dimanche 11 mai 2014

2014-05-11 - A - 4° Dimanche de Pâques - Jésus est le bon pasteur et la porte des brebis (Jn 10, 1-10)


4ème Dimanche de Pâques
1ère lecture : Pierre appelle à la conversion, et il baptise les premiers convertis (Ac 2, 14a.36-41)
Lecture du livre des Actes des Apôtres
Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, avait pris la parole ; il disait d'une voix forte : « Que tout le peuple d'Israël en ait la certitude : ce même Jésus que vous avez crucifié, Dieu a fait de lui le Seigneur et le Christ. »
Ceux qui l'entendaient furent remués jusqu'au fond d'eux-mêmes ; ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? »
Pierre leur répondit : « Convertissez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour obtenir le pardon de ses péchés. Vous recevrez alors le don du Saint-Esprit.
C'est pour vous que Dieu a fait cette promesse, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont loin, tous ceux que le Seigneur notre Dieu appellera. »
Pierre trouva encore beaucoup d'autres paroles pour les adjurer, et il les exhortait ainsi : « Détournez-vous de cette génération égarée, et vous serez sauvés. »
Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre se firent baptiser. La communauté s'augmenta ce jour-là d'environ trois mille personnes.
2ème lecture : Celui qui a souffert pour nous est devenu notre berger (1 P 2, 20b-25)
Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre
Frères, si on supporte la souffrance en ayant fait le bien, c'est une grâce aux yeux de Dieu.
C'est bien à cela que vous avez été appelés, puisque le Christ lui-même a souffert pour vous et vous a laissé son exemple afin que vous suiviez ses traces, lui qui n'a jamais commis de péché ni proféré de mensonge : couvert d'insultes, il n'insultait pas ; accablé de souffrances, il ne menaçait pas, mais il confiait sa cause à Celui qui juge avec justice.
Dans son corps, il a porté nos péchés sur le bois de la croix, afin que nous puissions mourir à nos péchés et vivre dans la justice : c'est par ses blessures que vous avez été guéris.
Vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes revenus vers le berger qui veille sur vous.
Evangile : Jésus est le bon pasteur et la porte des brebis (Jn 10, 1-10)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Jésus, le bon Pasteur, connaît ses brebis et ses brebis le connaissent : pour elles il a donné sa vie. Alléluia. (cf. Jn 10, 14-15)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Jésus parlait ainsi aux pharisiens :
« Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.
Celui qui entre par la porte, c'est lui le pasteur, le berger des brebis.
Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.
Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix.
Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s'enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus. »
Jésus employa cette parabole en s'adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu'il voulait leur dire.
C'est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis.
Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.
Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance. »





[CELEBRATION DE REMISE DE CROIX DES JEUNES]
[SE PREPARANT A LA PROFESSION DE FOI]

Ce soir, je voudrais m’adresser tout particulièrement à vous les jeunes qui avez participé à la retraite et qui préparez votre profession de foi.

Pour la grande majorité d’entre vous, vous êtes en 6ème cette année.

L’entrée en 6ème a été l’occasion de plusieurs changements.

Vous avez sans doute changé d’école, à chaque heure ou presque vous changez de professeur et parce qu’on commence réellement à vous considérer comme « des grands » comme on dit, et bien on commence à vous laisser organiser votre agenda et décider vous-mêmes de la façon dont vous faites vos devoirs.

Au cathé c’est un peu la même chose.
On ne s’adresse plus à vous comme à des petits mais comme à des enfants qui ont grandi et qui commencent non seulement à bien comprendre ce qu’on leur explique mais qui également commencent à poser leurs propres jugements sur les choses et à prendre leurs propres décisions.

A la retraite nous vous avons encore appris quelques petites choses…

Mais lors de la dernière après midi, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, nous ne vous avons rien appris, en tous cas pas directement.

Avec Fabienne et Xavier, quand nous avons construit le programme de cette après midi là, nous avons fait une sorte de pari…

Je n’étais pas avec vous lors de la retraite d’octobre, mais tout le monde m’a dit que vous étiez particulièrement attentifs et intéressés par tout ce qui s’est dit.

Et du coup, comme je viens de vous le dire, nous avons fait un pari…
Le pari que vous étiez capables de vous exprimer vous-mêmes sur ce qu’est la prière…

C’était le thème du mercredi après midi et je peux vous dire Parents, Grands-parents, Parrains, Marraines qui êtes présents ce soir, que vos petits ont bien grandi.

Je ne vais pas reprendre ici la liste de tout ce que nous ont dit vos enfants, mais je peux vous assurer que leurs expressions nous ont vraiment émerveillés.

Du coup, avant d’aller plus loin, je voulais tout d’abord vous dire cela de la part de chacun de ceux qui étaient présents pour les animer pendant ces deux jours.

Même s’ils vous paraissent peut-être parfois encore bien petits…
Même s’ils vous paraissent peut-être parfois un peu loin de l’Eglise et de la foi, je vous assure qu’aucun d’entre eux n’est resté sur le côté et que chacun, avec ses mots à lui, a été capable de dire précisément ce que représente pour lui la prière, la façon dont il s’adresse à Dieu, le moment de la journée et le lieu qu’il a choisi pour cela, ce qu’il lui demande – ou pas – et bien d’autres choses encore.

Et comme la mayonnaise avait bien pris, comme chacun d’eux a vraiment su jouer le jeu et bien nous avons poussé le bouchon un peu plus loin.

Après le goûter nous leur avons demandé de rédiger leur profession de foi.

Ils ont été particulièrement productifs, au point que nous avons du finir par arrêter certains d’entre eux dans leur écriture car nous arrivions déjà à la fin de journée.

Ce soir mon homélie est faite pour vous les jeunes…
Je tenais tout d’abord à rappeler à ceux qui vous entourent que vous avez bien grandi…

Et ensuite, et bien je voudrais vous expliquer le sens que peut avoir l’Evangile que nous venons d’entendre sur le chemin de votre profession de foi.

Si vous avez écouté – et même si vous avez grandi je sais que ca, c’est pas toujours facile – si vous avez écouté donc, vous avez entendu parler de brebis et de porte.

Je ne suis pas sur que vous ayez compris ce texte, mais je vous rassure, je pense que les adultes qui sont présents ne l’ont pas forcément compris non plus.

Alors je vais tenter de vous l’expliquer à tous, de vous l’expliquer, comme je viens de le dire, dans le cadre de cette profession de foi qui approche.

Jésus est face à des Pharisiens.
Les Pharisiens sont les religieux de l’époque.
Ils ont une place importante dans la société et du coup, « ils se la pètent » comme vous dites…
Souvent, parce qu’ils connaissent bien les textes, ils se croient supérieurs aux autres hommes.

Alors Jésus, comme à son habitude, essaye de leur expliquer les choses en utilisant une métaphore…
Une métaphore c’est quand on essaye d’expliquer quelque chose de difficile à comprendre avec une histoire et des mots qui eux, sont faciles à comprendre.

Pour cela il prend l’exemple d’une bergerie et des moutons qui s’y trouvent.

Le début est facile à comprendre. Si quelqu’un essaye d’entrer dans une bergerie en passant par la fenêtre, c’est louche… C’est qu’il a quelque chose à se reprocher et qu’il doit préparer un mauvais coup… Le texte nous dit « c’est un voleur et un bandit »

Ensuite on nous dit que « celui qui entre par la porte, c’est lui le pasteur, le berger des brebis »
Ca non plus c’est pas trop dur à comprendre.
Si quelqu’un frappe à la porte pour qu’on vienne lui ouvrir c’est qu’en général il est attendu, qu’il n’a rien à se reprocher.

La phrase suivante n’est pas trop difficile à comprendre non plus :  « Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. »

La encore si on réfléchit un peu c’est pas trop difficile à comprendre.
Si on ouvre à cette personne qui frappe à la porte de la bergerie et que les brebis reconnaissent sa voix, alors c’est que c’est bien lui le berger et que ce n’est ni un voleur ni un bandit.

Si Jésus utilise cette histoire c’est pour leur faire comprendre le rôle de Dieu, son rôle à lui et le rôle des pharisiens…

Mais les Pharisiens ne comprennent pas… Sans doute nous non plus d’ailleurs… Dans cette histoire, est-ce que nous sommes à la place de Dieu ? A la place du Christ ou est-ce que nous sommes à la place des brebis ? Et puis pour arriver à quoi ? Pour nous faire comprendre quoi ?

Alors Jésus poursuit en donnant son rôle à lui… « Je suis la porte des brebis ».

Il est La Porte… La Porte, c’est par là qu’on passe quand on veut entrer quelque part…
OK donc Jésus est celui par qui on passe pour aller quelque part… Mais où ?

Si nous sommes ici dans cette église, c’est parce que c’est vers Dieu que nous allons en passant par le Christ…

Passer par le Christ, ca veut dire faire comme lui…
Lui, il a aimé les autres tout au long de sa vie…
Lui, il n’a pas cherché à passer au dessus des autres, il a toujours dit la vérité, il a toujours pardonné aux autres, etc. etc.

C’est le rôle de chaque chrétien…
C’est donc le votre à vous aussi les enfants.

Quand vous étiez petits, vos Parents vous ont fait baptiser souvent parce qu’ils voulaient que Dieu soit à vos côtés dans chaque moment de votre vie.
Être avec vous, c’est veiller sur vous bien sur, mais veiller sur vous en vous guidant dans la vie pour que vous fassiez les bons choix, des choix qui vous rendront heureux.

Dans quelques jours c’est vous qui allez dire par vous-même que vous voulez que Dieu soit avec vous sur le chemin de vos vies.

C’est vous qui allez vous engager à essayer de faire chaque jour ce que le Christ a fait…
Comme moi, comme chacun de nous ici, vous n’êtes pas parfaits.
Alors il y aura des jours où vous y arriverez, et des jours où vous n’y arriverez pas…

Mais ce qui est sur c’est que Dieu sera toujours avec vous pour vous y aider.

Ce soir vous allez recevoir votre croix.
Cette croix c’est le symbole de votre foi qui grandit en vous.
Cette croix c’est un relais que vont vous passer ceux qui ont décidé pour vous jusque là… Mais à l’Ascension c’est vous qui allez décider de suivre le Christ.

Ce jour là, nous allons apporter à l’Autel les professions de foi que vous avez écrites.
Nous n’allons pas les lire mais les remettre à Dieu en priant tous ensemble pour qu’il vous aide à les réaliser chaque jour.

A partir de là, c’est vous qui allez être les témoins de Dieu pour le monde.
Mais ca c’est ce que je vous expliquerai le jour de votre profession de foi.


Amen

dimanche 4 mai 2014

2014-05-04 - A - 3° Dimanche de Pâques - Apparition aux disciples d'Emmaüs (Lc 24, 13-35)


3ème Dimanche de Pâques
1ère lecture : Pierre annonce le Christ ressuscité (Ac 2, 14.22b-33)
Lecture du livre des Actes des Apôtres
Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, prit la parole ; il dit d'une voix forte : « Habitants de la Judée, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, comprenez ce qui se passe aujourd'hui, écoutez bien ce que je vais vous dire.
Il s'agit de Jésus le Nazaréen, cet homme dont Dieu avait fait connaître la mission en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez bien.
Cet homme, livré selon le plan et la volonté de Dieu, vous l'avez fait mourir en le faisant clouer à la croix par la main des païens.
Or, Dieu l'a ressuscité en mettant fin aux douleurs de la mort, car il n'était pas possible qu'elle le retienne en son pouvoir.
En effet, c'est de lui que parle le psaume de David : Je regardais le Seigneur sans relâche, s'il est à mon côté, je ne tombe pas.
Oui, mon cœur est dans l'allégresse, ma langue chante de joie ; ma chair elle-même reposera dans l'espérance :
tu ne peux pas m'abandonner à la mort ni laisser ton fidèle connaître la corruption.
Tu m'as montré le chemin de la vie, tu me rempliras d'allégresse par ta présence.
Frères, au sujet de David notre père, on peut vous dire avec assurance qu'il est mort, qu'il a été enterré, et que son tombeau est encore aujourd'hui chez nous.
Mais il était prophète, il savait que Dieu lui avait juré de faire asseoir sur son trône un de ses descendants.
Il a vu d'avance la résurrection du Christ, dont il a parlé ainsi : Il n'a pas été abandonné à la mort, et sa chair n'a pas connu la corruption.
Ce Jésus, Dieu l'a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins.
Élevé dans la gloire par la puissance de Dieu, il a reçu de son Père l'Esprit Saint qui était promis, et il l'a répandu sur nous : c'est cela que vous voyez et que vous entendez. »
2ème lecture : Le Christ ressuscité donne à notre vie son vrai sens (1 P 1, 17-21)
Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre
Frères,
vous invoquez comme votre Père celui qui ne fait pas de différence entre les hommes, mais qui les juge chacun d'après ses actes ; vivez donc, pendant votre séjour sur terre, dans la crainte de Dieu.
Vous le savez : ce qui vous a libérés de la vie sans but que vous meniez à la suite de vos pères, ce n'est pas l'or et l'argent, car ils seront détruits ; c'est le sang précieux du Christ, l'Agneau sans défaut et sans tache.
Dieu l'avait choisi dès avant la création du monde, et il l'a manifesté à cause de vous, en ces temps qui sont les derniers.
C'est par lui que vous croyez en Dieu, qui l'a ressuscité d'entre les morts et lui a donné la gloire ; ainsi vous mettez votre foi et votre espérance en Dieu.
Evangile : Apparition aux disciples d'Emmaüs (Lc 24, 13-35)
Acclamation : Alléluia. Alléluia.
Seigneur Jésus, fais-nous comprendre les Écritures ! Que notre cœur devienne brûlant tandis que tu nous parles. Alléluia. (cf. Lc 24, 32)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
Le troisième jour après la mort de Jésus, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient ensemble de tout ce qui s'était passé.
Or, tandis qu'ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas.
Jésus leur dit : « De quoi causiez-vous donc, tout en marchant ? » Alors, ils s'arrêtèrent, tout tristes.
L'un des deux, nommé Cléophas, répondit : « Tu es bien le seul de tous ceux qui étaient à Jérusalem à ignorer les événements de ces jours-ci. »
Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth : cet homme était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple. Les chefs des prêtres et nos dirigeants l'ont livré, ils l'ont fait condamner à mort et ils l'ont crucifié.
Et nous qui espérions qu'il serait le libérateur d'Israël ! Avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c'est arrivé.
À vrai dire, nous avons été bouleversés par quelques femmes de notre groupe. Elles sont allées au tombeau de très bonne heure, et elles n'ont pas trouvé son corps ; elles sont même venues nous dire qu'elles avaient eu une apparition : des anges, qui disaient qu'il est vivant.
Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l'avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu. »
Il leur dit alors : « Vous n'avez donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes !
Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, en partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur expliqua, dans toute l'Écriture, ce qui le concernait.
Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d'aller plus loin.
Mais ils s'efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna.
Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.
Alors ils se dirent l'un à l'autre : « Notre cœur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route, et qu'il nous faisait comprendre les Écritures ? »
À l'instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :
« C'est vrai ! le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »
À leur tour, ils racontaient ce qui s'était passé sur la route, et comment ils l'avaient reconnu quand il avait rompu le pain.





Vous l’aurez remarqué nous sommes encore en blanc, la couleur qui symbolise la fête dans la liturgie de ce dimanche.

Nous sommes en blanc parce que nous sommes, pour 6 semaines encore, dans la joie de Pâques, une joie qui, en passant par l’ascension que nous fêterons le 29 mai prochain, nous emmènera jusqu’à la Pentecôte au 8 juin.

Alors non, Pâques n’est pas fini.
Ce n’est pas une fête que nous pouvons ranger au placard en attendant l’année prochaine.

Si nous avons les dimanches de Pâques, c’est pour nous préparer nous aussi au jour où, comme les apôtres, le Christ va nous envoyer sur les chemins avec l’Esprit Saint pour allié pour aller annoncer La Parole de Dieu à nos frères.

C’est d’ailleurs de Pentecôte qu’il est justement question dans le texte de la première lecture.

Ce qu’il faut y remarquer dans ce texte, c’est l’aplomb et l’assurance de Pierre.
Lui, le bourru, lui qu’on avait pour habitude de voir réfléchir avec ses muscles et son verbe haut plutôt qu’avec sa tête, lui qui par 3 fois était allé jusqu’à renier Jésus sur le chemin du calvaire, et bien c’est lui qui aujourd’hui intervient pour guider ses frères.

Dans cette lecture du livre des Actes des Apôtres il vient nous montrer à quel point la résurrection peut changer les choses y compris dans la vie d’un homme qui a l’espace d’un moment abandonné son maître, un homme qui se voit néanmoins confier l’Eglise naissante que ce maître lui a laissée.

Ce qui est vrai pour Pierre l’est bien évidemment pour chacun d’entre nous.
Nous avons tous le droit à l’erreur, nous avons tous le droit de nous tromper et même de quitter les chemins que Dieu nous montre pourtant pour notre plus grand bonheur.

Ce sont bien souvent nos limites humaines, nos manques, nos douleurs qui nous entrainent sur ces chemins.
Il nous arrive même de faire du mal à celles et ceux qui nous sont pourtant les plus chers…
Nous nous en éloignons pour suivre un bonheur qui n’en est finalement pas un loin des pas du Christ.

Dieu sait tout cela, il sait où nous entrainent nos limites et il a ce courage que bien souvent nous-mêmes n’avons pas, le courage de nous pardonner et de nous aider à reprendre le chemin à la suite due Christ, un chemin sur lequel, une fois nos corps, nos esprits, notre foi nettoyés nous retrouvons le vrai bonheur.

En Christ, chacun a le droit à sa propre résurrection !

Dans la seconde lecture, Pierre – encore lui – nous redit que ce qui nous sauve, ce qui est plus important que tout, c’est le don de sa vie que le Christ a fait pour nous.

Dans nos vies, où nous avons tellement l’habitude de courir après cet argent et ces possessions dont nous avons l’impression qu’elles nous mettent à l’abri de tout, il nous rappelle que ce n’est pas cela qui nous sauvera, mais bel et bien notre appartenance au Christ et notre volonté de mettre nos pas dans celui du ressuscité.

Je voudrais avec vous m’arrêter quelques instants sur les derniers mots de la première phrase : « Vivez donc, pendant votre séjour sur terre, dans la crainte de Dieu. »

Pendant très longtemps les hommes ont vu cette phrase comme l’illustration des malheurs dont Dieu lui-même pourrait nous accabler si ne calions pas nos vies sur ses commandements.

Je pense que cela n’est pas tout à fait exact.
Un père, au sens où nous l’entendons, même s’il se fâche parfois sur ses enfants, n’est jamais autant en colère qu’il n’est triste et malheureux de leurs limites et des « sorties de pistes » qu’ils peuvent faire.

Voilà qui peut nous faire ne fut-ce qu’entrevoir la façon dont notre Père qui est aux cieux nous aime lui aussi…
Son amour est tellement grand que jamais il ne nous envoie de catastrophe pour nous punir.

La crainte dont nous parle le texte, c’est celle des actions de notre vie qui pourraient NOUS conduire à nous éloigner de l’amour de Dieu…
Ce n’est pas Dieu qui s’éloigne, ce n’est pas Dieu qui nous aime moins, c’est nous qui nous éloignons, et qui de fait nous aventurons sur les chemins où nous rencontrons des difficultés, ces malheurs que nous attribuons un peu facilement à Dieu alors qu’ils ne sont bien souvent que le résultat de nos propres erreurs de direction…


Et voici le texte d’Evangile.
Un texte de Luc qu’une fois encore nous connaissons bien.
C’est le texte des disciples d’Emmaüs…

Ces deux hommes qui après avoir vécu pendant quelques temps avec Jésus, l’ayant vu accomplir de très belles choses, l’ayant entendu leur parler de l’amour de Dieu, s’en retournent dans leur pays d’origine ne sachant plus réellement que penser de tout ce qui s’est passé.

Eux qui avaient pourtant vécu aux côtés du Christ lui-même, sont perdus…

Alors que Jésus les rejoint et fait un bout de route avec eux, ils lui confient leur désarroi…

Affaiblis, éteints par la tristesse de leur cœur, ils doutent… Ils doutent au point de ne pas reconnaître cet inconnu qui les a rejoint et chemine maintenant avec eux…

« Vous n’avez donc pas compris ! » leur dit cet inconnu et de reprendre alors toutes les écritures pour rallumer en eux la flamme qui brulait encore quelques jours plus tôt…

Heureusement la veilleuse n’était pas éteinte et les phrases du ressuscité ont suffit à rallumer le feu qui brulait en eux…

A la fraction du pain le bruleur est à nouveau opérationnel !
Ils le reconnaissent enfin et comprennent pourquoi tandis qu’il cheminait avec eux ils se sentaient à nouveau brulant d’amour, à nouveau prêts à affronter le monde.

Et nous ?

Deux mille ans plus tard… où en est notre veilleuse ?
Reste-t-il suffisamment de flamme pour que la Parole que le Christ lui-même nous a laissée puisse raviver en nous ce même amour brulant ?

Durant ces 21 siècles Dieu n’a jamais cessé d’alimenter le feu mais ce sont les hommes, occupés à leurs jeux d’argent, de possessions et de pouvoirs, qui se sont éloignés de Dieu et ont eux même laissé vaciller la flamme…

Il ne tient qu’à nous que cette flamme se rallume et que comme les disciples d’Emmaüs nous sentions nous aussi bruler en nous un feu d’amour qui nous permettra de faire face à tous les bobos de la vie, les nôtres mais également ceux de nos frères que nous pourrons alors les aider à surmonter.

Oui, nous sommes toujours sur les chemins de Pâques…
Le ressuscité marche plus que jamais à nos côtés.
Plus que jamais il nous invite à le reconnaître tout proche et prêt à nous aimer.
Mais Dieu ne s’impose toujours pas et une fois encore l’ouverture de nos yeux et de notre cœur ne dépend que de nous.

Amen

dimanche 27 avril 2014

2014-04-27 - A - 2° Dimanche de Pâques - Apparition du Christ huit jours après Pâques (Jn 20, 19-31)


2ème Dimanche de Pâques
Solennité du Seigneur
1ère lecture : La communauté fraternelle des premiers chrétiens (Ac 2, 42-47)
Lecture du livre des Apôtres
Dans les premiers jours de l"Église, les frères étaient fidèles à écouter l'enseignement des Apôtres et à vivre en communion fraternelle, à rompre le pain et à participer aux prières. La crainte de Dieu était dans tous les cœurs ; beaucoup de prodiges et de signes s'accomplissaient par les Apôtres.
Tous ceux qui étaient devenus croyants vivaient ensemble, et ils mettaient tout en commun ; ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, pour en partager le prix entre tous selon les besoins de chacun.
Chaque jour, d'un seul cœur, ils allaient fidèlement au Temple, ils rompaient le pain dans leurs maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité. Ils louaient Dieu et trouvaient un bon accueil auprès de tout le peuple. Tous les jours, le Seigneur faisait entrer dans la communauté ceux qui étaient appelés au salut.
2ème lecture : L'espérance des baptisés (1P 1, 3-9)
Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre
Béni soit Dieu, le Père de Jésus Christ notre Seigneur : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître grâce à la résurrection de Jésus Christ pour une vivante espérance, pour l'héritage qui ne connaîtra ni destruction, ni souillure, ni vieillissement. Cet héritage vous est réservé dans les cieux, à vous que la puissance de Dieu garde par la foi, en vue du salut qui est prêt à se manifester à la fin des temps.
Vous en tressaillez de joie, même s'il faut que vous soyez attristés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d'épreuves ; elles vérifieront la qualité de votre foi qui est bien plus précieuse que l'or (cet or voué pourtant à disparaître, qu'on vérifie par le feu). Tout cela doit donner à Dieu louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ, lui que vous aimez sans l'avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore ; et vous tressaillez d'une joie inexprimable qui vous transfigure, car vous allez obtenir votre salut qui est l'aboutissement de votre foi.
Evangile : Apparition du Christ huit jours après Pâques (Jn 20, 19-31)
Acclamation : Alléluia. Alléluia.
Thomas a vu le Seigneur : il a cru. Heureux celui qui croit sans avoir vu ! Alléluia. (cf. Jn 20, 29)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »
Or, l'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n'était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. »
Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre.
Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.





« Le Jeudi Saint et son lavement des pieds : C’est Fait !
Le vendredi Saint et son chemin de croix : Ca aussi c’est fait !
Samedi Saint et la résurrection : Ben c’est fait aussi ! »

Si nous retrouvons Pâques chaque année comme une simple fête du calendrier, alors il est possible que dans un coin de notre tête nous ayons effectivement vu la résurrection comme une étape de plus à franchir dans notre année liturgique…

Si c’est ainsi c’est dommage…

C’est dommage parce que nous passons à côté de LA fête qui peut changer notre vie comme elle changé celles des disciples, comme elle a changé la vie de nombreuses femmes et de nombreux hommes depuis des siècles.

Et aujourd’hui, en ce 2° dimanche de Pâques, en cette fête de la divine miséricorde, et bien nous, les chrétiens du monde entier, nous devrions triplement nous réjouir…

Nous venons de vivre la fête de Pâques sur laquelle je vais bien entendu revenir dans quelques instants, mais en plus aujourd’hui, nous fêtons également la canonisation de Jean-Paul II et de Jean XXIII deux illustres successeurs de Saint Pierre.

A daté d’aujourd’hui nous dirons Saint Jean-Paul II et Saint Jean XXIII…

Peut-être comme moi avez-vous vu ces derniers temps dans les diverses émissions télévisées des débats sur cette canonisation et plus particulièrement celle de Jean-Paul II que beaucoup d’entre nous ont connu.

Ces débats faisaient leurs gorges chaudes sur les scandales qui ont – c’est vrai – secoué le Vatican ces dernières années…
D’aucun vont jusqu’à mettre en cause l’intégrité de Jean-Paul II se posant la question de la légitimité de sa canonisation…

Pour ma part, je vous le dis sans détour, je n’ai aucun doute sur le bienfondé de cette canonisation!

Cet homme n’était pas parfait ? C’est vrai !
Compte tenu de la tâche qui était la sienne il n’a pas su, pu ou même voulu s’attaquer à tous les problèmes liés à ces fameux scandales dont je viens de parler ? Ben… Oui peut-être…

Nous pourrions objecter à ses détracteurs que les réalisations de cet homme devenu Pape ne se réduisent pas à ses seules limites.
Chacun de nous se souviendra que grâce à Jean-Paul II certains des murs que les hommes avaient érigés entre eux sont tombés.
Ce Pape a beaucoup voyagé, en profitant à chaque fois pour mettre le doigt sur une détresse humaine quelque part dans le monde et faisant en sorte que les bonnes volontés se mobilisent et fassent de leur mieux pour les résoudre…

N’a-t-il pas alors agi lui aussi comme le Christ dans l’Evangile de ce jour : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie »

Jeanne d’Arc, le grand roi Louis, et bien d’autres encore ne sont pas devenus saints parce qu’ils étaient parfaits mais parce qu’ils ont découvert et accepté la présence de Dieu dans leur vie et qu’ils ont eux aussi mis leurs pas dans ceux du Christ sur les chemins des plus pauvres, de celles et ceux qui avaient le plus besoin de l’Amour de Dieu.

Quelle plus belle fête que cette fête de la miséricorde – d’ailleurs instaurée par Jean-Paul II lui-même - pour mettre à l’honneur et élever au rang de Saints ces deux hommes qui ont consacré leurs vies à mettre leurs pas dans les pas du Christ…

Ils l’ont fait avec leurs forces mais également leurs limites…

Combien de fois ne se sont-ils sans doute pas reproché de n’être que des hommes avec leurs faiblesses…

Combien de fois ne se sont-ils sans doute pas senti tous petits devant la tâche que Dieu leur confiait…

Combien de fois ne se sont-ils sans doute pas demandé comment ils devaient traiter tel ou tel sujet, s’en remettant à chaque fois à la grâce et la providence de Dieu pour faire le pas suivant.

Les textes de ce dimanche, nous invitent nous aussi, en ce lendemain des fêtes pascales à mettre nos pas dans ceux du Christ.

La première lecture nous rappelle que si réellement nous nous mettons en marche alors nous connaitrons le vrai bonheur et la sérénité…
Ce texte date des tous premiers temps après le départ du Christ.
Les hommes dont on nous parle sont ceux là mêmes qui ont connu le Christ et qui l’on vu mourir et ressusciter.

Le bonheur et la sérénité qui émanent de ce texte doivent nous interpeler…
Si eux ont pu le faire, alors pourquoi par nous ?

Dans la seconde lecture Saint Pierre – Encore un homme pas parfait qui a pourtant été lui aussi élevé au range de Saint – Saint Pierre donc s’adresse à une communauté qui n’a pas directement connu le Christ…

« Dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître »… Il sait de quoi il parle lui qui par trois fois à renié le Christ et qui pourtant s’est vu confier son Eglise !

Ces deux textes sont très importants et pourtant l’Evangile à lui seul est construit pour être transposé dans nos vies de femmes et d’hommes du 21ème siècle…

Ce Thomas qui ne veut pas croire sans avoir vu…
Ne nous retrouvons nous pas nous aussi dans cet homme qui a besoin de voir, de toucher le Christ pour pouvoir y croire…

Son nom veut dire « Jumeau »…
21 siècles plus tard ne sommes nous pas les jumeaux de cet homme quand nous doutons ?

Alors oui nous croyons… C’est notre héritage chrétien…
Mais parfois, quand nous voyons comment va notre monde nous voudrions bien toucher nous aussi… Pouvoir – ne fut-ce que quelques instants – rencontrer le Christ en tête à tête pour être surs qu’il est bien là, près de nous et que dans ce monde difficile il est réellement à nos côtés quand les choses ne vont pas comme nous le voudrions.

« Heureux celui qui croit sans avoir vu » nous dit le Christ.

Ce n’est pas une espère de pied de nez qu’Il nous fait comme pour nous dire qu’Il ne veut pas se montrer et qu’il compte sur notre patience avant de nous récompenser par sa rencontre.

Je vous rappelle que c’est Dieu qui aime le premier.
Ce n’est pas à force de mérite que nous le rencontrerons.

Il est déjà présent parmi nous et se donne à nous dans chaque sacrement que nous vivons à commencer par celui de la Messe…

Comme Thomas nous pouvons décider de temps en temps de ne pas y aller… et ces « temps en temps » peuvent être aussi nombreux que nous le souhaitons… 
Mais alors, c’est nous qui nous éloignons de Dieu et pas l’inverse… C’est nous qui déclinons son invitation à le rencontrer, c’est nous qui refusons la chance qui nous est offerte de nous laisser interpeler par Sa Parole, cette Parole qui peut changer nos vies comme elle a changé la vie de tants d’hommes et de femmes au travers des âges…

A chacun de nous le Christ dit : « Cesse d’être incrédule, sois croyant ! »

Nous sommes toujours sur le chemin de Pâques…
Ouvrons nos cœurs et nos esprits à la présence de Dieu…
Cessons de tout rationaliser et laissons nous interpeler par cette Parole qui peut tout changer.


Amen