dimanche 5 octobre 2014

2014-10-05 - A - 27° Dimanche du temps ordinaire - Parabole des vignerons meurtriers (Mt 21, 33-43)


27ème dimanche du Temps Ordinaire
1ère lecture : Le Seigneur est déçu par sa vigne bien-aimée (Is 5, 1-7)
Lecture du livre d'Isaïe
Je chanterai pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne.
Mon ami avait une vigne sur un coteau plantureux. Il en retourna la terre et en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Au milieu, il bâtit une tour de garde et creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais.
Et maintenant, habitants de Jérusalem, hommes de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne ! Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n'ai fait ? J'attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ? Eh bien, je vais vous apprendre ce que je vais faire de ma vigne : enlever sa clôture pour qu'elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu'elle soit piétinée. J'en ferai une pente désolée ; elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j'interdirai aux nuages d'y faire tomber la pluie.
La vigne du Seigneur de l'univers, c'est la maison d'Israël. Le plant qu'il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici l'iniquité ; il en attendait la justice, et voici les cris de détresse.
2ème lecture : Dieu donne sa paix à ceux qui sont fidèles (Ph 4, 6-9)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens
Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l'action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer, gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ Jésus.
Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d'être aimé et honoré, tout ce qui s'appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le à votre compte. Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous.
Evangile : Parabole des vignerons meurtriers (Mt 21, 33-43)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Aujourd'hui, Dieu nous parle en son Fils, lui qu'il a établi héritier de toute chose : c'est là l'œuvre du Seigneur. Alléluia. (cf. He 1, 2 ; Mt 21, 42)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : « Écoutez une autre parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais ils furent traités de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : 'Ils respecteront mon fils.' Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, nous aurons l'héritage !' Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien, quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons, qui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C'est là l'œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit. »





Vous l’aurez sans doute remarqué, ça fait trois semaines que les textes du dimanche nous parlent de vigne.

Il y a quinze jours il s’agissait de ce maître d’un domaine qui sort plusieurs fois dans la journée et recrute à toute heure si je puis dire.

La semaine dernière il s’agissait de ces deux fils qui acceptent ou pas d’aller travailler à la vigne de leur père.

Et cette semaine, ce sont les textes de la première lecture et de l’Evangile qui nous en parlent.

Pourquoi donc cette déferlante de vigne dans les Evangiles de cet automne qui commence tout juste ?

Peut-être certains diront-ils que c’est de saison… Effectivement !
Mais à y regarder de plus près l’analogie va bien plus loin…

Tous ceux qui cultivent la terre et peut-être plus particulièrement ceux qui travaillent la vigne vous le diront : Le travail de la terre est un travail de passion…

Rien que le fait de s’arrêter à ce mot : Passion, justifierait à lui seul que l’on compare régulièrement le royaume de Dieu à une vigne et les hommes tantôt à des sarments, tantôt à des vignerons…

La Passion de Dieu pour l’humanité se trouve là résumée toute entière.
Elle est mise en mots dans le texte d’Isaïe tant l’analogie est évidente.

A l’image d’un homme qui cultive la vigne, Dieu le Père fait attention à l’homme… Il lui a tout donné…

Mais Isaïe nous dit que le vigneron est déçu…
Lui qui a justement tant fait pour Sa vigne n’en voit que bien peu de bons fruits…

En entendant cela nous pourrions nous interroger, voir nous vexer.

Ne serions-nous alors pour le Père qu’un sarment qui doit être rentable et produire en retour ?
Ne serions-nous qu’une marchandise, un bien qui doit absolument fructifier au risque d’être détruit, rejeté de Dieu ?

Bien sûr que non… Ce sont là des raisonnements humains… Investir un euro pour en récupérer un autre, voire plusieurs autres… tant qu’à faire le plus possible d’ailleurs peu importe la provenance et la façon de les récupérer…
Voilà un raisonnement qui est bien connu de la race humaine mais qui est étranger à Dieu…

Si Isaïe nous parle de la déception du Père, c’est sans doute de sa déception de Père justement et non pas de la quelconque déception d’un investisseur qui n’aurait pas eu la rentabilité qu’il attendait.

La déception du Père, c’est celle de tout homme qui s’est complètement donné à ses enfants et qui, malgré tous les efforts qu’il a pu faire pour eux, est malheureux pour eux, de les voit prendre de mauvais chemins dans leurs vies.

Fidèle aux valeurs de liberté qu’il leur a inculquées, il leur montrera sans répit les bons chemins, mais ne saura cependant pas leur interdire au final d’emprunter les mauvais.

Dieu n’est pas déçu de ne pas obtenir de dividendes, il est déçu de voir ce que nous faisons de l’Amour qu’il nous a laissé…

Violence, mensonge, trahison et bien d’autres maux encore meurtrissent le cœur du Dieu qui nous aime tellement qu’il est allé jusqu’à livrer son Fils unique pour nous… Comme le fit le propriétaire du domaine de l’Evangile d’aujourd’hui.

Comme les vignerons du texte de Saint Matthieu, il arrive bien trop souvent à l’homme de s’approprier ce qui ne lui appartient pas et d’aller jusqu’à tuer – au sens propre ou au sens figuré – pour le garder.

Nous ne possédons pas l’Amour de Dieu…
Nous en sommes les dépositaires…
Et notre mission de chrétiens consiste à nous en occuper comme un vigneron s’occupe avec passion de sa vigne.
Il nous appartient seulement de donner tout ce que nous avons, de suer sang et eau pour que cette vigne donne du fruit et du bon…

Ces fruits sont les fruits de l’Amour de Dieu, tout ce que nous pouvons faire pour celles et ceux qui nous entourent, celles et ceux que Dieu met sur notre route parce qu’ils ont besoin de Lui ; de LUI et non pas de NOUS !

Et oui, nous ne sommes QUE les messagers, les témoins de l’Amour de Dieu.
Comme d’autres l’ont fait pour nous, il ne nous appartient QUE de transmettre… De faire fructifier la vigne pour en remettre le fruit à Dieu, c’est à dire le remettre à celles et ceux qui en ont tant besoin.

Peut-être trouvez-vous que c’est un peu fort…
A l’image des ouvriers de la première heure de l’Evangile d’il y a quinze jours, vous vous dites peut-être que ce n’est pas juste…

C’est vrai après tout… toute peine mérite salaire et si nous avons beaucoup donné il est juste que nous recevions beaucoup…

C’est là encore un raisonnement bien humain et je dirais même bien aveugle.

Nous pensons à tout ce que nous voudrions avoir sans nous apercevoir de ce que nous avons déjà, de tout ce que Dieu nous donne à profusion chaque jour et que nous ne voyons bien souvent plus, focalisés que nous sommes sur les problèmes que nous rencontrons ou ce que nous aimerions avoir en retour de ce que nous faisons de bien.

C’est Saint Paul qui nous aide à y voir clair : « Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, … priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. … tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d'être aimé et honoré, tout ce qui s'appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, … mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous. »

Tout est dit !
Dans tout ce que nous faisons, apprenons à nous en remettre à Dieu…

Je le dis souvent : Apprenons à lui remettre tout ce que nous vivons d’heureux mais également de malheureux ; Faisons de notre mieux pour mettre en pratique les commandements d’Amour qu’Il nous a laissés… C’est vrai… Ce n’est pas facile tous les jours… Mais faisons de notre mieux et n’hésitons pas à Le laisser faire le reste.

Si par nos mains, nos actions, par tous nos gestes cet Amour peut venir en aide à toutes celles et ceux qu’Il nous envoie, comment ne pourrait-il pas également venir combler nos manques et nos limites ?

Comment un amour aussi grand ne pourrait-il pas nous aider nous aussi à supporter les maux de nos vies ?
Comment un amour aussi grand ne pourrait-il pas venir nous aider à nous améliorer chaque jour et à combler nos limites ?

La semaine dernière nous étions appelés à mettre nos actes en accord avec nos paroles.

Cette semaine nous sommes un peu plus encore, appelés à nous dépouiller… A nous en remettre à Dieu en totalité pour Lui permettre de rejoindre le cœur de tout homme et tout homme c’est aussi nous.
Arrêtons de vouloir tout posséder, arrêtons de vouloir tout maîtriser…

Faisons Lui confiance et laissons-le nous guider pour nous montrer ce qu’Il attend réellement de nous.

C’est aussi un appel à la confiance : Apprenons à faire réellement confiance à celui que nous appelons Père mais bien trop souvent du bout des lèvres…

Tout à l’heure nous le recevrons en personne dans la communion.

Que notre « Amen » soit alors un « Oui », un vrai « Oui » qui sera le reflet de notre mission de vignerons chrétiens, confiants dans leur Père et en qui feront de leur mieux pour faire fructifier le vigne que ce Père leur a confiée, confiants dans le fait que jamais ce Père ne nous laissera manquer de l’essentiel : Son Amour !


Amen

dimanche 28 septembre 2014

2014-09-28 - A - 26° Dimanche du temps ordinaire - Se convertir non en paroles, mais en actes (Mt 21, 28-32)


26ème dimanche du Temps Ordinaire



1ère lecture : Dieu nous appelle chaque jour à nous convertir (Ez 18, 25-28)


Lecture du livre d'Ezékiel


Parole du Seigneur tout-puissant : Je ne désire pas la mort du méchant, et pourtant vous dites : « La conduite du Seigneur est étrange. » Écoutez donc, fils d'Israël : est-ce ma conduite qui est étrange ? N'est-ce pas plutôt la vôtre ? Si le juste se détourne de sa justice, se pervertit, et meurt dans cet état, c'est à cause de sa perversité qu'il mourra. Mais si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie. Parce qu'il a ouvert les yeux, parce qu'il s'est détourné de ses fautes, il ne mourra pas, il vivra.


2ème lecture : L'unité dans l'amour à la suite du Christ (brève : 1-5) (Ph 2, 1-11)


Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens


Frères, s'il est vrai que, dans le Christ, on se réconforte les uns les autres, si l'on s'encourage dans l'amour, si l'on est en communion dans l'Esprit, si l'on a de la tendresse et de la pitié, alors, pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l'unité. Ne soyez jamais intrigants ni vantards, mais ayez assez d'humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de lui-même, mais aussi des autres.

Ayez entre vous les dispositions que l'on doit avoir dans le Christ Jésus : lui qui était dans la condition de Dieu, il n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix.

C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu'au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l'abîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père.


Evangile : Se convertir non en paroles, mais en actes (Mt 21, 28-32)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Aujourd'hui ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur. Alléluia. (Ps 94, 8)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu


Jésus disait aux chefs des prêtres et aux anciens : « Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : 'Mon enfant, va travailler aujourd'hui à ma vigne.' Celui-ci répondit : 'Je ne veux pas.' Mais ensuite, s'étant repenti, il y alla. Abordant le second, le père lui dit la même chose. Celui-ci répondit : 'Oui, Seigneur !' et il n'y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier ».


Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n'avez pas cru à sa parole ; tandis que les publicains et les prostituées y ont cru. Mais vous, même après avoir vu cela, vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole. »








26ème dimanche du temps ordinaire.

Les textes de ce dimanche, nous invitent à réfléchir sur la cohérence qu’il y a entre nos paroles et nos actes.

Ça doit vous arriver comme à moi de dire bien haut quelle est notre ligne de conduite dans tel ou tel domaine – et pas forcément celui de la foi d’ailleurs - et finalement de faire le contraire… Ou même si on ne fait pas le contraire, de ne pas vraiment faire ce que nos paroles disent.

Mais prenons quelques exemples…
Ceux de l’automobile sont souvent des plus parlant.

Quand nous regardons les faits divers dans les informations, nous condamnons sans appel le chauffard qui a pris la fuite après avoir renversé une personne la rendant paralysée et dépendante jusqu’à la fin de ses jours…
Mais dans le même temps nous, nous roulons à 60 kilomètres heures quand c’est limité à 50 en nous demandant qui est l’abruti de fonctionnaire qui a bien pu imaginer qu’il y aurait du danger dans cette fameuse ligne droite.

Autre exemple, plus dans l’automobile cette fois… Mais dans notre relation aux pouvoirs publics…

Nous disons bien haut qu’il faut aider les pauvres, veiller à ce que chacun ait un toi un suffisamment à manger…
Mais chaque fois que nous en parlons nous disons « eux » en  pensant aux pouvoirs publics à qui nous trouvons bien commode de déléguer nos responsabilités même si à la première occasion nous condamnons ceux-là même que nous avons pourtant élus…

Les exemples sont nombreux qui jalonnent notre vie d’hommes et de femmes…
Chacun de nous, s’il fait le travail d’une vraie analyse intérieure sincère, pourra en trouver qui lui sont propres.

Mais pour cela il faut y réfléchir, car pris dans cette habitude que nous avons de trouver si facilement la poudre qu’il y a dans l’œil de notre voisin sans plus remarquer la poutre qu’il y a dans le nôtre, nous ne sommes bien souvent même plus conscients de nos propres aveuglement.

Et bien le texte d’Ezéchiel se trouve justement dans ce registre…

Le peuple à qui il s’adresse pense lui aussi que c’est de la faute des autres s’il est en exil…
Les gens récriminent contre leurs anciens se disant que s’ils n’avaient pas tout laissé passer, s’ils s’étaient défendu, s’ils avaient combattu quitte à donner leur vie, et bien eux, ne seraient pas en exil !

Ezéchiel tente de leur faire comprendre qu’en agissant ainsi ils font exactement de la même façon que ceux qu’ils condamnent !

Il tente de leur faire comprendre que leur destinée leur appartient et qu’il ne tient qu’à leur conversion que tout cela change !


Dans sa lettre au Philippiens, Saint Paul est un peu plus précis même s’il prend mille précautions pour amener ses frères à la raison plutôt que de les mettre de travers comme on dit aujourd’hui.

Les Philippiens sont des chrétiens eux aussi…
Mais ils ont comme qui dirait, un petit travers : Ils pensent souvent qu’ils sont meilleurs que les autres chrétiens…

Parce qu’ils vivent en communauté – entre eux…
Parce qu’ils pratiquent la charité – entre eux…
Parce qu’ils ne se font pas concurrence – entre eux…
Parce qu’ils cherchent vraiment à s’aider les uns les autres – toujours entre eux…
Et bien pour toutes ces raisons ils commencent à se comporter comme les Scribes et les Pharisiens, ceux-là même qui ont contribué à faire mourir le Christ…

Mais rassurez les choses ne changent pas facilement et c’est tellement vrai que 21 siècles plus tard c’est aussi à nous que s’adresse ce texte.

Quand par exemple, dans les milieux associatifs où nous pouvons agir, nous trouvons que notre idée est bien meilleure que celle de notre voisin sans bien souvent l’avoir écouté jusqu’au bout et y avoir réellement réfléchi… Et bien nous sommes nous aussi les Philippiens de notre histoire

Quand dans nos communautés nous condamnons un peu facilement les comportements des uns et des autres en pensant – souvent sans trop les regarder - que les nôtres de comportements sont meilleurs… et bien nous sommes nous aussi de ces Philippiens dont Saint Paul vient de nous parler.

Et une fois encore les exemples ne manquent pas…

Je n’ai sans doute pas autant de bienveillance que Saint Paul, mais je nous invite nous aussi à vraiment rechercher la cohérence entre nos propos et notre foi.

Rappelons-nous grâce à ce texte de Saint Paul, l’exemple du Christ.
Lui qui était Dieu, s’est totalement dépouillé pour venir à la rencontre de l’humanité.

Il n’a pas repoussé, il a accueilli, même et surtout les plus petits, les pécheurs celles et ceux qui à cause de leurs contemporains avaient fini par se croire exclus de l’amour de Dieu…

Il n’a pas condamné, il a pardonné, celles et ceux qui se tournaient vers lui, vers Dieu et qui trouvaient dans ce pardon la force de se convertir…

Il n’a pas combattu – lui qui était Dieu, et il est allé jusqu’à se laisser mourir de la façon la plus atroce qui soit.

Il l’a fait pour bien nous montrer que ce n’est pas de la violence, du jugement, de la condamnation, et de tous les autres maux qui gangrènent notre monde encore aujourd’hui que viendra le salut de l’homme, mais de sa volonté à se convertir et à mettre l’Amour de Dieu au centre de sa vie.

Et vous vous dites peut être qu’une fois encore j’ai décollé…
Que je suis parti sur mon nuage… que je me suis envolé dans le monde des Bisounours en oubliant que chaque fois qu’on allume notre télévision ce n’est justement que toute cette violence que l’on voit.

Je pense tout d’abord pour faire référence au texte d’Ezéchiel que si nous ne voyons à la télévision que les douleurs et les horreurs de notre monde c’est parce que nous le voulons bien.

Une fois encore nous cherchons dans le comportement des autres une faute qui est au moins partiellement la nôtre.

Si nous arrêtions de faire des gorges chaudes de tout ce que nous donnent en pâture les médias, il y a bien longtemps que ces derniers se contenteraient de nous relater simplement les faits plutôt que de chercher à nous rallier à telle ou telle cause en nous montrant des images qui ne font que nous enflammer.

Je pense ensuite que j’ai passé l’âge des Bisounours et qu’avant d’être Diacre, je suis un Père de famille confronté comme chacun d’entre nous aux maux de notre monde.

Je pense enfin, et surtout devrais-je dire, que c’est effectivement de chacun de nous que dépend l’avenir et nous n’avons pas 36 manières de le construire.

Soit, toujours comme nous le disait Ezéchiel, nous restons dans notre petit coin à nous lamenter et à penser que ce n’est la faut QUE des autres.

Nous serons alors perdus nous aussi, condamnés à mourir dans notre âme.

Soit, nous nous convertissons à l’image du premier Fils de l’Evangile que nous venons d’entendre.
Comme lui, après un temps de refus, de découragement, si nous pouvons nous mettre au travail, arrêter de penser que ce n’est la faute QUE des autres et tenter d’aimer le monde pour le changer enfin.

Chacun de nous est responsable de l’image de chrétien qu’il donne de lui-même…

Mieux… ou pire c’est selon… chacun de nous est responsable de l’image qu’il donne de l’Eglise !

C’est à la façon dont nous aimons le monde que notre église sera perçue de celles et ceux qui nous entourent.

Si nous nous disons chrétiens, si nous prétendons vivre à l’image du Christ et que nous passons notre temps à nous lamenter et à rejeter la faute sur les autres, quelle image auront nos contemporains de notre Eglise ?

Si au contraire, nous montrons que nous savons pardonner, si nous montrons que nous sommes réellement habités de l’Amour de Dieu, que nous savons aborder sans les laisser nous submerger, les maux de notre monde, alors nous serons les vrais témoins d’une Eglise qui rend heureux et fait vivre chacun.

Dans chaque Eucharistie nous est offert tout l’Amour de Dieu.
A chaque Eucharistie le Christ revit cette passion qu’il a pour les hommes, Il se donne et se redonne pour que nous comprenions que c’est son amour qui peut changer le monde.

Alors faisons le plein !
C’est cet amour qui au moment de l’envoi nous donnera le courage de la conversion, le courage de repartir dans le monde et d’avancer avec courage à la suite du Christ sur les vrais chemins du bonheur, des chemins où – pour nos frères – nous serons des témoins cohérents de notre Eglise et de l’Amour de Dieu.


Amen

dimanche 21 septembre 2014

2014-09-21 - A - 25° Dimanche du temps ordinaire - La générosité de Dieu dépasse notre justice (Mt 20, 1-16).docx


25ème dimanche du Temps Ordinaire
1ère lecture : « Mes pensées ne sont pas vos pensées » (Is 55, 6-9)
Lecture du livre d'Isaïe
Cherchez le Seigneur tant qu'il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu'il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées ! Qu'il revienne vers le Seigneur qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées.
2ème lecture : « Pour moi, vivre c'est le Christ » (Ph 1, 20c-24.27a)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens
Frères, soit que je vive, soit que je meure, la grandeur du Christ sera manifestée dans mon corps. En effet, pour moi, vivre c'est le Christ, et mourir est un avantage. Mais si, en vivant en ce monde, j'arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir. Je me sens pris entre les deux : je voudrais bien partir pour être avec le Christ, car c'est bien cela le meilleur ; mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire. Quant à vous, menez une vie digne de l'Évangile du Christ.
Evangile : La générosité de Dieu dépasse notre justice (Mt 20, 1-16)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. La bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres : tous acclameront sa justice. Alléluia. (cf. Ps 144, 7-9)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Jésus disait cette parabole :
« le Royaume des cieux est comparable au maître d'un domaine qui sortit au petit jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d'accord avec eux sur un salaire d'une pièce d'argent pour la journée, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d'autres qui étaient là, sur la place, sans travail. Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste.' Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d'autres qui étaient là et leur dit : 'Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?' Ils lui répondirent : 'Parce que personne ne nous a embauchés.' Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne.'
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : 'Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.' Ceux qui n'avaient commencé qu'à cinq heures s'avancèrent et reçurent chacun une pièce d'argent. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d'argent. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : 'Ces derniers venus n'ont fait qu'une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur !' Mais le maître répondit à l'un d'entre eux : 'Mon ami, je ne te fais aucun tort. N'as-tu pas été d'accord avec moi pour une pièce d'argent ? Prends ce qui te revient, et va-t'en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi : n'ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ?'
Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »





C’est un nouveau basique de la foi que nous invitent à revisiter les textes de ce 25ème dimanche du temps ordinaire.

Je sais que je me répète, mais ce temps n’a vraiment d’ordinaire que le nom.

Tout au long des semaines que nous traversons – et cela vaut autant pour les jours de semaine que pour le dimanche – tout au long de ces semaines donc, les textes nous apportent leurs lots de réflexions autour de notre foi et des valeurs qu’elle apporte dans notre vie.

Le seul effort – ou je devrais plutôt dire – le premier effort que cela nous demande, c’est la lecture d’un texte une fois par jour, de préférence le matin pour lui laisser l’opportunité de nous interpeler dans le quotidien de notre journée, de nous laisser la possibilité de transformer notre vie ; Parce que ce n’est de rien de moins que cela dont il s’agit : Transformer nos vies !

« Il y va fort le diacre… Comme si le simple fait de lire un petit texte chaque matin allait bien pouvoir transformer ma vie ! »

Et pourtant… Pourtant, si on prend réellement le temps chaque matin – rassurez-vous c’est tout au plus 5 minutes – si on prend réellement le temps chaque matin de lire pausement le texte du jour, en essayant de le lire avec les yeux de notre foi et en priant Dieu de bien vouloir s’y révéler, je peux vous assurer que ce texte peut changer notre vie…

Comment ?

Et bien tout simplement parce que dans chacune des actions de notre journée, ce texte sera présent à notre esprit…

Dieu réalisera en nous sa promesse du matin : Il se révèlera et nous aidera à donner un autre sens à notre journée… Un sens qui permettra – parce que nous aurons été à son écoute, parce que nous aurons manifesté notre foi en prenant réellement le temps de lire notre texte et de le laisser nous imprégner – un sens qui permettra de regarder avec un autre œil celles et ceux que Dieu lui-même met sur notre route quotidienne.

Toutes ces personnes que nous voyons parfois comme des concurrents, des anonymes ou même – il faut savoir se le dire – que nous méprisons pour ceci ou pour cela, deviendront réellement nos frères en Jésus Christ…

Ô ça ne se fait pas en une seule journée c’est certain…
Il faut lire encore et encore…
Ecouter encore et encore…
Et finalement choisir de se laisser imprégner par Dieu lui-même !

Petit à petit nous sentirons la différence…

Nous découvrirons peut être dans ce collègue que nous méprisions jusque-là - parce qu’on avait tout le temps l’impression qu’il voulait nous piquer notre boulot – nous découvrirons un enfant de Dieu lui aussi, qui peut-être souffre en son for intérieur et ne voit pas d’autre moyen d’exister aux yeux des autres que de performer dans son travail.

Petit à petit nous sentirons en nous, se révéler en nous l’Amour de Dieu, cet Amour dont je dis souvent qu’il est la seule chose qui peut réellement changer le monde, cet amour que chaque chrétien a pour mission de transmettre à celles et ceux qui l’entourent.

Mieux encore…

Nous finirons pas sentir à quel point remplir cette mission nous rend heureux.
Ne nous y trompons pas : Ce n’est pas pour nous que nous travaillons, nous ne sommes pas à notre propre compte… C’est bien pour la gloire de Dieu et le Salut du monde…

Mais nous faisons partie de ce monde et nous seront aux premières loges, si je puis dire, pour voir les fruits que porte l’Amour de Dieu quand il est transmis au monde.

C’est de conversion qu’il s’agit… Et ça tombe bien puisque c’est exactement ce dont parlent les textes de ce 25ème dimanche, d’un temps qui – vous le voyez bien – n’a vraiment rien d’ordinaire.

Encore un basique qui consiste à nous rappeler que chaque homme, chaque femme, qui qu’il soit, quelle qu’est été sa vie, est aimé de Dieu et qu’il peut se convertir.

Quand nous nous levons le matin, quand nous nous préparons pour notre journée, ayons à l’esprit cette phrase du livre d’Isaïe que nous avons entendu en première lecture « Mes pensées ne sont pas vos pensées… »

Essayons – là encore ça ne vient pas du jour au lendemain – essayons quand nous nous apprêtons à lire notre texte et à démarrer notre journée, de mettre cette journée dans les mains du Seigneur comme le fait Saint Paul dans la seconde lecture.

« Mais – me direz-vous – c’est souvent ce qu’on fait… On prie et on se confie à Dieu… »

Je n’en doute pas un instant, mais le faisons-nous vraiment ?

Pour prendre un parallèle qui vaut ce qu’il vaut mais que je ferai pour nous aider à comprendre, nous nous confions souvent à Dieu à la manière d’un conducteur qui monte dans sa voiture, qui programme le GPS pour se rendre dans un endroit qu’il ne connait pas et qui passe son temps à changer de route…

En fait, il faut que nous arrêtions de vouloir toujours tout maîtriser.
Trop souvent, dès le réveil, vous me direz si je me trompe, nous pensons à ce que nous allons faire dans la journée, à la façon dont nous allons nous organiser pour ceci ou pour cela, à la façon dont nous allons résoudre telle ou telle difficulté…

Et si nous arrêtions de faire ainsi ?
Et si notre au pied même du lit, notre première pensée allait à Dieu pour lui offrir notre journée et notre confiance, notre confiance pour nous aider à piloter notre vie ?

Peut-être certains auraient ils l’impression de perdre pied… Peut-être même de perdre leur libre arbitre…
Mais il n’en est rien…
Dieu ne fait jamais rien sans notre consentement.
Dieu ne nous emmène jamais sur des chemins où nous pourrions nous perdre…

Ça, c’est ce que nous nous faisons… Quand nous pensons d’avantage à nos propres intérêts.

Mais heureusement, il n’est jamais trop tard pour bien faire…
Jusqu’à notre dernière heure nous pouvons nous convertir.
Même à cette dernière heure nos oreilles peuvent se déboucher et permettre à notre cœur d’entendre le message d’Amour de Dieu… c’est tout le sens de l’Evangile de Saint Matthieu que nous avons entendu tout à l’heure…

Cet Evangile peut en avoir choqué plus d’un…

C’est vrai après tout…
« Etre dans les premiers à venir travailler et ne rien recevoir de plus que ceux qui sont arrivés les derniers ce n’est pas juste. »

Et même si nous comprenons cette parabole, même si nous savons que cela veut dire qu’il n’est jamais trop tard pour changer, se convertir… peut-être trouvons nous encore que ce n’est pas juste…

Peut-être trouvons nous qu’ils l’ont belle ceux qui se convertissent sur un tard.

Ne tombons pas dans le piège…
Souvenons-nous la phrase du livre d’Isaïe « Mes pensées ne sont pas vos pensées »
Arrêtons de penser que notre référentiel des valeurs prime sur celui de Dieu.

Un verre plein de l’amour de Dieu est toujours un verre plein !

Qu’il se soit rempli petit à petit chaque jour de notre existence ou qu’il se soit rempli à la dernière heure de notre vie, la notion de plénitude est toujours la même !

Je dirai même mieux… Si nous avons eu la chance de le voir se remplir jour après jour nous avons beaucoup de chance au regard de ceux qui ne le voient se remplir qu’à la dernière heure.

Autrement dit, si nous avons eu la chance de faire jour après jour la découverte de l’amour de Dieu dans notre vie nous avons beaucoup de chance au regard de celui qui a été malheureux toute sa vie mais qui heureusement découvre lui aussi cet Amour qui emplit les cœurs.

Alors arrêtons de comparer ce qui n’est pas comparable et n’oublions pas que le Seigneur compte sur nous…

Il compte sur nous pour donner à celles et ceux qui ne l’ont pas encore découvert qu’ils sont eux aussi aimés de Dieu et qu’ils ont, eux aussi, une place dans le cœur de ce dernier.


Amen