ça fait trois semaines que les textes du dimanche nous parlent de vigne.

Il y a quinze jours il s’agissait de ce maître d’un domaine qui sort plusieurs fois dans la journée et recrute à toute heure si je puis dire.

La semaine dernière il s’agissait de ces deux fils qui acceptent ou pas d’aller travailler à la vigne de leur père.

Et cette semaine, ce sont les textes de la première lecture et de l’Evangile qui nous en parlent.

Pourquoi donc cette déferlante de vigne dans les Evangiles de cet automne qui commence tout juste ?

Peut-être certains diront-ils que c’est de saison… Effectivement !
Mais à y regarder de plus près l’analogie va bien plus loin…

Tous ceux qui cultivent la terre et peut-être plus particulièrement ceux qui travaillent la vigne vous le diront : Le travail de la terre est un travail de passion…

Rien que le fait de s’arrêter à ce mot : Passion, justifierait à lui seul que l’on compare régulièrement le royaume de Dieu à une vigne et les hommes tantôt à des sarments, tantôt à des vignerons…

La Passion de Dieu pour l’humanité se trouve là résumée toute entière.
Elle est mise en mots dans le texte d’Isaïe tant l’analogie est évidente.

A l’image d’un homme qui cultive la vigne, Dieu le Père fait attention à l’homme… Il lui a tout donné…

Mais Isaïe nous dit que le vigneron est déçu…
Lui qui a justement tant fait pour Sa vigne n’en voit que bien peu de bons fruits…

En entendant cela nous pourrions nous interroger, voir nous vexer.

Ne serions-nous alors pour le Père qu’un sarment qui doit être rentable et produire en retour ?
Ne serions-nous qu’une marchandise, un bien qui doit absolument fructifier au risque d’être détruit, rejeté de Dieu ?

Bien sûr que non… Ce sont là des raisonnements humains… Investir un euro pour en récupérer un autre, voire plusieurs autres… tant qu’à faire le plus possible d’ailleurs peu importe la provenance et la façon de les récupérer…
Voilà un raisonnement qui est bien connu de la race humaine mais qui est étranger à Dieu…

Si Isaïe nous parle de la déception du Père, c’est sans doute de sa déception de Père justement et non pas de la quelconque déception d’un investisseur qui n’aurait pas eu la rentabilité qu’il attendait.

La déception du Père, c’est celle de tout homme qui s’est complètement donné à ses enfants et qui, malgré tous les efforts qu’il a pu faire pour eux, est malheureux pour eux, de les voit prendre de mauvais chemins dans leurs vies.

Fidèle aux valeurs de liberté qu’il leur a inculquées, il leur montrera sans répit les bons chemins, mais ne saura cependant pas leur interdire au final d’emprunter les mauvais.

Dieu n’est pas déçu de ne pas obtenir de dividendes, il est déçu de voir ce que nous faisons de l’Amour qu’il nous a laissé…

Violence, mensonge, trahison et bien d’autres maux encore meurtrissent le cœur du Dieu qui nous aime tellement qu’il est allé jusqu’à livrer son Fils unique pour nous… Comme le fit le propriétaire du domaine de l’Evangile d’aujourd’hui.

Comme les vignerons du texte de Saint Matthieu, il arrive bien trop souvent à l’homme de s’approprier ce qui ne lui appartient pas et d’aller jusqu’à tuer – au sens propre ou au sens figuré – pour le garder.

Nous ne possédons pas l’Amour de Dieu…
Nous en sommes les dépositaires…
Et notre mission de chrétiens consiste à nous en occuper comme un vigneron s’occupe avec passion de sa vigne.
Il nous appartient seulement de donner tout ce que nous avons, de suer sang et eau pour que cette vigne donne du fruit et du bon…

Ces fruits sont les fruits de l’Amour de Dieu, tout ce que nous pouvons faire pour celles et ceux qui nous entourent, celles et ceux que Dieu met sur notre route parce qu’ils ont besoin de Lui ; de LUI et non pas de NOUS !

Et oui, nous ne sommes QUE les messagers, les témoins de l’Amour de Dieu.
Comme d’autres l’ont fait pour nous, il ne nous appartient QUE de transmettre… De faire fructifier la vigne pour en remettre le fruit à Dieu, c’est à dire le remettre à celles et ceux qui en ont tant besoin.

Peut-être trouvez-vous que c’est un peu fort…
A l’image des ouvriers de la première heure de l’Evangile d’il y a quinze jours, vous vous dites peut-être que ce n’est pas juste…

C’est vrai après tout… toute peine mérite salaire et si nous avons beaucoup donné il est juste que nous recevions beaucoup…

C’est là encore un raisonnement bien humain et je dirais même bien aveugle.

Nous pensons à tout ce que nous voudrions avoir sans nous apercevoir de ce que nous avons déjà, de tout ce que Dieu nous donne à profusion chaque jour et que nous ne voyons bien souvent plus, focalisés que nous sommes sur les problèmes que nous rencontrons ou ce que nous aimerions avoir en retour de ce que nous faisons de bien.

C’est Saint Paul qui nous aide à y voir clair : « Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, … priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. … tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d'être aimé et honoré, tout ce qui s'appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, … mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous. »

Tout est dit !
Dans tout ce que nous faisons, apprenons à nous en remettre à Dieu…

Je le dis souvent : Apprenons à lui remettre tout ce que nous vivons d’heureux mais également de malheureux ; Faisons de notre mieux pour mettre en pratique les commandements d’Amour qu’Il nous a laissés… C’est vrai… Ce n’est pas facile tous les jours… Mais faisons de notre mieux et n’hésitons pas à Le laisser faire le reste.

Si par nos mains, nos actions, par tous nos gestes cet Amour peut venir en aide à toutes celles et ceux qu’Il nous envoie, comment ne pourrait-il pas également venir combler nos manques et nos limites ?

Comment un amour aussi grand ne pourrait-il pas nous aider nous aussi à supporter les maux de nos vies ?
Comment un amour aussi grand ne pourrait-il pas venir nous aider à nous améliorer chaque jour et à combler nos limites ?

La semaine dernière nous étions appelés à mettre nos actes en accord avec nos paroles.

Cette semaine nous sommes un peu plus encore, appelés à nous dépouiller… A nous en remettre à Dieu en totalité pour Lui permettre de rejoindre le cœur de tout homme et tout homme c’est aussi nous.
Arrêtons de vouloir tout posséder, arrêtons de vouloir tout maîtriser…

Faisons Lui confiance et laissons-le nous guider pour nous montrer ce qu’Il attend réellement de nous.

C’est aussi un appel à la confiance : Apprenons à faire réellement confiance à celui que nous appelons Père mais bien trop souvent du bout des lèvres…

Tout à l’heure nous le recevrons en personne dans la communion.

Que notre « Amen » soit alors un « Oui », un vrai « Oui » qui sera le reflet de notre mission de vignerons chrétiens, confiants dans leur Père et en qui feront de leur mieux pour faire fructifier le vigne que ce Père leur a confiée, confiants dans le fait que jamais ce Père ne nous laissera manquer de l’essentiel : Son Amour !


Amen