dimanche 12 mai 2013

2013-05-12 - C - 7ème dimanche de Pâques - La grande prière de Jésus « Qu'ils soient un comme nous sommes un » (Jn 17, 20-26)



7ème dimanche de Pâques

La grande prière de Jésus




1ère lecture : Étienne, pendant son martyre, voit Jésus à la droite de Dieu (Ac 7, 55-60)



Lecture du livre des Actes des Apôtres



Étienne était en face de ses accusateurs. Rempli de l’Esprit Saint, il regardait vers le ciel ; il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu.
Il déclara : « Voici que je contemple les cieux ouverts : le Fils de l'homme est debout à la droite de Dieu. »
Ceux qui étaient là se bouchèrent les oreilles et se mirent à pousser de grands cris ; tous à la fois, ils se précipitèrent sur lui, l'entraînèrent hors de la ville et commencèrent à lui jeter des pierres. Les témoins avaient mis leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme appelé Saul.
Étienne, pendant qu'on le lapidait, priait ainsi : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. »
Puis il se mit à genoux et s'écria d'une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Et, après cette parole, il s'endormit dans la mort.

2ème lecture : « Viens Seigneur Jésus » (brève : 12...17) (Ap 22, 12-14.16-20)



Lecture de l'Apocalypse de saint Jean



Moi, Jean, j'ai entendu une voix qui me disait : « Voici que je viens sans tarder, et j'apporte avec moi le salaire que je vais donner à chacun selon ce qu'il aura fait. Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs vêtements pour avoir droit aux fruits de l'arbre de vie, et pouvoir franchir les portes de la cité.

Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange vous apporter ce témoignage au sujet des Églises. Je suis le descendant, le rejeton de David, l'étoile resplendissante du matin. »

L'Esprit et l'Épouse disent : «Viens ! » Celui qui entend, qu'il dise aussi : « Viens ! » Celui qui a soif, qu'il approche. Celui qui le désire, qu'il boive l'eau de la vie, gratuitement.

Et moi, je témoigne devant tout homme qui écoute les paroles de la prophétie écrite dans ce livre : si quelqu'un inflige une addition à ce message, Dieu lui infligera les fléaux dont parle ce livre ; et si quelqu'un enlève des paroles à ce livre de prophétie, Dieu lui enlèvera sa part des fruits de l'arbre de vie et sa place dans la cité sainte dont parle ce livre.

Et celui qui témoigne de tout cela déclare : « Oui, je viens sans tarder. » — Amen ! Viens, Seigneur Jésus !


Evangile : La grande prière de Jésus : « Qu'ils soient un comme nous sommes un » (Jn 17, 20-26)



Alléluia. Alléluia.

Le Seigneur ne vous laisse pas orphelins : il reviendra vers vous, alors votre cœur connaîtra la joie.

Alléluia (cf. Jn 14, 18)



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean



À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, les yeux levés au ciel, il priait ainsi : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi. Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un : moi en eux, et toi en moi. Que leur unité soit parfaite ; ainsi, le monde saura que tu m'as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé.

Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu'ils contemplent ma gloire, celle que tu m'as donnée parce que tu m'as aimé avant même la création du monde. Père juste, le monde ne t'a pas connu, mais moi je t'ai connu, et ils ont reconnu, eux aussi, que tu m'as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître encore, pour qu'ils aient en eux l'amour dont tu m'as aimé, et que moi aussi, je sois en eux. »


C’est à l’unité des chrétiens que nous appellent les textes de ce septième dimanche de Pâques…

Il y a déjà sept semaines que nous avons fêté la résurrection…

Nous souvenons nous toujours de cet évènement que nous avons fêté ensemble, avec beaucoup de joie dans le cœur ?

Le temps de Carême nous avait permis de nous y préparer, pour nous amener à cet instant fondamental pour toute vie chrétienne : La résurrection de notre Seigneur Jésus Christ.

Mais depuis ?

Malgré le fait que de semaine en semaine nous entendons « second dimanche de Pâques », « troisième dimanche de Pâques », etc… etc… pour en arriver aujourd’hui au septième dimanche de Pâques, avons-nous continué à vivre dans la joie de cet évènement majeur ?

N’est il pas, comme beaucoup d’évènement heureux de nos vies, passé dans les chapitres du déjà vécu et dont on ne fait que se souvenir que de très loin plus le temps passe.

Et pourtant, la résurrection n’a rien de banal…

Si les textes nous permettent de la redécouvrir d’année en année ce n’est pas pour en faire une rengaine, quelque chose qu’on répèterait d’année en année comme on une leçon pour des enfants qu’on leur rabâche jusqu’à ce qu’elle soit bien entrée dans la tête.

Si les textes nous reviennent ainsi c’est pour nous aider à garder la joie tout au long d’une année dans ce monde où la vie de nombre d’entre nous ressemblé d’avantage à lune lutte qu’à une fête.

N’oublions tout de même pas que vivre sa foi en toute liberté pour les chrétiens n’est possible que sous nos latitudes.

Les chiffres nous parlent de deux cent millions de chrétiens de par le monde qui sont montrés du doigt, humiliés, maltraités et parfois torturés ou assassinés au nom de leur foi !

Les semaines de Pâques qui se succèdent nous amènent, jour après jour, dimanche après dimanche, des textes qui sont là pour nous rappeler que c’est l’Amour de Dieu qui nous est une nouvelle fois offert, que c’est lui qui – si nous le voulons bien – peut nous guider, nous éclairer et nous rendre heureux dans notre vie quotidienne quels que soient les épreuves de nos vies.

Mais combien sommes-nous à le vouloir réellement ?

Sitôt sortis de la veillée Pascale ou sitôt sortis de la messe du jour de Pâques, à peine avions nous terminé de partager cet évènement énorme, combien ne sommes nous pas à être retournés à nos quotidiens ?

Combien d’entre nous ont alors acceptés de laisser éclairer nos problèmes de travail, de famille, de santé, et… etc.… par cet Amour qui nous était offert et qui pouvait tout changer ?

Pourquoi sommes-nous tellement réfractaire à nous laisser transformer par l’Amour de Dieu ?

Bon sang de bonsoir, ce n’est quand même pas rien !

Dieu nous donne la méthode pour nous rendre heureux, nous permettre de dépasser nos quotidiens parfois si compliqués ou douloureux et la majeure partie du temps nous la refusons tous simplement !

Il n’y a pas à nous lamenter d’avantage, nous sommes ainsi faits !

Notre humanité est ainsi faite qu’il lui faut du temps pour se rendre compte de ce qui est vraiment important, de ce qui est vraiment essentiel à son bonheur.

Nous disons faire confiance à Dieu, avoir la volonté de lui laisser la première place et sitôt sommes nous sortis de l’église que nous reprenons le volant de nos vies en ne nous souvenant déjà plus des indispensables commandements d’amour que nous à laissé le Seigneur quelques instants plus tôt.

Mais alors…

Comment pouvons-nous être crédibles aux yeux du monde si nous ne sommes pas de vrais témoins de l’Evangile ?

Comment pouvons-nous permettre à nos frères de venir ou revenir à Dieu si nous leur montrons des chrétiens aux mines tristes et défaites ?

A leurs yeux, qu’est-ce qui différencie alors leur vie de la notre ?
Nous nous plaignons du fait que nos églises se vident ou ne se remplissent plus - ce qui revient au même -, mais combien sommes nous à donner de notre Dieu une image de sauveur, combien sommes nous à donner de Lui une image de d’unité, de solidarité, mais surtout de bonheur avant tout ?

Une fois de plus c’est notre humanité qui nous rattrape…

Nous nous disputons dans nos familles pour telle ou telle raison, nous regardons nos collègues de travail de travers parce que ceci ou cela, nous nous disputons même dans nos églises en revendiquant parfois la « propriété » de telle ou telle mission et en oubliant qu’au final nous sommes tous là pour servir Dieu et nos frères !

Mais ce n’est pas une fatalité et nous pouvons changer tout cela !
Mais pour cela il faut le vouloir !

Comme le Christ il nous faut accepter de passer derrière…

Comme Lui, il faut accepter que celles et ceux qui nous entourent ne soient pas parfaits en nous souvenant qu’à leurs yeux – et aux yeux de Dieu - nous ne le sommes pas non plus.

Comme Lui, il faut accepter que certains puissent tomber – plusieurs fois sans doute – pour mieux se relever, en nous souvenant que nous  aussi nous tombons parfois et que pourtant Dieu n’est jamais descendu pour nous le reprocher comme nous savons si bien le faire aux autres.

Comme lui, il faut accepter d’être le serviteur inutile, celui qui contribue à la grandeur de l’Eglise dans l’ombre des autres, en faisant tout pour ne jamais être à la première place et en refusant les honneurs inutiles d’un monde qui passe.

Mais, me direz-vous, ce n’est pas facile !

Nous aimons avoir raison…
Nous aimons être les plus forts…
Nous aimons les premières places et les honneurs…

Une fois encore, c’est notre humanité qui nous rattrape…

Nous sommes dans un monde qui refuse de comprendre que l’Amour de Dieu ne se trouve pas sur le même registre que le notre.

Dieu nous aime sans condition !

Ca veut dire qu’il ne nous aime pas parce que nous l’aimons, Il nous aime un point c’est tout.

Mais comme je l’ai dit plus haut : Ce n’est pas une fatalité et nous pouvons changer tout cela.

C’est le texte d’Evangile qui nous le dit !

« Père (…), le monde ne t'a pas connu, (…) . Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître encore… »

Dans ce texte pour comprendre les choses, il faut remplacer « connu » par « aimé »…

« Père (…), le monde ne t’a pas aimé, (…) . Je leur ai fait aimer ton non, et je le ferai aimer encore… »

Le Christ connaissait notre humanité et notre difficulté à accepter l’Amour de Dieu, cet amour sans condition.

La recette est donc « simple » si j’ose dire !

Il suffit de se laisser aimer de Dieu tels que nous sommes… Avec nos qualités et nos limites !

Certes les exemples sont j’ai parlé plus haut sont là pour nous montrer que ce n’est pas aussi évident qu’il y paraît.

Pourtant c’est bien là que se trouve la clef du bonheur de chacun d’entre nous et de l’unité de notre Eglise !

Acceptons – essayons tout du moins - de ne plus être le centre de notre monde.

Dans quelques instants, ensemble, nous allons communier au corps du Christ.
A cet instant, prions le, prions le de nous aider à nous transformer pour qu’une fois les portes de cette église franchie nous gardions le sourire que confère l’Amour de Dieu, ce sourire qui dira au monde que dieu l’Aime !

Amen.

jeudi 9 mai 2013

2013-05-09 - C - Ascension - Les dernières paroles et l'Ascension de Jésus (Lc 24, 46-53)



Ascension

Solennité du Seigneur



1ère lecture : L'Ascension du Seigneur (Ac 1, 1-11)



Commencement du livre des Actes des Apôtres



Mon cher Théophile, dans mon premier livre j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement, jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel après avoir, dans l'Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu'il avait choisis. C'est à eux qu'il s'était montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur était apparu, et leur avait parlé du royaume de Dieu.

Au cours d'un repas qu'il prenait avec eux, il leur donna l'ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre ce que le Père avait promis. Il leur disait : « C'est la promesse que vous avez entendue de ma bouche. Jean a baptisé avec de l'eau ; mais vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés d'ici quelques jours. »
Réunis autour de lui, les Apôtres lui demandaient : « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? »
Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les délais et les dates que le Père a fixés dans sa liberté souveraine. Mais vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. »
Après ces paroles, ils le virent s'élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s'en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se tenaient devant eux et disaient : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel. »

2ème lecture : Le Christ est entré dans le sanctuaire du ciel (He 9, 24-28; 10, 19-23)



Lecture de la lettre aux Hébreux



Le Christ n'est pas entré dans un sanctuaire construit par les hommes, qui ne peut être qu'une copie du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu. Il n'a pas à recommencer plusieurs fois son sacrifice, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n'était pas le sien ; car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis le commencement du monde. Mais c'est une fois pour toutes, au temps de l'accomplissement, qu'il s'est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice. Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois, puis de comparaître pour le jugement, ainsi le Christ, après s'être offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude, apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l'attendent.

C'est avec pleine assurance que nous pouvons entrer au sanctuaire du ciel grâce au sang de Jésus : nous avons là une voie nouvelle et vivante qu'il a inaugurée en pénétrant au-delà du rideau du Sanctuaire, c'est-à-dire de sa condition humaine. Et nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui est établi sur la maison de Dieu. Avançons-nous donc vers Dieu avec un cœur sincère, et dans la certitude que donne la foi, le cœur purifié de ce qui souille notre conscience, le corps lavé par une eau pure. Continuons sans fléchir d'affirmer notre espérance, car il est fidèle, celui qui a promis.


Evangile : Les dernières paroles et l'Ascension de Jésus (Lc 24, 46-53)



Alléluia. Alléluia.

Le Seigneur s'élève parmi les ovations, il s'élève au plus haut des cieux.

Alléluia (cf. Ps 46, 6.10)



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc



Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples, leur disait : « Il fallait que s'accomplisse ce qui était annoncé par l'Écriture ; les souffrances du Messie, sa résurrection d’entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. C'est vous qui en êtes les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une force venue d'en haut. »
Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Tandis qu'il les bénissait, il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, remplis de joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.




Cette année encore, c’est le jour de l’ascension que nous fêtons la profession de foi de vos enfants.

Et le texte d’Evangile qui est associé à cette fête peut vous paraître difficile à comprendre, d’un autre temps, dépassé, difficile à croire peut-être aussi…
On nous parle de résurrection, on nous parle d’Esprit Saint, on nous raconte même comment Jésus fut emporté au ciel…

Mais avant de tenter de vous expliquer en quoi ce texte rejoint la profession de foi de vos enfants, je voudrais revenir sur ce que je disais lors de la célébration de remise de croix que nous avons vécue avec vos enfants le 27 Avril dernier.

Ce gros livre qui s’appelle la Bible et que bien souvent nous laissons prendre la poussière sur une étagère, dans le fond d’un tiroir, ou pire : dont nous nous sommes débarrassés depuis bien longtemps faute de le trouver intéressant,  et bien ce gros livre est pourtant une vraie mine de bonheur.

C’est vrai, il n’est pas toujours facile à prime abord de comprendre tous les textes qu’elle contient…
Et pourtant la Bible n’est pas réservée à une espèce d’élite qui serait la seule à la comprendre ou à des « béni oui oui » qui feraient semblant de la trouver géniale mais qui n’y comprendraient rien non plus.

Et c’est vrai, c’est peut être un livre auquel, tout du moins au début, il faut s’accrocher un peu…

Mais puisque c’est le livre le plus traduit au monde, c’est peut être pour une bonne raison…
Et puisque de par le monde tant de gens le lisent et y trouvent du sens, c’est peut-être pour une bonne raison…
Si malgré les siècles, c’est toujours le livre le plus offert et le livre le plus vendu, c’est peut-être pour une bonne raison…

Si nous savons prendre le temps nécessaire à sa découverte et que nous arrêtons, de temps en temps, pour lire quelques passages – de temps en temps mais régulièrement quand même, alors très vite nous comprenons que chacun des textes qui y ont été écrits peuvent nous parler, nous rejoindre.

La plupart d’entre eux ont beau avoir été écrits il y a plus de deux mille ans, chaque fois que nous ouvrons ce gros livre, même au hasard, nous pouvons trouver un texte qui rejoint notre actualité, nos joies mais aussi nos peines, nos vies…

Et si nous savons prendre cette habitude dont je viens de parler, si régulièrement nous décidons d’éteindre cette foutue télévision qui nous gave  et nous abrutie chaque jour d’avantage de programmes idiots ou d’informations bien plus orientées vers le sensationnels que vers la réalité, si nous acceptons de prendre le temps de lire ces textes et de les laisser nous parler, alors très vite nous verrons que non seulement ils rejoignent notre vie, mais qu’également ils apportent bien souvent la lumière sur les évènements heureux ou malheureux de nos vies et nous remplissent de paix qui conduit au bonheur.

Vous pensez que j’ai tort ?
Vous pensez que je suis un illuminé et que parce que je suis catho mes idées sont déformées, voir que je joue le rôle d’un commercial sensé vous vendre sa tambouille ?

Et bien essayez… Essayer donc pour voir !
Avec vos enfants que vous avez conduits à la profession de foi, prenez le temps d’ouvrir la Bible et laissez là vous interpeler par ce qu’elle contient…

Et puisque j’ai dit tout à l’heure, que très souvent les textes rejoignent le quotidien de nos vies, peut-être quelques uns d’entre vous se demandent ils en quoi ce texte peut bien rejoindre la profession de foi de leurs enfants…





Dans quelques instants, tous ces jeunes vont dire eux-mêmes qu’ils croient en Dieu et qu’ils veulent prendre la suite du Christ…

Dans quelques instants, ils vont prendre votre relais, Parents, Parrains et Marraines.

Au jour de leur baptême c’est vous qui avez décidé eux.
Et bien aujourd’hui, ce sont eux qui vont décider, ce sont eux qui vont dire qu’ils croient.

Alors me direz-vous : « Du haut de leur douze ans, Que savent-ils de la vie et en quoi peuvent-ils bien croire ? »

Et vous avez raison !

Du haut de leur douze ans, c’est vrai, ils ne savent pas encore tous facilement mettre des mots sur ce qu’ils ressentent et pourtant ils ressentent bien des choses.

Au début de l’année, lors de la réunion de présentation de ce cathé de 6ème, je me souviens vous avoir invités, vous les parents de ces jeunes, à prendre ne fut-ce qu’un quart d’heure avec vos enfants pour leur dire tout d’abord pourquoi vous, vous vouliez qu’ils fassent leur profession de foi, mais aussi pour les écouter sur les raisons qui les animent eux.

Il n’est jamais trop tard et si par pudeur, parce qu’on n’ose pas facilement parler de ces choses là, vous ne l’avez pas encore fait, et bien pensez à le faire dans les jours qui viennent.

Il est fort probable que nombre d’entre eux commenceront par vous répondre que les cadeaux que vous allez leur faire aujourd’hui, sont leur première motivation, au moins auront-ils l’honnêteté que nous, adultes, nous n’avons pas toujours…

Mais si vous creusez un peu, si vous les écoutez suffisamment, alors vous constaterez comme nous l’avons fait au long de cette année de catéchèse ou encore comme avec leurs animateurs nous l’avons fait pendant la retraite de profession de foi, vous constaterez qu’ils savent bien mieux que nous ne l’imaginons, qui est Jésus et ce que représente leur engagement de chrétien.

Alors effectivement, comme je le disais au début de cette homélie, l’Evangile d’aujourd’hui nous parle de résurrection, et de montée au ciel de Jésus…
Mais au milieu de ce texte, sans que nous l’ayons sans doute remarquée, il y a une phrase qui s’adapte particulièrement à cette journée de profession de foi : « C'est vous qui en êtes les témoins. »

A leur tour, comme des millions et des millions de chrétiens depuis deux mille ans, ils seront maintenant les témoins du Christ dans le monde qui nous entoure…

A leur tour, ils vont s’engager à travailler, là où ils se trouvent, avec leurs qualités mais aussi avec leurs limites, à faire de leur mieux pour que le monde qui les entoure soit meilleur.

C’est ca, et non tous les biens matériels de notre monde qui va les rendre réellement heureux.

Les plus beaux jeux vidéo du monde, les plus grands écrans à led, et les plus puissants des ordinateurs ne leur apporteront jamais qu’un bonheur futile et tellement limité dans le temps…

Seul l’amour que l’on donne aux autres, seul l’engagement dans les pas du Christ garantissent un vrai bonheur qui durera et les rendra vraiment heureux tout au long de leur vie.

Et là vous vous dites peut-être que je vous sers à nouveau mes beaux discours de chrétiens idéalistes ou de béni oui-oui dépassé…

Et bien pour vous convaincre que c’est la vérité, je vous invite à penser quelques instants à des chrétiens bien connus comme l’Abbé Pierre, Sœur Emmanuelle, Mère Theresa et bien d’autres encore.

Alors certes, ils ne vivaient pas dans l’opulence que souvent nous imaginons être le bonheur pour nos enfants.

Mais même au fond de son bidon ville de Calcutta avez-vous vu autre chose sur le visage de Mère Theresa que des sourires ?

Et dans la bouche de Sœur Emmanuelle quand elle était avec ses chiffonniers du Caire avec vous entendu autre chose que des paroles bienveillantes ?

Alors non, l’Amour de Dieu ne rend pas riche, tout du moins au sens ou nous l’entendons et il est fort possible que si vos enfants continuent à le suivre le Christ ne les rendra pas milliardaires…

Mais ce qui est certain, c’est qu’à l’image de ces personnes que nous connaissons tous et dont je viens de parler, vos enfants seront des hommes et des femmes heureux et qui rendront le monde heureux autour d’eux.

Parents, Parrains, Marraines, réjouissez vous aujourd’hui !

Parce qu’ils grandissent, il peut vous sembler que vos enfants et filleuls commencent à vous échapper, mais il n’en est rien.

Ils ont toujours besoin de vous !
Ils ont beau décider par eux-mêmes, ils ont encore besoin de vos exemples pour les guider dans la vie ; Alors s’il vous plait, ne les laissez pas tomber, ne les laissez pas seuls face aux tentations matérielles de notre monde !

Vous qui les aimez, aidez les à garder en tête le chemin de l’église.
Aidez-les à venir se ressourcer régulièrement à la messe dominicale.

Ce n’est pas une option et si comme on l’entend souvent les meilleurs chrétiens ne sont pas forcément toujours dans les églises, c’est quand même un lieu où ils ont la possibilité de se ressourcer régulièrement pour reprendre la route.

L’Eglise est une sorte d’aire de repos indispensable sur la route du ciel…

On peut se dire qu’on n’est pas fatigué, qu’on n’a pas besoin de s’y reposer et de faire le plein…

Mais dans ce cas, on peut aussi prendre le risque de ne pas arriver à bon port ou de tomber en panne d’essence.

Et je vous rassure sur cette autoroute le carburant ne coûte pas cher !

Aujourd’hui pour vos enfants, pour vos filleuls, une nouvelle vie commence, une vie avec le Christ, une vie qui, même si elle rencontre parfois la difficulté ne sera au final qu’une vie de bonheur.

Amen.