dimanche 15 juin 2014

2014-06-15 - A - Sainte Trinité - « Dieu a tant aimé le monde...» (Jn 3, 16-18)


Sainte Trinité
Solennité du Seigneur
1ère lecture : Le Dieu tendre et miséricordieux se révèle à son peuple (Ex 34, 4b-6.8-9)
Lecture du livre de l'Exode
Moïse se leva de bon matin, et il gravit la montagne du Sinaï comme le Seigneur le lui avait ordonné.
Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer auprès de Moïse. Il proclama lui-même son nom ; il passa devant Moïse et proclama :
« YAHVÉ, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de fidélité. »
Aussitôt Moïse se prosterna jusqu'à terre, et il dit :
« S'il est vrai, Seigneur, que j'ai trouvé grâce devant toi, daigne marcher au milieu de nous. Oui, c'est un peuple à la tête dure ; mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous un peuple qui t'appartienne. »
2ème lecture : Dans l’amour trinitaire (2Co 13, 11-13)
Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens
Frères, soyez dans la joie, cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d'accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous.
Exprimez votre amitié en échangeant le baiser de paix. Tous les fidèles vous disent leur amitié.
Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu et la communion de l'Esprit Saint soient avec vous tous.
Evangile : « Dieu a tant aimé le monde...» (Jn 3, 16-18)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit : au Dieu qui est, qui était et qui vient ! Alléluia. (cf. Ap 1, 8)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.





Après la Pentecôte, nous voici au dimanche de la Sainte Trinité.
La Sainte Trinité… Le Père, le Fils et l’Esprit Saint.

Comme nous connaissons plutôt bien son histoire et puisque les artistes se sont ingéniés au fil des siècles à lui façonner un visage, nous imaginons assez facilement à quoi pouvait ressembler le Christ.

Par extension, nous arrivons parfois à nous faire une image du Père, mais c’est déjà plus difficile… Les quelques gravures qui le représentent lui donnent l’air d’un patriarche joufflu à la barbe blanche, ce qui représente assez largement la façon dont la majorité d’entre nous le voyons.

Mais quand on parle du Saint Esprit c’est plus compliqué…
La semaine dernière la première lecture, celle des actes des Apôtres nous le décrivait comme un souffle puissant puis une langue de feu qui se divisait pour rejoindre chacun des Apôtres.

De tous temps, les hommes ont cherché à mettre un visage sur Dieu.

Quand on demandait à la petite Bernadette de Lourdes de dire qui est Dieu, elle qui n’arrivait pas à retenir les définitions toutes faites des catéchismes scolaires de l’époque disait tout simplement : « Dieu… C’est quelqu’un qui nous aime ! »

Elle obtenait un Zéro de la part de son catéchiste parce qu’elle n’avait pas récité mots pour mots la définition de son livre de catéchisme, mais je pense qu’elle devait avoir un 20 dans le cœur de Dieu.

Car elle avait bien raison la petite Bernadette… Et elle qui n’avait pas la connaissance des érudits de son époque, elle qui avait le bonheur d’avoir une pauvreté d’âme qui la rendait perméable à l’Amour de Dieu l’avait bien compris : Dieu c’est effectivement quelqu’un qui nous aime ! Je devrais même dire que Dieu c’est UNIQUEMENT quelqu’un qui nous aime.

C’est exactement ce que nous dit la première lecture que nous venons d’entendre.

Ce que le texte ne nous dit pas, c’est que nous sommes dans le passage où le peuple vient de créer un veau d’or.

Ne pouvant mettre un visage sur ce Dieu qui l’accompagne, ne comprenant pas pourquoi il lui faut souffrir encore et encore dans le désert, ce peuple ne se souvient déjà plus que c’est pourtant ce Dieu qui l’a libéré du joug de Pharaon et a contribué à la faire sortir d’Egypte.

Une fois encore Dieu montre qu’il est avant tout un Dieu d’Amour.
Il ne blâme pas le peuple pour cet abandon, au contraire.
Le texte nous dit qu’il vint à la rencontre de Moïse… Une fois de plus c’est lui qui fait le premier pas.
Il se décrit à Moïse pour que le peuple puisse comprendre qui est ce Dieu qui chemine avec lui.

Ne sommes-nous pas un peu pareil ?
Quand nos chemins sont trop difficiles, quand nous trouvons que notre monde ne va pas bien ?
Certains d’entre nous perdent la foi…
Vous connaissez bien cette phrase que je cite souvent : « Si Dieu existait… Il n’y aurait pas ceci » ou « il ne se passerait pas cela » ces mots qui nous servent d’excuses quand nous préférons suivre nos commandements, quand nous préférons caler nos vies sur nos propres référentiels plutôt que ceux d’un Dieu qui, heureusement, nous aime malgré nous et continue inlassablement de nous envoyer des témoins de son amour…

Quand baisserons-nous la musique des voies sombres de notre temps pour les écouter ? Quand entendrons-nous ces voix qui nous disent l’Amour de Dieu ? Quand accepterons nous d’ouvrir les yeux et de voir les sourires sur leurs visages, ces sourires qui nous disent eux aussi l’amour de Dieu ?

Nous lui demandons des signes, des preuves de son existence et quand il nous les envoie nous fermons nos yeux et nos oreilles… Nous continuons à ne regarder notre monde que par ses difficultés, ses égoïsmes, ses violences, ses douleurs…


La seconde lecture est la suite toute trouvée et la réponse à toutes nos questions.

Nous avons deux manières de la lire…

Soit nous la trouvons niaises, hors du temps, ressemblant plus à un comte de fées qu’à la réalité de notre époque et nous retournerons aux difficultés de notre temps en ayant rien compris…

Soit nous la découvrons comme la recette du vrai bonheur et elle sera dans nos cœurs et nos esprits parmi les textes indispensables de la Bible, ces textes qui nous aident à voir le monde avec de nouveaux yeux : Ceux de l’Amour de Dieu.

La recette est tellement simple qu’elle nous semble incroyable : « Soyez dans la joie, cherchez la perfection, encourager-vous, soyez d’accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous »

Et une fois de plus vous vous dites peut-être que j’ai fumé… que je suis sur mon petit nuage et que je devrais un peu lever la tête de ma Bible et de mes autres livres religieux pour regarder le monde qui nous entoure avec ses égoïsmes, ses violences et ses douleurs.

Je sais tout cela… Je ne suis pas naïf…

La petite Bernadette le savait elle aussi…
La télévision n’existait pas alors et il est probable qu’on entendait moins parler des horreurs de notre monde et pourtant elles existaient tout autant qu’aujourd’hui.
Pourtant tous les contemporains de Bernadette s’accordaient à dire qu’elle avait toujours le visage serein, un visage qu’on aurait dit éclairé par Dieu en personne.

Et là vous vous dites que c’est normal puisqu’elle avait ce bonheur de voir et d’entendre la Sainte Vierge régulièrement…

Je crois pour ma part que c’est aussi – et même peut-être surtout – parce qu’elle avait décidé de ne pas passer sa vie à écouter les récits des horreurs dont sont capables les hommes ; parce qu’elle avait décidé de mettre en pratique les mots qui se trouvent dans cette seconde lecture.

Etre dans la joie… Chercher la perfection… Encourager ses frères… Se mettre en accord avec chacun… Chercher à vivre en paix…

Elle ne donnait pas l’impression d’avoir Dieu avec elle… Elle AVAIT Dieu avec elle…

Et comme chaque semaine le texte d’Evangile vient en conclusion, en point d’orgue des deux autres textes.

La conclusion est simple : Celui qui croit en Dieu, celui-là échappe au Jugement ! Celui qui ne VEUT PAS croire est déjà jugé !

Ce n’est pas une menace… C’est une simple réalité.

Celui qui croit en Dieu, ce Dieu d’amour qui nous aime, qui nous pardonne nos erreurs et nous invite à aimer et à pardonner nous aussi, celui-là est sauvé, car petite à petit il arrivera à placer ses pas dans ceux du Christ et à aimer lui aussi le monde comme Dieu l’aime… celui là accèdera un jour à la vie éternelle.

Celui qui ne croit pas en Dieu, celui qui ne veut pas croire que Dieu est Amour… Celui qui se détourne de Dieu et choisit de faire sa vie tout seul, sans Dieu, sans aimer les autres, sans leur pardonner, celui-là est déjà jugé et n’accèdera pas à la vie éternelle.

Encore une fois ce n’est pas une menace… C’est tout simplement une évidence.

Dieu ne classe pas les hommes en mettant les bons d’un côté et les mauvais de l’autre.

Ce sont les hommes eux-mêmes qui se classent.
Ceux qui refusent l’amour de Dieu sur cette terre ne le choisiront pas non plus au moment de leur mort.

Une fois encore le plus sur moyen de découvrir cet amour, de lui donner de plus en plus de place dans nos vies jusqu’à lui donner la première place, c’est de participer réellement à la vie de notre communauté chrétienne…

Lecture de la Parole de Dieu…
Prière…
Participation à l’Eucharistie mais aussi aux autres sacrements tels que celui du pardon.


Bernadette avait raison : « Dieu… C’est quelqu’un qui nous aime ! »
C’est à nous qu’il appartient de VOULOIR le découvrir.


Amen

dimanche 8 juin 2014

2014-06-08 - A - Pentecôte - Jésus ressuscité donne l'Esprit Saint à ses Apôtres (Jn 20, 19-23)


Pentecôte
Solennité du Seigneur
1ère lecture : La venue de l'Esprit Saint sur les disciples (Ac 2, 1-11)
Lecture du livre des Actes des Apôtres
Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie.
Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux.
Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.

Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue.
Déconcertés, émerveillés, ils disaient :
« Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ?
Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d'Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. »
2ème lecture : L'Esprit du Christ fait l'unité de l'Église dans la diversité (1Co 12, 3b-7.12-13)
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens
Frères,
sans le Saint-Esprit, personne n'est capable de dire : « Jésus est le Seigneur. »
Les dons de la grâce sont variés, mais c'est toujours le même Esprit.
Les fonctions dans l'Église sont variées, mais c'est toujours le même Seigneur.
Les activités sont variées, mais c'est toujours le même Dieu qui agit en tous.
Chacun reçoit le don de manifester l'Esprit en vue du bien de tous.

Prenons une comparaison : notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.
Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l'unique Esprit pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l'unique Esprit.
Evangile : Jésus ressuscité donne l'Esprit Saint à ses Apôtres(Jn 20, 19-23)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Viens, Esprit Saint ! Pénètre le cœur de tes fidèles ! Qu'ils soient brûlés au feu de ton amour !  Alléluia. (cf. Jn 14, 18; 16, 22)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint.
Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »





Depuis le temps qu’on nous l’annonce, la voici enfin ! Voici la fête de la Pentecôte !

Cinquante jours déjà que nous avons vécu la joie de Pâques et de la résurrection.
Qu’en reste-t-il dans nos esprits ?

Nos vies vont tellement vite que dès le mardi – heureusement le lundi était férié – dès le mardi chacun de nous est retourné à ses occupations, son ordinaire, en oubliant trop rapidement cette joie ressentie avec la résurrection.

Trop vite nous sommes repartis à nos routines, notre travail, nos occupations, nos ennuis aussi, oubliant alors de laisser Dieu éclairer nos vies quotidiennes de cette lumière nouvelle !

Et pourtant, les 7 dimanches qui viennent de passer ont été pour nous autant d’occasions de nous rappeler ces choses, de ne pas oublier que le Christ et mort pour nous, que c’est bien en le mettant au centre de nos vies, en lui confiant chacune de nos journées que nous mettons toutes les chances de notre côté, que nous garantissons le fait que jamais nous ne marcherons seuls dans la vie.

Nous voilà maintenant au jour de Pentecôte.
Il y a quelques jours nous avons vécu le moment, fort important lui aussi, de l’Ascension.

Après avoir pris le temps de nous enseigner les meilleurs façons de le retrouver dans La Parole de Dieu, la Prière et l’Eucharistie, le Christ nous a, à nous comme à ses premiers Apôtres, confié son Eglise.

Aujourd’hui, il nous envoie l’Esprit Saint, le Défenseur qui fait le chemin avec nous à chaque instant.

C’est dans le texte de la première lecture que nous retrouvons le récit que nous connaissons, que nous reconnaissons le mieux.

Les Apôtres sont réunis… Un bruit pareil à une tempête… Une langue de feu qui se partage pour rejoindre chacun d’entre eux…

Et les voilà qui se mettent à parler dans toutes sortes de langues qui leur étaient inconnues jusque là, ce qui déconcerte toutes les personnes présentes alors à Jérusalem « des juifs fervents issus de toutes les nations qui sont sous le ciel » comme nous dit le texte.

Vous ne le savez peut-être pas, mais bien avant d’être une fête chrétienne, le Pentecôte était une fête Juive et on la célébrait elle aussi cinquante jours après LA Pâque.

LA Pâque, c’est la libération physique du peuple Hébreu, le passage de l’esclavage en Egypte à la liberté de la terre promise.

Ce jour de Pentecôte donc, on venait de partout pour fêter le jour où Moïse avait reçu la loi et il est fort probable que tous ces gens n’avaient même jamais entendu parler de Jésus…

Ces deux fêtes dont donc intimement liées.

La Pentecôte nous montre une fois de plus, s’il en était besoin, que notre Dieu n’est pas le Dieu d’un seul peuple mais bel et bien le Dieu de tous les hommes.

C’est aussi ce que nous rappelle Saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens : « Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps » et Paul de poursuivre « Tous, Juifs ou Païens, esclaves ou hommes libres, nous avons tous été baptisés dans l’unique Esprit pour former un seul corps »

C’est écrit noir sur blanc, ou presque : Nous sommes tous égaux !
Ce Dieu qui nous anime, nous les chrétiens est bel et bien le Dieu de tous les hommes, un Dieu qui nous aime nous, un Dieu qui aime tous les hommes.

La comparaison du corps ne s’arrête d’ailleurs pas là.

Nous l’avons entendu, tous les membres forment un seul corps…
Ils sont pourtant bien différents… Le bras ne ressemble pas à la jambe, la jambe à la tête etc. etc.

Ils ont beau être différents, s’il en manque un, le corps ne fonctionne plus pareil voir plus du tout.

Les hommes, quelque soit leur origine, leur rang social, leur couleur de peau et même leur religion, forment le corps de Dieu.

Ils ne se ressemblent pas forcément c’est vrai… Mais ils ont beau ne pas se ressembler ils sont tout aussi indispensables à Dieu que le sont nos membres pour notre propre corps.

« C’est bien beau tout cela » me direz-vous « mais l’histoire de l’humanité est là pour nous montrer que ce n’est pas toujours facile d’accorder tous les « membres » de l’Eglise et encore moins de l’humanité »

Et pourtant il en est bien ainsi… Chacun d’entre nous est important pour Dieu.

Ce jour de pentecôte est là pour nous rappeler que nous devons sortir de nos carcans pour aller à la rencontre des autres membres de l’Eglise.

Nous ne faisons pas avancer l’Eglise de Dieu si nous restons tout le temps entre croyants.

Le Christ n’a pas construit son Eglise en restant dans le confort de ses proches mais bel et bien en allant à la rencontre de celles et ceux qui sont importants pour Dieu et que bien souvent les hommes, eux, rejettent.

En ce jour de pentecôte l’Esprit Saint, le Défenseur,  nous est donné à nous aussi pour que nous ayons le courage, à notre tour de prendre la route.

Pas facile c’est vrai… Dangereux ? Oui, Parfois !
Mais que peut-il réellement nous arriver de mal puisque Dieu est à nos côtés ?

Sa présence est réellement une source de Paix et de Joie dans toutes les circonstances heureuses ET malheureuses de la vie.

« Le diacre il s’emballe encore… C’est que la vie n’est pas facile… Chômage, violence, maladie… C’est ca la vraie vie… et c’est dur »

Alors oui, la vie est parfois difficile… Mais la peur n’évite pas le danger…
Ce n’est pas parce que nous savons tout cela que nous allons nous en prémunir en amassant des richesses et en restant enfermés chez nous auprès de celles et ceux qui pensent comme nous… Sans faire de vague…

Alors oui, la vie est parfois difficile… Mais alors pourquoi est-ce que quand on demande à ceux qui connaissent de lourdes difficultés mais qui ont vécu la vraie rencontre avec Dieu ; pourquoi quand on leur demande ce qu’ils en pensent, ils ont toujours le sourire ?

Chacun d’entre nous j’en suis sur, à ou a eu dans son entourage proche quelqu’un qui a vécu de grosses difficultés et qui nous a stupéfait par son sourire et sa joie de vivre.

Oui, la présence de Dieu est réellement une source de Paix et de Joie dans toutes les circonstances heureuses ou malheureuses de la vie.

Nous voulons faire sa rencontre nous aussi ?
Prière… Parole… Eucharistie…
Si nous voulons nous aussi découvrir cette Paix et cette Joie, alors donnons à Dieu la possibilité de nous rejoindre… Laissons-lui ouverte la porte de notre cœur.


Nous aussi, Dieu nous comble de l’Esprit Saint.

Après nous avoir longuement « éduqués », dit et redit quels étaient les moyens pour percevoir sa présence à nos côtés dans le quotidien de notre existence,  Dieu nous donne l’Esprit Saint pour nous aider nous aussi à nous engager sur les chemins où le Christ nous envoie avec la certitude que plus jamais nous ne serons seuls.


Amen

dimanche 1 juin 2014

2014-06-01 - A - 7° Dimanche de Pâques - La grande prière de Jésus « Père, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1-11a)


7ème Dimanche de Pâques
1ère lecture : Les disciples réunis dans la prière après l'Ascension (Ac 1, 12-14)
Lecture du livre des Actes des Apôtres
Les Apôtres, après avoir vu Jésus s'en aller vers le ciel, retournèrent du mont des Oliviers à Jérusalem, qui n'est pas loin. (La distance ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat.)
Arrivés dans la ville, ils montèrent à l'étage de la maison ; c'est là qu'ils se tenaient tous : Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, arthélemy et Matthieu, Jacques fils d'Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques.
D'un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères.
2ème lecture : Bienheureux les persécutés pour le Christ (1P 4, 13-16)
Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre
Mes bien-aimés, puisque vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d'être dans la joie et l'allégresse quand sa gloire se révélera.
Si l'on vous insulte à cause du nom du Christ, heureux êtes-vous, puisque l'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur vous.
Si l'on fait souffrir l'un de vous, que ce ne soit pas comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme dénonciateur.
Mais si c'est comme chrétien, qu'il n'ait pas de honte, et qu'il rende gloire à Dieu à cause de ce nom de chrétien.
Evangile : La grande prière de Jésus : « Père, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1-11a)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Seigneur ne vous laisse pas orphelins : il reviendra vers vous, alors votre cœur connaîtra la joie. Alléluia. (cf. Jn 14, 18; 16, 22)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il leva les yeux au ciel et pria ainsi : « Père, l'heure est venue. Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné autorité sur tout être vivant, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle, c'est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
Moi, je t'ai glorifié sur la terre en accomplissant l'œuvre que tu m'avais confiée.
Toi, Père, glorifie-moi maintenant auprès de toi : donne-moi la gloire que j'avais auprès de toi avant le commencement du monde.
J'ai fait connaître ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé fidèlement ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m'as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m'avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis venu d'auprès de toi, et ils ont cru que c'était toi qui m'avais envoyé.
Je prie pour eux ; ce n'est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m'as donnés : ils sont à toi, et tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui est à toi est à moi, et je trouve ma gloire en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »





Nous venons de vivre l’Ascension et nous sommes maintenant dans la dernière ligne droite vers la Pentecôte.

Au soir du Jeudi Saint, quand nous avons entendu les derniers textes menant à l’arrestation de Jésus puis à son jugement et sa crucifixion nous avions un sentiment d’accomplissement…

Tout était alors joué et nous savions que les heures qui allaient arriver passeraient par le chemin de la Passion pour nous conduire inévitablement à la résurrection qui est le fondement de notre foi chrétienne.

Depuis plusieurs semaines les textes nous conduisent à ce dimanche et si nous les avons bien écoutés, ces textes nous donnent eux aussi un goût d’accomplissement mêlé de quelques dernières recommandations.

Ces recommandations – commençons par là - se trouvent dans la seconde lecture.

A son époque déjà, Saint Pierre prédisait de nombreuses souffrances pour les chrétiens.
« Si l’on vous insulte à cause du nom du Christ, heureux êtes-vous »
« Si l’on fait souffrir l’un de vous… Si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu à cause de son nom de chrétien. »

Vu de notre vingt et unième siècle nous trouvons peut-être qu’il y va fort… Être heureux, rendre gloire quand on nous fait souffrir… C’est « un peu » difficile…
Nombreux sont, encore aujourd’hui, de par le monde, les chrétiens qui souffrent pour leur foi.

Bizarrement, ils ne font pas ou tellement peu la unes de nos journaux qui leur préfèrent la poussée des extrêmes aux élections, ou les malversations en tous genres des partis politiques historiques, aux souffrances des chrétiens.
Je sais que je l’ai déjà dit et que ca peut paraître rengaine, mais nombre de nos frères chrétiens souffrent de par le monde souvent dans la plus grande indifférence, sacrifiés sur l’Autel de l’audimat de nos médias.

Sont ils heureux ces chrétiens ? Non, c’est sur !
Ils souffrent et tout le monde – ou presque – s’en fou !

Et pourtant ils sont nombreux à continuer à prier est à espérer… Ils sont encore plus nombreux, malgré les souffrances, à refuser d’abjurer leur foi en Jésus Christ.

Sont-ils fous ?
Je ne suis pas sur que nous saurions en faire autant…
Le monde qui nous entoure est de plus en plus égoïste… c’est souvent le règne du chacun pour soi et dieu pour tous… S’il existe…

Et bien, tous ces chrétiens sont l’exemple que nous donne Saint Pierre dans la seconde lecture, ces hommes et ces femmes, pour qui nous devons continuer à prier, qui souvent vivent la peur au ventre mais qui tiennent bon parce qu’ils ont Dieu pour compagnon de route dans leur quotidien…

C’est sans doute un concept qui est bien loin de nos perceptions, mais cela doit nous interpeler, nous qui vivons encore - mais pour combien de temps - dans un pays où même si nous sommes parfois raillés, il nous est encore possible de vivre notre foi sans craindre pour notre vie.

Mais les textes de ce dimanche ne se résument pas à cet exemple de foi, à ces quelques recommandations dont je parlais tout à l’heure.

Je parlais aussi d’une sensation d’accomplissement… C’est ce que nous entendons dans la première lecture…

Le Christ vient de quitter notre monde en laissant son Eglise à ses Apôtres.
Si le texte cite leurs prénoms un par un, c’est pour nous redire qu’ils étaient les compagnons de la première heure, ceux qui ont cheminé avec le Christ en personne et qui maintenant sont dépositaire de l’Eglise et du message d’Amour de Dieu.

Dorénavant, comme ils le font dans ce texte, ils se retrouveront toujours dans la prière avant de commencer quoique ce soit au nom du Christ.
Ils ne peuvent pas partir en mission sans ce temps de prière ; c’est par là qu’il leur faut systématiquement commencer.

Et il en est de même pour nous.
Prions-nous Dieu avant de commencer notre journée ?
Est-ce que nous la lui offrons nous avant qu’elle ne commence pour qu’elle soit réellement ce qu’Il veut en faire ou est-ce que nous fonçons tête baissée en tentant toujours de tout résoudre par nous même avant de nous en remettre à Dieu, quand nous n’oublions pas tout simplement de nous adresser à lui ?

Prier, ce n’est pas d’abord adresser nos demandes à Dieu ; Cela nous fait sans doute du bien de le faire mais il est notre Père, et il sait bien mieux que nous ce dont nous avons réellement besoin.

Le plus important dans la prière, c’est de nous accorder à l’amour de Dieu et de le laisser nous en imprégner.

Tout comme les Apôtres dans la première lecture, il est donc indispensable de nous en remettre à Lui dans la prière avant toute chose chaque jour.

Comme bien souvent l’Evangile de ce jour fait écho à cette première lecture.

Nous parlions de prière ? Et bien le Christ lui-même nous montre l’exemple…
Nous l’avons vu prier longuement au jardin des oliviers avant son arrestation ; Et bien une nouvelle fois nous le retrouvons en prière… Tout est accompli… Il va quitter notre monde et plus personne ne le reverra… Mais avant cela il s’en remet au Père.

Le Père et le Fils sont lié c’est ce que nous dit cette belle prière.

Sa mort sur la croix n’a pas été un échec mais la grande victoire de l’amour sur la mort et le péché.
Comme le voulait Le Père, La Parole a été transmise aux plus petits, et le relais est maintenant assuré par l’intermédiaire des Apôtres que le Christ n’a cessé d’enseigner, particulièrement ces dernières semaines dans tous les textes que nous avons entendu.

La prière de Jésus n’est pas une demande, c’est avant tout une prière de remerciements !

Dans ce texte nous découvrons ce que doit être une vraie prière.
Trop souvent, nous nous plaignons de ce qui ne va pas et nous demandons au Seigneur de nous aider… Souvent d’ailleurs à notre façon d’avantage qu’à la sienne.

Ce texte nous rappelle que la plus belle forme de prière c’est la louange et l’action de grâce. Et c’est le Christ lui-même qui nous montre l’exemple : Remercier avant de demander… Remercier pour tout ce que le Père nous donne et auquel nous sommes souvent tellement habitués que nous ne le remarquons même plus… Remercier avant de demander pour être sur de bien caler nos cœurs sur celui du Père et ainsi lui demander ce qu’il convient de lui demander et non pas des futilités.

Peut-être l’avez vous remarqué, le texte de la première lecture nous disait que la Vierge Marie était aux côtés des Apôtres tandis qu’ils priaient.

Elle est également présente dans l’Eglise d’aujourd’hui pour accompagner et soutenir nos prières.
Elle nous dit à nous aujourd’hui ce qu’elle disait aux serviteurs de la fête lors des noces de Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira ! ».
A nous de jouer maintenant.


Amen