dimanche 8 juin 2014

2014-06-08 - A - Pentecôte - Jésus ressuscité donne l'Esprit Saint à ses Apôtres (Jn 20, 19-23)


Pentecôte
Solennité du Seigneur
1ère lecture : La venue de l'Esprit Saint sur les disciples (Ac 2, 1-11)
Lecture du livre des Actes des Apôtres
Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie.
Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux.
Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.

Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue.
Déconcertés, émerveillés, ils disaient :
« Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ?
Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d'Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. »
2ème lecture : L'Esprit du Christ fait l'unité de l'Église dans la diversité (1Co 12, 3b-7.12-13)
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens
Frères,
sans le Saint-Esprit, personne n'est capable de dire : « Jésus est le Seigneur. »
Les dons de la grâce sont variés, mais c'est toujours le même Esprit.
Les fonctions dans l'Église sont variées, mais c'est toujours le même Seigneur.
Les activités sont variées, mais c'est toujours le même Dieu qui agit en tous.
Chacun reçoit le don de manifester l'Esprit en vue du bien de tous.

Prenons une comparaison : notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.
Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l'unique Esprit pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l'unique Esprit.
Evangile : Jésus ressuscité donne l'Esprit Saint à ses Apôtres(Jn 20, 19-23)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Viens, Esprit Saint ! Pénètre le cœur de tes fidèles ! Qu'ils soient brûlés au feu de ton amour !  Alléluia. (cf. Jn 14, 18; 16, 22)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint.
Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »





Depuis le temps qu’on nous l’annonce, la voici enfin ! Voici la fête de la Pentecôte !

Cinquante jours déjà que nous avons vécu la joie de Pâques et de la résurrection.
Qu’en reste-t-il dans nos esprits ?

Nos vies vont tellement vite que dès le mardi – heureusement le lundi était férié – dès le mardi chacun de nous est retourné à ses occupations, son ordinaire, en oubliant trop rapidement cette joie ressentie avec la résurrection.

Trop vite nous sommes repartis à nos routines, notre travail, nos occupations, nos ennuis aussi, oubliant alors de laisser Dieu éclairer nos vies quotidiennes de cette lumière nouvelle !

Et pourtant, les 7 dimanches qui viennent de passer ont été pour nous autant d’occasions de nous rappeler ces choses, de ne pas oublier que le Christ et mort pour nous, que c’est bien en le mettant au centre de nos vies, en lui confiant chacune de nos journées que nous mettons toutes les chances de notre côté, que nous garantissons le fait que jamais nous ne marcherons seuls dans la vie.

Nous voilà maintenant au jour de Pentecôte.
Il y a quelques jours nous avons vécu le moment, fort important lui aussi, de l’Ascension.

Après avoir pris le temps de nous enseigner les meilleurs façons de le retrouver dans La Parole de Dieu, la Prière et l’Eucharistie, le Christ nous a, à nous comme à ses premiers Apôtres, confié son Eglise.

Aujourd’hui, il nous envoie l’Esprit Saint, le Défenseur qui fait le chemin avec nous à chaque instant.

C’est dans le texte de la première lecture que nous retrouvons le récit que nous connaissons, que nous reconnaissons le mieux.

Les Apôtres sont réunis… Un bruit pareil à une tempête… Une langue de feu qui se partage pour rejoindre chacun d’entre eux…

Et les voilà qui se mettent à parler dans toutes sortes de langues qui leur étaient inconnues jusque là, ce qui déconcerte toutes les personnes présentes alors à Jérusalem « des juifs fervents issus de toutes les nations qui sont sous le ciel » comme nous dit le texte.

Vous ne le savez peut-être pas, mais bien avant d’être une fête chrétienne, le Pentecôte était une fête Juive et on la célébrait elle aussi cinquante jours après LA Pâque.

LA Pâque, c’est la libération physique du peuple Hébreu, le passage de l’esclavage en Egypte à la liberté de la terre promise.

Ce jour de Pentecôte donc, on venait de partout pour fêter le jour où Moïse avait reçu la loi et il est fort probable que tous ces gens n’avaient même jamais entendu parler de Jésus…

Ces deux fêtes dont donc intimement liées.

La Pentecôte nous montre une fois de plus, s’il en était besoin, que notre Dieu n’est pas le Dieu d’un seul peuple mais bel et bien le Dieu de tous les hommes.

C’est aussi ce que nous rappelle Saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens : « Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps » et Paul de poursuivre « Tous, Juifs ou Païens, esclaves ou hommes libres, nous avons tous été baptisés dans l’unique Esprit pour former un seul corps »

C’est écrit noir sur blanc, ou presque : Nous sommes tous égaux !
Ce Dieu qui nous anime, nous les chrétiens est bel et bien le Dieu de tous les hommes, un Dieu qui nous aime nous, un Dieu qui aime tous les hommes.

La comparaison du corps ne s’arrête d’ailleurs pas là.

Nous l’avons entendu, tous les membres forment un seul corps…
Ils sont pourtant bien différents… Le bras ne ressemble pas à la jambe, la jambe à la tête etc. etc.

Ils ont beau être différents, s’il en manque un, le corps ne fonctionne plus pareil voir plus du tout.

Les hommes, quelque soit leur origine, leur rang social, leur couleur de peau et même leur religion, forment le corps de Dieu.

Ils ne se ressemblent pas forcément c’est vrai… Mais ils ont beau ne pas se ressembler ils sont tout aussi indispensables à Dieu que le sont nos membres pour notre propre corps.

« C’est bien beau tout cela » me direz-vous « mais l’histoire de l’humanité est là pour nous montrer que ce n’est pas toujours facile d’accorder tous les « membres » de l’Eglise et encore moins de l’humanité »

Et pourtant il en est bien ainsi… Chacun d’entre nous est important pour Dieu.

Ce jour de pentecôte est là pour nous rappeler que nous devons sortir de nos carcans pour aller à la rencontre des autres membres de l’Eglise.

Nous ne faisons pas avancer l’Eglise de Dieu si nous restons tout le temps entre croyants.

Le Christ n’a pas construit son Eglise en restant dans le confort de ses proches mais bel et bien en allant à la rencontre de celles et ceux qui sont importants pour Dieu et que bien souvent les hommes, eux, rejettent.

En ce jour de pentecôte l’Esprit Saint, le Défenseur,  nous est donné à nous aussi pour que nous ayons le courage, à notre tour de prendre la route.

Pas facile c’est vrai… Dangereux ? Oui, Parfois !
Mais que peut-il réellement nous arriver de mal puisque Dieu est à nos côtés ?

Sa présence est réellement une source de Paix et de Joie dans toutes les circonstances heureuses ET malheureuses de la vie.

« Le diacre il s’emballe encore… C’est que la vie n’est pas facile… Chômage, violence, maladie… C’est ca la vraie vie… et c’est dur »

Alors oui, la vie est parfois difficile… Mais la peur n’évite pas le danger…
Ce n’est pas parce que nous savons tout cela que nous allons nous en prémunir en amassant des richesses et en restant enfermés chez nous auprès de celles et ceux qui pensent comme nous… Sans faire de vague…

Alors oui, la vie est parfois difficile… Mais alors pourquoi est-ce que quand on demande à ceux qui connaissent de lourdes difficultés mais qui ont vécu la vraie rencontre avec Dieu ; pourquoi quand on leur demande ce qu’ils en pensent, ils ont toujours le sourire ?

Chacun d’entre nous j’en suis sur, à ou a eu dans son entourage proche quelqu’un qui a vécu de grosses difficultés et qui nous a stupéfait par son sourire et sa joie de vivre.

Oui, la présence de Dieu est réellement une source de Paix et de Joie dans toutes les circonstances heureuses ou malheureuses de la vie.

Nous voulons faire sa rencontre nous aussi ?
Prière… Parole… Eucharistie…
Si nous voulons nous aussi découvrir cette Paix et cette Joie, alors donnons à Dieu la possibilité de nous rejoindre… Laissons-lui ouverte la porte de notre cœur.


Nous aussi, Dieu nous comble de l’Esprit Saint.

Après nous avoir longuement « éduqués », dit et redit quels étaient les moyens pour percevoir sa présence à nos côtés dans le quotidien de notre existence,  Dieu nous donne l’Esprit Saint pour nous aider nous aussi à nous engager sur les chemins où le Christ nous envoie avec la certitude que plus jamais nous ne serons seuls.


Amen

dimanche 1 juin 2014

2014-06-01 - A - 7° Dimanche de Pâques - La grande prière de Jésus « Père, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1-11a)


7ème Dimanche de Pâques
1ère lecture : Les disciples réunis dans la prière après l'Ascension (Ac 1, 12-14)
Lecture du livre des Actes des Apôtres
Les Apôtres, après avoir vu Jésus s'en aller vers le ciel, retournèrent du mont des Oliviers à Jérusalem, qui n'est pas loin. (La distance ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat.)
Arrivés dans la ville, ils montèrent à l'étage de la maison ; c'est là qu'ils se tenaient tous : Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, arthélemy et Matthieu, Jacques fils d'Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques.
D'un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères.
2ème lecture : Bienheureux les persécutés pour le Christ (1P 4, 13-16)
Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre
Mes bien-aimés, puisque vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d'être dans la joie et l'allégresse quand sa gloire se révélera.
Si l'on vous insulte à cause du nom du Christ, heureux êtes-vous, puisque l'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur vous.
Si l'on fait souffrir l'un de vous, que ce ne soit pas comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme dénonciateur.
Mais si c'est comme chrétien, qu'il n'ait pas de honte, et qu'il rende gloire à Dieu à cause de ce nom de chrétien.
Evangile : La grande prière de Jésus : « Père, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1-11a)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Seigneur ne vous laisse pas orphelins : il reviendra vers vous, alors votre cœur connaîtra la joie. Alléluia. (cf. Jn 14, 18; 16, 22)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il leva les yeux au ciel et pria ainsi : « Père, l'heure est venue. Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné autorité sur tout être vivant, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle, c'est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
Moi, je t'ai glorifié sur la terre en accomplissant l'œuvre que tu m'avais confiée.
Toi, Père, glorifie-moi maintenant auprès de toi : donne-moi la gloire que j'avais auprès de toi avant le commencement du monde.
J'ai fait connaître ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé fidèlement ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m'as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m'avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis venu d'auprès de toi, et ils ont cru que c'était toi qui m'avais envoyé.
Je prie pour eux ; ce n'est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m'as donnés : ils sont à toi, et tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui est à toi est à moi, et je trouve ma gloire en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »





Nous venons de vivre l’Ascension et nous sommes maintenant dans la dernière ligne droite vers la Pentecôte.

Au soir du Jeudi Saint, quand nous avons entendu les derniers textes menant à l’arrestation de Jésus puis à son jugement et sa crucifixion nous avions un sentiment d’accomplissement…

Tout était alors joué et nous savions que les heures qui allaient arriver passeraient par le chemin de la Passion pour nous conduire inévitablement à la résurrection qui est le fondement de notre foi chrétienne.

Depuis plusieurs semaines les textes nous conduisent à ce dimanche et si nous les avons bien écoutés, ces textes nous donnent eux aussi un goût d’accomplissement mêlé de quelques dernières recommandations.

Ces recommandations – commençons par là - se trouvent dans la seconde lecture.

A son époque déjà, Saint Pierre prédisait de nombreuses souffrances pour les chrétiens.
« Si l’on vous insulte à cause du nom du Christ, heureux êtes-vous »
« Si l’on fait souffrir l’un de vous… Si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu à cause de son nom de chrétien. »

Vu de notre vingt et unième siècle nous trouvons peut-être qu’il y va fort… Être heureux, rendre gloire quand on nous fait souffrir… C’est « un peu » difficile…
Nombreux sont, encore aujourd’hui, de par le monde, les chrétiens qui souffrent pour leur foi.

Bizarrement, ils ne font pas ou tellement peu la unes de nos journaux qui leur préfèrent la poussée des extrêmes aux élections, ou les malversations en tous genres des partis politiques historiques, aux souffrances des chrétiens.
Je sais que je l’ai déjà dit et que ca peut paraître rengaine, mais nombre de nos frères chrétiens souffrent de par le monde souvent dans la plus grande indifférence, sacrifiés sur l’Autel de l’audimat de nos médias.

Sont ils heureux ces chrétiens ? Non, c’est sur !
Ils souffrent et tout le monde – ou presque – s’en fou !

Et pourtant ils sont nombreux à continuer à prier est à espérer… Ils sont encore plus nombreux, malgré les souffrances, à refuser d’abjurer leur foi en Jésus Christ.

Sont-ils fous ?
Je ne suis pas sur que nous saurions en faire autant…
Le monde qui nous entoure est de plus en plus égoïste… c’est souvent le règne du chacun pour soi et dieu pour tous… S’il existe…

Et bien, tous ces chrétiens sont l’exemple que nous donne Saint Pierre dans la seconde lecture, ces hommes et ces femmes, pour qui nous devons continuer à prier, qui souvent vivent la peur au ventre mais qui tiennent bon parce qu’ils ont Dieu pour compagnon de route dans leur quotidien…

C’est sans doute un concept qui est bien loin de nos perceptions, mais cela doit nous interpeler, nous qui vivons encore - mais pour combien de temps - dans un pays où même si nous sommes parfois raillés, il nous est encore possible de vivre notre foi sans craindre pour notre vie.

Mais les textes de ce dimanche ne se résument pas à cet exemple de foi, à ces quelques recommandations dont je parlais tout à l’heure.

Je parlais aussi d’une sensation d’accomplissement… C’est ce que nous entendons dans la première lecture…

Le Christ vient de quitter notre monde en laissant son Eglise à ses Apôtres.
Si le texte cite leurs prénoms un par un, c’est pour nous redire qu’ils étaient les compagnons de la première heure, ceux qui ont cheminé avec le Christ en personne et qui maintenant sont dépositaire de l’Eglise et du message d’Amour de Dieu.

Dorénavant, comme ils le font dans ce texte, ils se retrouveront toujours dans la prière avant de commencer quoique ce soit au nom du Christ.
Ils ne peuvent pas partir en mission sans ce temps de prière ; c’est par là qu’il leur faut systématiquement commencer.

Et il en est de même pour nous.
Prions-nous Dieu avant de commencer notre journée ?
Est-ce que nous la lui offrons nous avant qu’elle ne commence pour qu’elle soit réellement ce qu’Il veut en faire ou est-ce que nous fonçons tête baissée en tentant toujours de tout résoudre par nous même avant de nous en remettre à Dieu, quand nous n’oublions pas tout simplement de nous adresser à lui ?

Prier, ce n’est pas d’abord adresser nos demandes à Dieu ; Cela nous fait sans doute du bien de le faire mais il est notre Père, et il sait bien mieux que nous ce dont nous avons réellement besoin.

Le plus important dans la prière, c’est de nous accorder à l’amour de Dieu et de le laisser nous en imprégner.

Tout comme les Apôtres dans la première lecture, il est donc indispensable de nous en remettre à Lui dans la prière avant toute chose chaque jour.

Comme bien souvent l’Evangile de ce jour fait écho à cette première lecture.

Nous parlions de prière ? Et bien le Christ lui-même nous montre l’exemple…
Nous l’avons vu prier longuement au jardin des oliviers avant son arrestation ; Et bien une nouvelle fois nous le retrouvons en prière… Tout est accompli… Il va quitter notre monde et plus personne ne le reverra… Mais avant cela il s’en remet au Père.

Le Père et le Fils sont lié c’est ce que nous dit cette belle prière.

Sa mort sur la croix n’a pas été un échec mais la grande victoire de l’amour sur la mort et le péché.
Comme le voulait Le Père, La Parole a été transmise aux plus petits, et le relais est maintenant assuré par l’intermédiaire des Apôtres que le Christ n’a cessé d’enseigner, particulièrement ces dernières semaines dans tous les textes que nous avons entendu.

La prière de Jésus n’est pas une demande, c’est avant tout une prière de remerciements !

Dans ce texte nous découvrons ce que doit être une vraie prière.
Trop souvent, nous nous plaignons de ce qui ne va pas et nous demandons au Seigneur de nous aider… Souvent d’ailleurs à notre façon d’avantage qu’à la sienne.

Ce texte nous rappelle que la plus belle forme de prière c’est la louange et l’action de grâce. Et c’est le Christ lui-même qui nous montre l’exemple : Remercier avant de demander… Remercier pour tout ce que le Père nous donne et auquel nous sommes souvent tellement habitués que nous ne le remarquons même plus… Remercier avant de demander pour être sur de bien caler nos cœurs sur celui du Père et ainsi lui demander ce qu’il convient de lui demander et non pas des futilités.

Peut-être l’avez vous remarqué, le texte de la première lecture nous disait que la Vierge Marie était aux côtés des Apôtres tandis qu’ils priaient.

Elle est également présente dans l’Eglise d’aujourd’hui pour accompagner et soutenir nos prières.
Elle nous dit à nous aujourd’hui ce qu’elle disait aux serviteurs de la fête lors des noces de Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira ! ».
A nous de jouer maintenant.


Amen

jeudi 29 mai 2014

2014-05-29 - A - Ascension - « Allez vers toutes les nations...je suis avec vous » (Mt 28, 16-20)


Ascension
Solennité de notre Seigneur
1ère lecture : L'Ascension du Seigneur (Ac 1, 1-11)
Commencement du livre des Actes des Apôtres
Mon cher Théophile, dans mon premier livre j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement, jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel après avoir, dans l'Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu'il avait choisis.
C'est à eux qu'il s'était montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur était apparu, et leur avait parlé du royaume de Dieu.
Au cours d'un repas qu'il prenait avec eux, il leur donna l'ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre ce que le Père avait promis. Il leur disait : « C'est la promesse que vous avez entendue de ma bouche. Jean a baptisé avec de l'eau ; mais vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés d'ici quelques jours. »
Réunis autour de lui, les Apôtres lui demandaient : « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? »
Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les délais et les dates que le Père a fixés dans sa liberté souveraine.
Mais vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. »
Après ces paroles, ils le virent s'élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée.
Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s'en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se tenaient devant eux et disaient :
« Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel. »
2ème lecture : Domination universelle du Christ assis à la droite du Père (Ep 1, 17-23)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens
Frères,
que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père dans sa gloire, vous donne un esprit de sagesse pour le découvrir et le connaître vraiment.
Qu'il ouvre votre cœur à sa lumière, pour vous faire comprendre l'espérance que donne son appel, la gloire sans prix de l'héritage que vous partagez avec les fidèles, et la puissance infinie qu'il déploie pour nous, les croyants. C'est la force même, le pouvoir, la vigueur, qu'il a mis en œuvre dans le Christ quand il l'a ressuscité d'entre les morts et qu'il l'a fait asseoir à sa droite dans les cieux.
Il l'a établi au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom, aussi bien dans le monde présent que dans le monde à venir.
Il lui a tout soumis et, le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l'Église qui est son corps, et l'Église est l'accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude.
Evangile : « Allez vers toutes les nations...je suis avec vous » (Mt 28, 16-20)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Seigneur s'élève parmi l'acclamation, il s'élève au plus haut des cieux. Alléluia. (cf. Ps 46, 6.10)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Les onze disciples s'en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. »





[CELEBRATION DE PROFESSION DE FOI]

« …c’est vous qui allez être les témoins de Dieu pour le monde. »

Voilà les mots par lesquels j’avais terminé mon homélie, le soir où nous nous sommes retrouvés, dans cette église, pour votre remise de croix.

Ce matin, je vais vous expliquer en quoi cette profession de foi que vous allez faire dans quelques minutes, va faire de vous des témoins ; Et puis surtout, je vais vous expliquer comment on fait pour être témoin du Christ à notre époque.

Vous venez d’entendre un extrait de l’Evangile de Saint Matthieu.

Saint Matthieu nous dit, que parmi les onze disciples qui étaient autour de Jésus certains avaient des doutes.

Et que fait Jésus alors ? Et bien il s’approche d’eux et leur dit des paroles rassurantes, des paroles, qui leur redonnent confiance et les aident à continuer leur chemin dans la vie, en ayant retrouvé leurs certitudes, en croyant à nouveau pleinement à Dieu.

Et bien votre vie de chrétiens à vous, celle de vos parents, celles de presque tous les chrétiens sont comme celles de ces disciples.

Il nous arrive à tous de douter, un jour ou l’autre, même si ce n’est qu’un instant…
Il nous est arrivé ou il nous arrive à tous, de nous demander si notre Dieu est le vrai Dieu et même parfois s’il existe vraiment…

Demandez aux gens qui ne croient pas ou qui ne croient plus, demandez même à celles et ceux qui sont autour de vous aujourd’hui…
Beaucoup ne savent plus très bien où ils en sont avec la religion et encore moins avec leur foi.

Il ne se passe pas une semaine sans que je rencontre des personnes qui me disent que si vraiment Dieu existait il n’y aurait pas toutes ces guerres et toutes ces souffrances dans le monde.

Ils doutent…
Ils doutent comme peut-être vous doutez vous aussi ou comme peut-être il vous arrivera également un jour de douter.

C’est arrivé aux apôtres dans le texte de notre Evangile et ca arrive à  tous les hommes, comme ca peut encore arriver deux mille ans plus tard, c'est-à-dire aujourd’hui.

Je vous l’ai dit tout à l’heure, ce qui a remis les apôtres en confiance, ce qui les a aidés à voir clair et a croire pleinement à nouveau, c’est le fait que le Christ s’est approché deux, pas pour leurs reprocher leurs doutes mais pour les rassurer.

Et parce qu’ils sont repartis avec confiance ils sont devenu des témoins… les témoins de Dieu pour les autres… Des témoins de Dieu pour ceux qui les entouraient, pour que les jours où eux aussi douteraient, ils puissent les aider à retrouver confiance.

Et bien ca c’est votre rôle à vous… C’est à vous maintenant d’être les témoins de Dieu dans le monde qui vous entoure…
Au collège, dans votre quartier, si vous y êtes inscrits, dans votre club de sport et peut-être même à la maison pour votre propre famille.

Peut-être que vous vous dites que nous n’avez aucune idée de la façon dont vous allez devoir vous y prendre… Que jamais on ne vous l’a appris…

C’est normal qu’on ne vous l’ait jamais appris… Et d’ailleurs ce na s’apprend pas réellement, tout du moins il n’y a pas de cours pour devenir des témoins de Dieu comme il y en a pour devenir docteur, électricien ou informaticien.

Ce qu’on vous apprend au catéchisme c’est d’abord l’histoire de Jésus, quelques prières ; On vous parle des sacrements, du calendrier liturgique et des fêtes chrétiennes qui le composent mais jamais on ne vous a fait un cours pour devenir de bons témoins de Dieu.

Ca c’est quelque chose qui se travaille dans votre cœur, entre Dieu et vous…
C’est tout simplement à vous de le vouloir… C’est d’ailleurs aussi valable pour nous les adultes…

Dieu ne s’imposera jamais dans votre vie pas plus qu’il ne s’impose dans la vie d’aucun homme…
C’est sans doute ce qui explique que notre monde ne va pas toujours très bien…
Les guerres, les famines, les disputes, ne sont pas la volonté de Dieu mais la volonté des hommes qui sont libre de choisir de s’entendre ou de se faire la guerre… qui sont libres de partager la nourriture ou de la garder pour eux en faisant semblant d’ignorer la souffrance des autres… qui sont libres de se disputer ou de faire les premiers pas vers les autres pour faire la paix.

Ca ne sert à rien d’en vouloir à Dieu pour des choses qui viennent de nous !

Pas facile tout ca… Et ca ne vous dit toujours pas comment il faut faire pour être des témoins de Dieu dans votre vie de tous les jours…

Pour tenter de vous l’expliquer, pour tenter de vous dire comment il faut faire, je vais faire le parallèle entre votre vie de chrétien et celle de jeunes collégiens…

Quand vous savez que vous allez avoir un DS de Math et que voulez le préparer, sérieusement bien sur… Et bien vous révisez… vous reprenez vos livres, vos cahiers, et si vous avec des doutes vous retournez voir vos copains ou votre professeur pour qu’ils vous expliquent, pour qu’ils vous rassurent et vous permettent de faire le DS dans les meilleurs conditions possibles… Sans être sur de réussir mais en mettant toutes les chances de votre côté.

Et bien c’est un peu la même chose pour faire en sorte de réussir votre rôle de témoin…

Tout d’abord il faut vraiment le vouloir… Ensuite et bien pour permettre à Dieu de vous aider il faut le rencontrer le plus possible…

Et pour le rencontrer il y a trois moyens tout simples…

Tout d’abord il ne faut pas hésiter à lui parler… A lui dire ce que vous ressentez, ce qui vous semble difficile et ce que vous attendez de lui...

Ca c’est la prière…
Et une vraie prière ce n’est pas seulement réciter des paroles apprises par cœur… La vraie prière c’est dire à Dieu vos joies mais aussi vos peines et ne pas hésiter à lui demander de vous aider.

En plus de la prière, vous avez deux autres choses importantes… La Bible…
Ca c’est moins marrant… ce gros livre qui prend la poussière dans nos étagères ou qu’on ne sait même plus où on a mis, c’est pas notre livre préféré et puis même, souvent, quand on l’ouvre on ne comprend pas tout…

Il existe aujourd’hui tout un tas de transcription de la Bible pour des jeunes de votre âge… demandez à vos parrains et marraines de vous en offrir une. Ca vous sera sans doute bien plus utile que tous les beaux cadeaux que vous allez recevoir aujourd’hui.

On a parlé de la prière, de la Bible… La dernière chose c’est la Messe…
Si on veut réellement être des témoins de Jésus, il ne faut pas se contenter de l’être seulement aujourd’hui… Il faut venir à la messe régulièrement…

Mais venir à la messe régulièrement ne doit pas être une devoir, une corvée, ca doit être un plaisir…

Je viens de vous dire que pour être témoins, il faut prier et lire la Bible… Si vous apprenez à faire cela et bien vous découvrirez vite que venir à la messe est complémentaire…

La Messe c’est tout d’abord l’occasion de rencontrer d’autres chrétiens, qui ne sont sans doute pas plus parfaits que vous, mais qui comme vous veulent devenir des témoins. Et puis la messe c’est l’occasion de rencontrer celui avec qui vous parlerez dans vos prières et dont la Bible vous aura raconté les histoires.

N’hésitez pas à demander ce qui s’y passe à vous faire expliquer tel ou tel geste, telle ou telle parole… Et si vos Parents ne savent, ce n’est pas grave, venez voir à la fin de la messe… Laissez nous une chance de vous expliquer les choses pour que vous compreniez mieux comment on rencontre Dieu dans la messe.


Aujourd’hui, les chrétiens du monde entier fêtent l’Ascension.
Après la résurrection, nous fêtons le moment où Jésus est parti de cette terre en donnant à ses Apôtres la mission d’être ses témoins et les témoins de La Parole de Dieu.

Je suis certain qu’ils étaient comme vous… Ils ne savaient pas plus que vous comment il fallait faire… Mais ils savaient une chose une chose essentielle que le Christ leur avait dite avant de partir et qui est encore valable pour chacun d’entre vous mais également pour chacun de vos parents.

Le Christ a dit « …moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde »

Il est là, auprès de chacune et chacun d’entre vous et il ne demande qu’à vous aider… C’est à vous maintenant qu’il appartient, ou pas, d’essayer de l’écouter car il vous parle, lui qui ne demande qu’à faire de vous des témoins heureux.


Amen