dimanche 17 août 2014

2014-08-17 - A - 20° Dimanche du temps ordinaire - Jésus exauce la prière d'une étrangère (Mt 15, 21-28)


20ème dimanche du Temps Ordinaire
1ère lecture : Dieu accueille les étrangers qui viennent le prier (Is 56, 1.6-7)
Lecture du livre d'Isaïe
Parole du Seigneur :
Observez le droit, pratiquez la justice. Car mon salut est approche, il vient, et ma justice va se révéler.
Les étrangers qui se sont attachés au service du Seigneur pour l'amour de son nom et sont devenus ses serviteurs, tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner et s'attachent fermement à mon Alliance, je les conduirai à ma montagne sainte. Je les rendrai heureux dans ma maison de prière, je ferai bon accueil, sur mon autel, à leurs holocaustes et à leurs sacrifices, car ma maison s'appellera « Maison de prière pour tous les peuples ».
2ème lecture : Le rôle des Juifs dans la nouvelle Alliance (Rm 11, 13-15.29-32)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains
Frères,
je vous le dis à vous, qui étiez païens : dans la mesure même où je suis apôtre des païens, ce serait la gloire de mon ministère de rendre un jour jaloux mes frères de race, et d'en sauver quelques-uns.
Si en effet le monde a été réconcilié avec Dieu quand ils ont été mis à l'écart, qu'arrivera-t-il quand ils seront réintégrés ? Ce sera la vie pour ceux qui étaient morts !
Les dons de Dieu et son appel sont irrévocables.
Jadis, en effet, vous avez désobéi à Dieu, et maintenant, à cause de la désobéissance des fils d'Israël, vous avez obtenu miséricorde ; de même eux aussi, maintenant ils ont désobéi à cause de la miséricorde que vous avez obtenue, mais c'est pour que maintenant, eux aussi, ils obtiennent miséricorde.
Dieu, en effet, a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous les hommes.
Evangile : Jésus exauce la prière d'une étrangère (Mt 15, 21-28)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur protège l'étranger. Heureux qui met en lui son espoir ! Alléluia. (Ps 145, 5.8-9)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Jésus s'était retiré vers la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu'une Cananéenne, venue de ces territoires, criait : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »
Mais il ne lui répondit rien. Les disciples s'approchèrent pour lui demander : « Donne-lui satisfaction, car elle nous poursuit de ses cris ! »
Jésus répondit : « Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues d'Israël. »
Mais elle vint se prosterner devant lui : « Seigneur, viens à mon secours ! »
Il répondit : « Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. — C'est vrai, Seigneur, reprit-elle ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »
Jésus répondit : « Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! » Et, à l'heure même, sa fille fut guérie.





20ème dimanche du temps DE l’ordinaire.
Je sais que je l’ai déjà dit, mais il ne nous faut absolument pas oublier que ce temps n’a d’ordinaire que le nom.

C’est L’ORDINAIRE, les basiques de notre fois qui nous sont rappelés semaine après semaine.

Chacun d’entre nous est à la recherche de la recette du bonheur et bien elle est là sous nos yeux qui nous est offerte jour après jour, semaine après semaine.

Elle est contenue dans ce gros livre qu’on appelle la Bible ; Un gros livre qui ne figure bien souvent plus dans nos bibliothèques et que trop peu d’entre nous prennent encore le temps de lire.

Certes, c’est une parole qui se découvre… Elle n’est pas toujours simple à lire.
Et pourtant je peux vous assurer par expérience, que si nous prenons l’habitude de la lire, elle finit par nous révéler chaque jour au moins un point qui peut nous aider à guider notre journée et à faire des heures qu’elle contient de vrais et grands moments de bonheur pour nous-mêmes et pour tous ceux qui nous entourent.

En ce dimanche, les textes nous rappellent que le Salut de Dieu est offert à tous les hommes.

C’est un peu comme la Bible dont je viens de parler…
La Parole est une parole à découvrir…
L’Amour de Dieu se découvre lui aussi…

Pour comprendre cela, je ferai un parallèle simple avec un cadeau qui nous serait offert et que nous refuserions d’ouvrir…
Comment le découvrir ? Comment apprendre à l’apprécier si nous n’ouvrons pas le paquet et si nous ne nous y intéressons pas un minimum ?

Dieu est ainsi… Il nous offre le Salut, c'est-à-dire son Amour pour que nous le découvrions, que nous nous l’approprions, que nous le laissions nous imprégner et nous guider chaque jour.

Alors c’est vrai, nous ne sommes pas toujours réceptifs…
Il arrive qu’on nous fasse de très beaux cadeaux mais que nos cœurs ne soient pas en condition pour les recevoir…

Bien souvent nos souffrances ou simplement nos occupations nous empêchent de les apprécier.

Heureusement, Dieu est persévérant… Il ne se contente pas de nous offrir son cadeau une seule fois… Il ne se formalise pas si nous le refusons ou si à plusieurs reprises nous ne sommes pas prêts… Il revient vers nous encore et encore et encore… Ne se lassant jamais.

Sans cesse il met sur notre route des témoins de l’Evangile, des parents, des amis, parfois des inconnus, qui par une parole placée au bon moment nous aideront enfin à apprécier ce cadeau qui nous est fait.

Dieu continuera à nous offrir ce cadeau jusqu’à notre dernier souffle…
Jusque là, il nous sera donné d’ouvrir les yeux sur son Amour et toutes les conversions qu’Il peut opérer en nous.

C’est ce que nous disent les textes de notre dimanche.

Nul ne peut se dire exclus de l’Amour de Dieu quelle que soit sa vie.
Et aucun d’entre nous ne doit oublier que même les plus grands criminels qui ont traversé et traversent encore les siècles ont en eu une graine de cet amour, une graine qui – comme pour Saint Paul – peut éclore à n’importe quel moment et les transformer en témoins vivants et heureux de l’Evangile.

Il vous arrive sans doute comme à moi, de maugréer sur untel ou une telle parce qu’il a fait ceci ou cela de mal, parce qu’il a mal agit en telle ou telle circonstance… Je suis certain que vous trouverez sans peine un exemple dans un coin de votre tête.

C’est là un comportement bien humain c’est vrai… et pourtant nous sommes alors dans l’erreur.

Nous râlons, nous crions même parfois… Mais quand ces cris retombent… essayons de nous souvenir que dans cette personne que nous montrons du doigt est aussi présent l’Amour de Dieu.

Plutôt que de nous demander comment la punir, comment nous venger même parfois, redoublons d’efforts et prions pour que la graine dont j’ai parlé éclose… Soyons encore et encore les témoins de l’Amour qui se donne.

Je ne reviendrai pas sur les textes des 1ère et 2nd lectures… C’est ce qu’elles nous disaient toutes les deux.

Comme d’habitude, l’Evangile vient en point d’orgue de ces textes.
C’est le texte de la Cananéenne qui nous est proposé aujourd’hui.

Il faut savoir qu’un Cananéen est un non-juif et donc un Païen !
Il n’est considéré par personne… Rejeté bien souvent ou tout du moins ignoré.

Elle a beau être païenne, elle a entendu parler de l’arrivée de Jésus et vient à sa rencontre…

Elle a beau ne pas en savoir d’avantage sur l’écriture et sans doute même de l’amour de Dieu, elle place son espoir en cet homme dont elle a sans doute entendu parler pour tout ce qu’il a déjà fait de bien.

Comme nous quand ca ne va pas, nous cherchons quelqu’un qui puisse répondre à nos attendre… Nous mettons le peu d’espoir qui nous reste en celui ou celle qui semble pouvoir nous aider.

« Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon »

Et pourtant Jésus commence par ignorer cette supplique…
Il insiste en disant qu’il n’a été envoyé QU’au brebis perdues d’Israël… sous entendant qu’elle n’en fait même pas partie…

Il va jusqu’à la comparer à un chien dans cette phrase que nous connaissons : « Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. »

Mais elle ne s’en offusque pas…
Au contraire ; elle fait preuve d’encore d’avantage d’humilité… Elle se prosterne devant lui…
« C'est vrai, Seigneur » repend-elle « mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »

Par ce court dialogue, elle reconnaît son ignorance. Elle sait que jusque là elle n’a rien fait de « religieux » si je puis dire, elle se reconnait indigne de participer au repas… Et elle précise simplement qu’elle est prête à se contenter des miettes de l’Amour de Dieu…

Elle sous entend ainsi que le peu que le Christ pourra lui donner suffira à libérer sa fille, elle reconnait en lui la grandeur de Dieu qui peut tout.

Jésus voit alors qu’elle est inspirée par Dieu… La graine a germé et il lui offre ce qu’elle demande.


Oui, la Bonne Nouvelle est offerte à tous et chacun a bien évidemment droit à bien plus que des miettes.

Il y a deux semaines nous entendions l’Evangile de la multiplication des pains.
Il resta 12 paniers pleins de ce repas !

Chaque fois que nous venons à la Messe, chaque fois que nous rencontrons Dieu, nous repartons nous aussi avec un panier plein de l’Amour de Dieu…
Aujourd’hui encore, nous venons refaire le plein.

Qu’avons-nous fait de cet Amour entre temps ?

L’avons-nous gardé pour nous ou alors sommes nous allés en faire don à ceux qui nous entourent, les Cananéens de notre monde ?

Trop souvent nos communautés restent centrées sur elles-mêmes, autour d’un clocher.

Depuis la Pentecôte, nous sommes pourtant envoyés dans le monde pour lui transmettre l’amour de Dieu.

Une foi authentique ne se cantonne pas à l’intérieur des murs de nos églises, elle est faite pour porter du fruit en dehors de ces murs. Elle se proclame dans le monde, elle ne craint pas de se montrer même là où elle n’a pas l’habitude d’être vue, voir même là où elle n’est pas forcément la bienvenue, là où elle bouscule les consciences également.

Pour terminer, je ne peux résister au besoin de vous parler ici de nos frères chrétiens d’Irak, de Syrie et de tous les endroits du monde où ils sont en dangers.

C’est à nous chrétiens d’occident qu’il appartient de faire monter nos voix pour le faire savoir au monde qui nous entoure, un monde qui semble l’ignorer ou ne s’en soucie que parce que derrière leur intervention se trouve des intérêts économiques.

Il nous appartient aussi de faire monter nos voix pour que ce monde bouge sauver nos frères.

Et je ne parle pas de prendre les armes… Je parle de témoigner, d’alerter de déranger les consciences comme je viens de le dire…

Je parle de prier pour que les esprits de ceux qui les persécutent soient éclairés par l’amour de Dieu comme l’a été celui de Saint Paul.

Nos témoignages, notre engagement, nos prières ne peuvent que porter du fruit…

Nous sommes invités à sortir de nos murs.
Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas nous enfermer dans nos seules envies de bonheur.
Ne l’oubliez pas : Le Salut de Dieu est offert à tous les hommes !


Amen

dimanche 10 août 2014

2014-08-10 - A - 19° DImanche du temps ordinaire - Jésus se manifeste aux Apôtres ; il fait marcher Pierre sur la mer (Mt 14, 22-33)


19ème dimanche du Temps Ordinaire
1ère lecture : Le Seigneur se manifeste à Élie (1 R 19, 9a.11-13a)
Lecture du premier livre des Rois
Lorsque le prophète Élie fut arrivé à l'Horeb, la montagne de Dieu, il entra dans une caverne et y passa la nuit.
La parole du Seigneur lui fut adressée : « Sors dans la montagne et tiens-toi devant le Seigneur, car il va passer. »
À l'approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu'il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n'était pas dans l'ouragan ; et après l'ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre ; et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n'était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d'une brise légère.
Aussitôt qu'il l'entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne.
2ème lecture : L'attachement de Paul aux privilèges d'Israël (Rm 9, 1-5)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains
Frères,
j'affirme ceci dans le Christ, car c'est la vérité, je ne mens pas, et ma conscience m'en rend témoignage dans l'Esprit Saint.
J'ai dans le cœur une grande tristesse, une douleur incessante.
Pour les Juifs, mes frères de race, je souhaiterais même être maudit, séparé du Christ : ils sont en effet les fils d'Israël, ayant pour eux l'adoption, la gloire, les alliances, la Loi, le culte, les promesses de Dieu ; ils ont les patriarches, et c'est de leur race que le Christ est né, lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement. Amen.
Evangile : Jésus se manifeste aux Apôtres ; il fait marcher Pierre sur la mer (Mt 14, 22-33)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Dieu seul est mon rocher, mon salut : d'en haut, il tend la main pour me saisir, il me retire du gouffre des eaux. Alléluia. (cf. Ps 61, 3 ; 17, 17)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l'autre rive, pendant qu'il renverrait les foules.
Quand il les eut renvoyées, il se rendit dans la montagne, à l'écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul.
La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.
Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer.
En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils disaient : « C'est un fantôme », et la peur leur fit pousser des cris.
Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c'est moi ; n'ayez pas peur ! »
Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c'est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l'eau. »
Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
Mais, voyant qu'il y avait du vent, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! »
Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.
Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »





19° dimanche du temps ordinaire, et comme la semaine dernière nous sommes invités à nous convertir, à découvrir ou redécouvrir qui est réellement notre Dieu et à nous en remettre totalement à Lui.

Les trois textes de ce dimanche nous  invitent une nouvelle fois à apprendre à faire confiance à Dieu dans le quotidien de nos vies, à lui confier tout ce que nous vivons et bien entendu plus particulièrement les moments plus difficiles, confiants dans le fait que jamais il ne nous abandonne.

Dans la première lecture, celle du livre des rois, nous sommes d’abord invités, à vérifier – si j’ose dire – que quand nous le prions nous nous adressons au bon Dieu…

Quand nous lui demandons son aide… Est-ce que nous ne le prenons pas souvent pour un distributeur automatique ? Je mets une prière et il tombe une grâce… Je mets une autre prière et il tombe une autre grâce et ainsi de suite…

Il est certain qu’à ce tarif là, nous le prenons sans doute d’avantage pour un magicien que pour notre Dieu, et du coup quand nous n’avons pas ce que nous demandons et bien nous râlons, nous récriminons…

Nous l’entendons souvent autour de nous… « Il est où ton bon Dieu… Quand on voit tout ce qui se passe dans le monde, on se demande ce qu’il fait et si vraiment il existe »

Sans doute alors, tout comme Elie, prenons nous notre Dieu pour un Dieu tout puissant, mais pour le Dieu DE puissance… Nous le voyons comme un dieu qui punirait les uns et récompenserait les autres suivant des critères qui nous sont propres.

C’est toute la symbolique du texte de la première lecture.

Elie vient de faire 40 jours de marche pour venir à la rencontre de Dieu sur le mont Sinaï.
Comme nous parfois, il s’est imaginé que Dieu était ce Dieu de puissance dont je viens de parler.

Quand celui-ci lui dit qu’il va passer… Elie s’attend sans doute à le voir arriver sous la forme d’un ouragan, d’un tremblement de terre ou d’un grand feu comme nous le dit le texte.

Mais non… Ces trois tempêtes passent et Dieu ne s’y trouve pas…
Par contre, juste après cela arrive ce que le texte nomme « le murmure d’une brise légère ».

Elie comprend alors…
Notre Dieu n’est pas puissance, violence, mais douceur et légèreté.
Il comprend tellement bien qu’il se couvre le visage parce qu’il se sait en présence du Dieu unique.

La seconde lecture est celle de Saint Paul.
Lui aussi s’était trompé… Lui aussi n’avait pas dans le cœur le bon Dieu !

Vous le savez aussi bien que moi, au début, Paul persécutait les chrétiens certains qu’ils étaient de ces Païens qui souhaitaient s’attribuer un Dieu qui « appartenait » à ses frères Juifs. Et pourtant, il croyait lui aussi défendre l’honneur de Dieu en quelques sortes.

C’est la rencontre avec le Christ qui lui a fait comprendre les choses.
Même s’il a complètement changé, même s’il a changé du tout au tout en cessant de martyriser les chrétiens et en devant un chrétien lui-même, il n’en a pas pour autant oublié que « c’est de leur race que le Christ est né » comme nous le dit le texte en parlant des Juifs.

C’est un véritable appel à l’entente entre Juifs et Chrétiens.
Paul est triste des divisions dont il est témoin, il est triste de voir qu’à force d’endurcissement, ses frères Juifs préfèrent suivre les Pharisiens et oublient que leur Dieu est un Dieu d’Amour venu pour tous les hommes et non pas seulement pour leur peuple.

Il nous rappelle à nous aussi que notre Dieu n’est pas notre possession.
Il est notre point de repère, celui qui veille sur nous et nous aime, mais il ne nous appartient pas… Il n’est pas la propriété des seuls Chrétiens.
Le Christ nous le rappelle… Il est venu pour sauver TOUS les hommes… bons ou mauvais, chrétiens ou pas !

Ce texte nous invite à aller à la rencontre de tous ceux qui nous entourent chrétiens ou non et à leur transmettre à tous l’amour de Dieu… Tous, sans distinction.

L’Evangile quant à lui arrive juste après celui de la multiplication des pains que nous avons entendu la semaine dernière.

Un Evangile une nouvelle fois haut en symboles importants pour nos vies de Chrétiens…

Maintenant que nous avons refait le point sur notre Dieu… maintenant que les deux premières lectures nous ont aidés à le redécouvrir tel qu’Il est réellement, nous sommes invités à nous appuyer sur cette évidence pour lui remettre tous les instants de notre vie et bien entendu, les plus difficiles, les plus douloureux.

Mais de quoi s’agit-il ?

Jésus, comme a son habitude, s’est retiré pour prier son Père.
Il envoie ses disciples en barque jusqu’à l’autre rive du lac, le texte nous dit qu’il les « obligea ».
Seulement voilà… En chemin, ils rencontrent des vagues et un vent contraire…

Ces vagues et ce vent, représentent notre monde… plus précisément les tourments de notre monde… Ces tourments qui empêchent sans cesse nos vies de se dérouler comme nous le voudrions, ces tourments qui justement nous en cause beaucoup du tourment et qui sont à l’origine de tant de douleurs…

Le Christ arrive en marchant sur les eaux…
On aurait pu ajouter le mot « tranquillement ».
La mer est déchainée et lui arrive en marchant tranquillement…

Cette partie du texte nous montre que les tourments dont je viens de parler n’ont pas de prise sur le Christ, ils n’ont pas de prise sur l’Amour de Dieu.

Et vous l’aurez remarqué, le Christ vient à la rencontre des disciples avant même qu’ils ne l’appellent à leur secours.

Mais eux ne le reconnaissent pas le prenant pour un fantôme…

N’est est il pas de même dans nos vies ?
Souvent, englués dans nos tourments, nos difficultés, les conséquences que nous imaginons déjà alors qu’elles sont parfois encore loin, nous ne reconnaissons pas Dieu qui vient pourtant à nous…

Toujours englués dans ces tourments nous oublions qu’il nous tend la main n’attendant qu’une chose, que nous la saisissions pour le laisser nous aider.

Une fois encore le symbole est fort.
Ce symbole nous dit que même si, perturbés, perdus dans les ennuis qui sont les nôtres parfois, nous perdons Dieu de vue, Lui par contre, veille sur nous et ne nous abandonne jamais.

Il est parfois très simple de le retrouver.
Se poser et lui parler… et oui… cette fameuse prière que bien souvent, trop occupés à traiter tous les problèmes de nos quotidiens, nous faisons passer au dernier plan de nos journées et qui pourtant nous permet de retrouver le Seigneur et nous mettre à son écoute… Cette prière dans laquelle, à défaut de trouver une solution immédiate à nos problèmes, nous retrouvons très souvent le calme et la sérénité qui nous permettront à nouveau de faire face et de trouver les solutions les plus appropriées.

Nous le voyons, tout comme Pierre, même si nous savons qui est le Seigneur, il peut nous arriver à nous aussi de perdre pieds, de douter.

Dans ce cas, tout comme lui, n’hésitons pas nous non plus à crier « Seigneur ! Sauve-moi ! »

Laissons le venir à notre secours, laissons le partager le quotidien de nos existences.


Amen

dimanche 3 août 2014

2014-08-03 - A - 18° Dimanche du temps ordinaire - Jésus nourrit la foule (Mt 14, 13-21)



18ème dimanche du Temps Ordinaire
1ère lecture : Dieu nourrit son peuple (Is 55, 1-3)
Lecture du livre d'Isaïe
Vous tous qui avez soif, venez, voici de l'eau ! Même si vous n'avez pas d'argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent et sans rien payer.
Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi donc : mangez de bonnes choses, régalez-vous de viandes savoureuses !
Prêtez l'oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez. Je ferai avec vous une Alliance éternelle, qui confirmera ma bienveillance envers David.
2ème lecture : Rien ne peut nous séparer de l'amour du Christ (Rm 8, 35.37-39)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains
Frères,
qui pourra nous séparer de l'amour du Christ ? la détresse ? l'angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le supplice ?
Non, car en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés.
J'en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l'avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur.
Evangile : Jésus nourrit la foule (Mt 14, 13-21)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Seigneur a nourri son peuple au désert, il l'a rassasié du pain du ciel. Alléluia. (cf. Ps 77, 24)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Jésus partit en barque pour un endroit désert, à l'écart. Les foules l'apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied.
En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de pitié envers eux et guérit les infirmes.
Le soir venu, les disciples s'approchèrent et lui dirent : « L'endroit est désert et il se fait tard. Renvoie donc la foule : qu'ils aillent dans les villages s'acheter à manger ! »
Mais Jésus leur dit : « Ils n'ont pas besoin de s'en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Alors ils lui disent : « Nous n'avons là que cinq pains et deux poissons. »
Jésus dit : « Apportez-les moi ici. »
Puis, ordonnant à la foule de s'asseoir sur l'herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule.
Tous mangèrent à leur faim et, des morceaux qui restaient, on ramassa douze paniers pleins.
Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants.




Du pain, des viandes savoureuses, du vin, du lait et bien d’autres aliments encore… C’est apparemment à un repas complet que nous invitent les textes d’aujourd’hui.

Si c’est la métaphore de la nourriture qui est prise une fois encore, c’est parce que c’est sans doute celle qui peut parler le plus directement à notre esprit.

La comparaison est assez facile à comprendre et il faut dire qu’au temps où ces textes ont été écrits le souci de la nourriture était bien réel pour les peuples.

Ceci dit, il est encore très important pour nombre de peuples sur notre terre aujourd’hui et l’opulence de nos pays ne devrait pas nous faire oublier que les textes d’aujourd’hui sont encore d’actualité pour nombre d’hommes et de femmes dans notre monde.

Je n’étais peut-être pas si loin de la vérité quand je disais en commençant que les textes de ce dimanche et donc notre Dieu, nous invite à un repas complet.

C’est la promesse que fait Isaïe dans le texte de la première lecture.
Il s’adresse à un peuple en exil depuis 50 ans. Ce peuple ne croit plus en rien du tout… Il ne fait plus confiance aux prophètes et n’a pas du accueillir Isaïe avec beaucoup de chaleur.

Mais Isaïe ne parle pas en son propre nom ; Il fait des promesses au nom de Dieu et animé par ce dernier il arrive à convaincre le peuple qui reprend alors courage.

La nourriture que reçoit le peuple ce jour là, c’est la Parole de Dieu transmise pas Isaïe.
Cette parole réconforte et nourrit tous les espoirs, des espoirs placés dans un Dieu qui jamais n’abandonne personne.

Certains diront que malgré tout il ne leur est jamais arrivé de voir ou d’entendre ce Dieu leur donner la solution à leur problème.

Et si c’était tout simplement parce que leurs yeux et leurs oreilles sont encombrés par leurs difficultés, leurs douleurs…

Ces difficultés et ces douleurs nous emmènent sur des chemins de prière où nous demandons plus souvent la résolution directe de nos problèmes plutôt que l’éclairage de notre Seigneur.

Dieu n’est pas le magicien que nous voudrions qu’il soit.
Il nous faut essayer de comprendre qu’Il sait mieux que nous ce qui est réellement bon pour nous.

Il n’est pas le magicien que nous voudrions qu’il soit, mais par contre il n’abandonne jamais aucun d’entre nous.

C’est donc justement à lui qu’il nous faut apprendre à nous en remettre en toutes circonstances et c’est son Amour que nous finirons par ressentir et qui nous aidera à trouver les chemins de bonheur en toutes circonstances.

Cet Amour est gratuit.
Il est pour chacun d’entre nous.
Qui que nous soyons, quoi que puisse être notre vie Dieu nous aime et ne cessera jamais de nous aimer.

C’est précisément de la gratuité de cet amour que nous parle Saint Paul et il nous le dit bien… Quoi que puisse être notre vie, rien, absolument rien, ne peut nous séparer de l’Amour de Dieu.

L’amour de Dieu est don et don qui nous est fait en abondance.

C’est aussi le sens de l’Evangile que nous avons entendu.
Et pourtant Dieu est tellement attaché à l’homme et à son bonheur, qu’il a choisi de ne rien pouvoir faire sans nous.

Ce texte d’Evangile chacun d’entre nous le connait très bien.
Jésus tente de se retrouver à l’écart.
Mais les foules pour qui il a accompli des miracles de guérisons le rejoignent.
Il les a déjà comblées mais elles ont encore et encore besoin d’être proches de celui qui peut tout pour elles.

Le soir venu, tous ces gens ont besoin d’être nourris… De nourriture bien concrète cette fois.

Cette foule est très nombreuse et les disciples n’ont que 5 pains et 2 poissons.

La première réaction des disciples est une réaction de lassitude.
La journée à été longue et ils aspirent sans doute à un peu de repos eux aussi.

Ils s’empressent donc de demander à Jésus de renvoyer cette foule qui maintenant les encombre.

Le Christ leur demande alors de lui apporter le peu qu’ils ont, et c’est avec ce peu qu’il multiplie en abondance qu’il leur permet de nourrir cette foule.

Parce que ceux qui possédaient peu ont donné ce peu pour les autres, le Christ l’a transformé en abondance.

Il en est de même dans notre vie de tous les jours.
Dieu n’attend de nous que peu de choses en vérité, ces petits dons de nous que nous pouvons faire aux autres pour les transformer et en faire dons d’abondance dont ont tant besoin les gens qui nous entourent.

Rien n’est trop petit… Rien n’est inutile…

Il suffit parfois d’un sourire pour redonner le courage à celui ou celle qui croit que tout est perdu.

Il suffit parfois d’une parole bienveillante ou simplement une écoute attentive et sincère pour aider quelqu’un a dénouer une situation qui lui semblait trop compliquée.

Notre sourire, notre parole bienveillante, notre oreille attentive ou tout autre geste d’attention sont les 5 pains et les 2 poissons des disciples dans l’Evangile d’aujourd’hui.

Si nous ne pouvons, si nous ne savons donner d’avantage, mais que cela est sincère, que cela représente un vrai don de soi dans la confiance en Dieu, alors Lui saura s’en contenter et fera le reste.

Petit à petit, il nous aidera nous aussi…
Il nous aidera à trouver le courage d’aller plus loin, d’en faire d’avantage.
Notre foi nous aidera à déplacer les montages… les montagnes de l’indifférence, de la colère, de la rancune et de tous ces maux qui gangrènent notre monde.

Une fois encore, Dieu choisit d’avoir besoin de nous.
Il nous demande notre aide pour pouvoir transmettre son amour à notre monde.

Une fois encore, c’est à nous qu’il appartient nous non de lui apporter notre aide… Notre foi !

Amen