dimanche 17 février 2013

2013-02-17 - C - 1er dimanche de Carême - La tentation de Jésus (Lc 4, 1-13)



1er dimanche de Carême


La tentation de Jésus



1ère lecture : La profession de foi du peuple d'Israël (Dt 26, 4-10)

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple d'Israël : Lorsque tu présenteras les prémices de tes récoltes, le prêtre recevra de tes mains la corbeille et la déposera devant l'autel du Seigneur ton Dieu.
Tu prononceras ces paroles devant le Seigneur ton Dieu : « Mon père était un Araméen vagabond, qui descendit en Égypte : il y vécut en immigré avec son petit clan. C'est là qu'il est devenu une grande nation, puissante et nombreuse.
Les Égyptiens nous ont maltraités, et réduits à la pauvreté ; ils nous ont imposé un dur esclavage.
Nous avons crié vers le Seigneur, le Dieu de nos pères. Il a entendu notre voix, il a vu que nous étions pauvres, malheureux, opprimés.
Le Seigneur nous a fait sortir d'Égypte par la force de sa main et la vigueur de son bras, par des actions terrifiantes, des signes et des prodiges.
Il nous a conduits dans ce lieu et nous a donné ce pays, un pays ruisselant de lait et de miel.
Et voici maintenant que j'apporte les prémices des produits du sol que tu m'as donné, Seigneur. »

2ème lecture : La profession de foi en Jésus Christ (Rm 10, 8-13)
                       
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frère, nous lisons dans l'Écriture : La Parole est près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur. Cette Parole, c'est le message de la foi que nous proclamons.
Donc, si tu affirmes de ta bouche que Jésus est Seigneur, si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, alors tu seras sauvé.
Celui qui croit du fond de son cœur devient juste ; celui qui, de sa bouche, affirme sa foi parvient au salut.
En effet, l'Écriture dit : Lors du jugement, aucun de ceux qui croient en lui n'aura à le regretter.
Ainsi, entre les Juifs et les païens, il n'y a pas de différence : tous ont le même Seigneur, généreux envers tous ceux qui l'invoquent.
Il est écrit en effet, tous ceux qui invoqueront le nom du Seigneur seront sauvés.


Evangile : La tentation de Jésus (Lc 4, 1-13)

Acclamation : Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.
L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole venant de la bouche de Dieu.
Acclamation : Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. (cf. Mt 4, 19)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Après son baptême, Jésus, rempli de l'Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; il fut conduit par l'Esprit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut mis à l'épreuve par le démon. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.
Le démon lui dit alors : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. »
Jésus répondit : « Il est écrit : Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre. »
Le démon l'emmena alors plus haut, et lui fit voir d'un seul regard tous les royaumes de la terre.
Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir, et la gloire de ces royaumes, car cela m'appartient et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »
Jésus lui répondit : « Il est écrit : Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu, et c'est lui seul que tu adoreras. »
Puis le démon le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi à ses anges l'ordre de te garder ; et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Jésus répondit : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le démon s'éloigna de Jésus jusqu'au moment fixé.


Ca y est, cette fois nous sommes en Carême… C’est le premier dimanche de Carême…

Chaque année, quand commence ce temps fort de préparation à Pâques, nous prenons de bonnes résolutions « Ah… Cette année il ne faut pas que je le manque… Cette année je fais des efforts et je m’y tiens »

Chacun d’entre nous voit cela sous l’angle de l’effort, de la privation qu’il veut s’imposer pour avoir son esprit plus libre pour recevoir Dieu dans son propre chemin vers Pâques…

Et quand nous arrivons à Pâques, nous regardons comment s’est passé notre Carême…
Si nous avons su nous priver, si nous avons su mener à bien nos efforts, nous sommes en quelque sorte satisfaits de notre Carême…
Si à l’inverse, nous avons chuté, si nous avons VOULU mais si nous n’avons pas SU faire ces mêmes efforts, alors nous pensons avoir raté ce rendez-vous annuel avec Dieu.

Sommes nous cependant sûr que c’est bien ainsi qu’il faut voir le Carême ?

Je pense que la réponse se trouve dans le cœur de chacun.
Il appartient à chacune et chacun d’entre nous, dans une rencontre intime avec le Seigneur, de savoir ce qui est le plus approprié de faire pour bien vivre son Carême…

Et puisqu’il est important que chaque démarche soit réfléchie, que chaque démarche nous permette de vivre ce Carême comme un vrai temps de grâce, les textes de ce dimanche sont là pour nous éclairer.

Oui, j’ai bien parlé de temps de grâce… et je pense que ce serait une erreur de ne voir le Carême que sous l’angle des privations…

Mais commençons par le texte de la première lecture.

En matière d’éclairage sur le Carême, ce texte peut sembler être une vraie révolution dans notre relation avec Dieu.

Souvent nous nous disons que si nous donnons à Dieu pendant le Carême et bien Il nous le rendra…

Et même si nous ne sommes pas fourbes, même si nous ne donnons pas pour recevoir, même si nous offrons réellement à Dieu les efforts que nous faisons, nous nous disons que parce que nous lui donnons gratuitement, un jour Dieu nous le rendra…

Ce n’est pas faux, mais c’est peut-être incomplet…

Je ne vais pas rentrer dans le détail de l’explication du texte de la première lecture… Ce serait sans doute trop long…

Et pourtant ce texte est là pour nous montrer qu’au lieu de voir le carême sous l’angle de « Je te donne mes sacrifices et Toi Tu me donneras… plus tard » notre Carême peut aussi être simplement l’occasion d’un retour aux sources de notre foi…

Il n’est alors pas nécessaire d’en faire d’avantage mais de faire différemment…

Peut être n’est-ce pas alors une question de quantité mais de qualité…

Peut-être pouvons-nous tout simplement nous « contenter » d’offrir à Dieu ce que nous avons reçu de Lui…

« Mais qu’est-ce que cela veut dire ?
Pourquoi se contenter d’offrir à Dieu ce qu’il nous a déjà donné ?
Ce n’est pas un Carême ca… Ils sont où les efforts ?
Comment un tel comportement peut-il me conduire à mieux me préparer à Pâques ? »

Entrer en Carême, je viens de le dire, c’est revenir aux sources de notre foi…

Offrir à Dieu ce que lui-même nous a donné, c’est par exemple essayer chaque jour du Carême de prendre au pied de la lettre et à chaque instant la prière du Notre Père : « Que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite… »

Cela veut dire que plutôt que de vouloir tout maîtriser dans nos vies, nous laissons à Dieu le soin de nous guider… je n’ai pas dit de nous piloter car la volonté de Dieu est que nous restions toujours aux commandes de nos vies, mais bien de nous guider, c'est-à-dire de nous montrer les chemins qui nous permettront de bien nous préparer au sacrifice et à la résurrection de Pâques…

Peut-être alors que le Carême c’est simplement accepter de mettre tout ce que nous vivons sous le regard de Dieu, d’accepter que nous ne décidions pas de tout et d’ouvrir les yeux pour que la lumière de Dieu, à défaut de nous donner les solutions, puis nous guider vers La Paix.

Plutôt que de vouloir à tout prix redresser nous-mêmes une situation qui nous paraît injuste et pour laquelle nous nous sommes tant battus, et bien c’est la remettre à Dieu avec nos limites en lui demandant de nous aider à lâcher totalement prise comme l’a fait le Christ lui-même sur le chemin vers Jérusalem…

Plutôt que de continuer à s’en faire d’avantage jour après jour parce qu’on ne s’entend pas avec untel ou une telle, plutôt que de médire sur son compte auprès des autres comme pour s’en libérer un peu, c’est continuer à rencontrer cette personne dans le quotidien d’une entreprise, d’un quartier, d’une association ou même d’une famille, en confiant tout cela à Dieu, en lui demandant de nous aider à aimer l’autre, celui qui nous fait souffrir, comme le Christ lui-même a aimé ses bourreaux au jour de son jugement…

Si nous acceptons de voir le Carême sous cet angle, nous pouvons alors comprendre que le Carême n’est pas tant un temps d’efforts que de libération…
C’est le Seigneur qui fait le plus gros du travail et dans ce temps de Carême Il veut plus que jamais nous libérer de ces rancœurs, ces douleurs qui finissent pas nous rendre esclave et nous empêcher de cheminer vers Dieu.

Ces rancœurs… Ces douleurs accumulées… Ces peines trop longtemps cachées… Ces erreurs trop longtemps inavouées, le Seigneur veut et peut nous en libérer…

Et le Carême n’est plus donc autant un temps d’efforts pour plaire à Dieu qu’un temps d’ouverture, l’ouverture de nos cœurs à un Amour qui dépasse tout, un Amour qui peut nous libérer de tout et nous guérir de tout…

Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit…
Oui, il convient de jeuner…
Oui, il convient de partager…
Oui, il convient plus que jamais de prier…
Oui, il convient plus que jamais de retrouver la paix dans le sacrement de la réconciliation…

Mais vous le voyez maintenant, ce qui convient c’est surtout de savoir pourquoi nous le faisons…


Et sur ce chemin qui nous conduit vers Pâques, comme ce fut le cas pour Jésus après son baptême, nous serons très vraisemblablement nous aussi, tentés par le démon…

Le démon…

Il est tellement malin – il porte bien son nom – que bon nombre d’entre nous n’y croient même plus…

Bon nombre d’entre nous pensent qu’il s’agit d’une métaphore pour nous aider à comprendre la différence entre le bien et le mal…

Mais il existe bel et bien et ce n’est pas parce que nous préférons ne pas en parler que cela va nous en protéger… Bien au contraire…

Il s’immisce dans les plus banales actions  de nos vies quotidiennes, petit à petit, allant jusqu’à nous faire finalement perdre nos repères et prendre des choses inadmissibles pour des choses normales…

Les exemples ne manquent pas et il me semble que parmi les derniers en date se trouve le mariage pour tous et son cortège de ce que l’on ose appeler des « réformes »… la PMA – Procréation Médicalement Assistée – la GPA – Gestation Pour Autrui…

Nous passons tout doucement des droits « DE » l’enfant au droit « A » l’enfant

Nous  allons tout doucement glisser de ce qui nous paraissait inadmissible  vers quelque chose qui paraîtra normal à chacun. – Merci le démon – .

Je pense pour ma part, que ce n’est que dans quelques années que nous pourrons mesurer à quel point cela va faire souffrir les gens, y compris celles et ceux qui, trompés par des discours de liberté, auront défendu avec sincérité, ces projets de loi qui me semblent aller fondamentalement à l’encontre du bonheur du peuple de Dieu.

Et donc oui, sur le chemin du Carême, comme sur les chemins de la vie, nous seront tentés…

Tentés tout simplement de ne pas prendre le temps pour nous préparer à Pâques…

« C’est vrai après tout… On sait bien ce qui va arriver… On ca célébrer la mort et la résurrection de Jésus… Pas besoin en fin de compte d’y passer du temps… On a tellement d’autres choses à faire… »

Ces tentations auxquelles nous succombons, nous conduisent dans l’impasse de nos certitudes humaines et nous détournent de l’amour de Dieu.

A l’opposé de cela La Parole de Dieu nous invite à reconnaître la bonté de Dieu.

Dans le désert sans Dieu qu’est notre monde, le Carême est l’occasion qui nous est offerte de nous remettre sur les chemin de Dieu, c’est notre réponse aimante à un amour sans mesure qui fait sans cesse le premier pas vers chacune et chacun d’entre nous.

Amen.

dimanche 10 février 2013

2013-02-10 - C - 5ème dimanche du Temps Ordinaire - La pêche miraculeuse. La vocation des Apôtres (Lc 5, 1-11)



5ème dimanche du Temps Ordinaire


La pêche miraculeuse. La vocation des Apôtres



1ère lecture : Révélation du Dieu saint et vocation d'Isaïe (Is 6, 1-2a.3-8)

Lecture du livre d'Isaïe

L'année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple.
Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour voler.
Ils se criaient l'un à l'autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur, Dieu de l'univers. Toute la terre est remplie de sa gloire. »
Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée.
Je dis alors : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l'univers ! »
L'un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu'il avait pris avec des pinces sur l'autel.
Il l'approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. »
J'entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? qui sera notre messager ? » Et j'ai répondu : « Moi, je serai ton messager : envoie-moi. »

2ème lecture : La tradition de la foi au Christ mort et ressuscité (brève : 1...11) (1Co 15, 1-11)
                       
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l'avez reçu, et vous y restez attachés,
vous serez sauvés par lui si vous le gardez tel que je vous l'ai annoncé ; autrement, c'est pour rien que vous êtes devenus croyants.
Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j'ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures,
et il a été mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures,
et il est apparu à Pierre, puis aux Douze ;
ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois — la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont morts —
ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres.
Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l'avorton que je suis.
Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d'être appelé Apôtre, puisque j'ai persécuté l'Église de Dieu.
Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et la grâce dont il m'a comblé n'a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n'est pas moi, c'est la grâce de Dieu avec moi.
Bref, qu'il s'agisse de moi ou des autres, voilà notre message, et voilà votre foi.


Evangile : La pêche miraculeuse. La vocation des Apôtres (Lc 5, 1-11)

Alléluia. Alléluia.
La voix du Seigneur appelle :
« Venez, suivez-moi, je ferai de vous
des pêcheurs d'hommes. »
Alléluia. (cf. Mt 4, 19)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ; la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.
Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait la foule.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »
Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient.
Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient.
À cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. »
L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.



Nous sommes au cinquième dimanche du temps ordinaire.

Oserai-je le rappeler une fois encore ; ce temps n’a d’ordinaire que le nom…
C’est le temps DE l’ordinaire…
Un temps qui, en quelque sorte, nous prépare à vivre encore mieux les grandes fêtes de notre année liturgique, en nous permettant, semaine après semaine, de revisiter les fondements de notre foi !


Il y a quinze jours, vous vous en souvenez peut-être, c’était à l’importance de la Parole dans nos vies de chrétiens que les textes nous rappelaient.

La semaine dernière c’était notre rôle de Prophète qui nous était rappelé.

Cette semaine, les textes pourraient tous les trois nous faire penser à un dimanche des vocations.

La première lecture nous parle de la vocation d’Isaïe, la seconde celle de l’Apôtre Paul et l’Evangile de l’appel de Jésus aux premiers disciples.

De tous temps, le Seigneur appelle les gens à une mission bien précise ; et de tous temps ca veut dire aujourd’hui aussi…

Il nous est impossible à nous chrétiens baptisés et parfois confirmés, de nous comporter en simple consommateurs.

Venir et participer à la Messe chaque semaine est indispensable, mais ce n’est pas tout…

Chacun d’entre nous est également envoyé dans le monde pour y témoigner du fait que le Christ est vivant…

Pas moyen d’y échapper… Si nous voulons réellement remplir notre rôle de chrétiens nous devons être acteurs de notre foi ; nous devons nous mouiller pour notre Dieu, pour notre église et pour nos frères.

Ca c’est en partie ce que nous disaient les textes de la semaine dernière.

Aujourd’hui les textes nous révèlent Dieu…

Après cette dimension de prophète que nous visitions la semaine dernière, nous sont offerts trois textes qui, au travers de trois expériences différentes, nous révèlent comment chacun d’entre nous peut recevoir sa vocation !

Isaïe fait une rencontre bouleversante.
Il découvre un Dieu trois fois Saint, c'est-à-dire un Dieu qui est « Tout autre », Un Dieu étranger à nos imperfections, nos péchés, nos limites.

C’est un Dieu qui n’entre pas dans nos catalogues humains.

Il n’est pas « bien en général » mais avec quelques défauts acceptables…
Il est tout, sauf ce que nous avons l’habitude de voir…

Des hommes et des femmes extraordinaires ont traversé l’histoire de l’humanité et parmi eux de grands Saints ;
Mais aussi Saints qu’ils aient été, ils avaient tous à un trait de caractère, dont on sourit parfois aujourd’hui, mais qui ne devait pas particulièrement plaire à leurs contemporains…

Saint Pierre était un colérique fini…
Saint Paul, dont nous parle la seconde lecture, a quand même persécuté nombre de chrétiens…

Plus proche de nous, aussi doux qu’il ait pu être avec les petits, l’Abbé Pierre avait pourtant d’un franc parler redoutable avec nos politiques.

Et bien la rencontre d’Isaïe échappe à tous ces clichés, à toutes ces caractéristiques tellement humaines.

Ce que nous révèle ce texte, c’est que devant une telle Sainteté, nous prenons conscience de nos péchés et nous mesurons les progrès qui nous attendent…

Souvent, nous réduisons Dieu au rang de distributeur automatique de grâces que nous prions quand NOUS en sommes en galère et que nous oublions bien facilement le reste du temps.

Une rencontre comme celle d’Isaïe est possible pour chacun d’entre nous à condition que nous le voulions.
Elle bouleverse et elle nous aide à remettre les pendules de nos vies à l’heure.


La seconde lecture, c’est celle de Saint Paul…
Ce Saint dont je parlais il y a quelques instants, mais qui avant de devenir Saint a pourtant persécuté tant de chrétiens.

Lui aussi, le grand persécuteur, a un jour fait la rencontre du Christ.
C’était sur le chemin de Damas et l’histoire nous dit même qu’il en est tombé de cheval.
C’est à lui que le Christ ressuscité demande de le suivre…

Il a tout d’abord fallu à Paul accepter le fait que ce Christ, dont il combattait les disciples depuis bien longtemps, existait réellement et était vraiment ressuscité des morts.

Et immédiatement après, alors qu’il percute sans doute à l’horreur des persécutions qu’il mène depuis longtemps contre des innocents, il est appelé par ce même Christ à la suivre malgré toutes les horreurs qu’il a perpétrées.

Encore une rencontre bouleversante, puisque de ce jour, Paul a été l’un des plus grands témoins du Christ allant jusqu’à mourir pour lui.


L’Evangile d’aujourd’hui est celui de la pêche miraculeuse…
Dans ce texte le Christ appelle ses premiers disciples.
Il a besoin d’eux pour que la Parole puisse rejoindre tous les hommes.

Pour cela, au lieu de s’adresser à des puissants, des notables ; il décide de s’adresser à de simples pécheurs…  

Nous connaissons tous cette histoire…
Des pécheurs qui ont travaillé toute une nuit sans rien prendre et qui, d’un coup, parce qu’ils ont accepté de remettre à l’eau leurs filets sur la demande de Jésus, prennent tellement de poissons qu’ils ne savent plus comment faire pour le ramener… Ils sont obligés de faire appel à d’autres pécheurs…

Toute une symbolique…
Une fois de plus avec peu, Le Christ donne beaucoup…
Les résultats vont au-delà des espérances des disciples et de fait ils se mettent à suivre le Christ…

Ils comprennent qu’avec lui ils ne manqueront de rien…
Tout d’abord, ils ne manqueront pas, très basiquement, de poisson pour eux-mêmes et pour nourrir leurs familles, mais ils savent très bien, même si ce ne sont que de simples pécheurs, qu’au-delà de ce geste cet homme nommé Jésus, va les emmener vers un destin hors du commun, un destin qui les conduira à porter la Parole de Dieu bien au-delà de toute espérance.


Et bien aujourd’hui c’est à notre tour.
C’est à nous que Dieu s’adresse aujourd’hui,

C’est à chacune et chacun d’entre nous qu’il se révèle le Dieu trois fois Saint,  le Dieu qui peut changer une vie du tout au tout, le Dieu qui demande si peu et qui ne cherche qu’à beaucoup nous donner.

Chacun d’entre nous est envoyé pour être pécheur d’hommes…
Mais ne nous y trompons pas : cette pêche n’a rien à voir avec une capture comme quand il s’agit de poisson…

Cette pêche est plutôt un sauvetage.

Nous sommes en quelques sortes invités à nous jeter à l’eau pour ramener à Dieu celui ou celle qui risque de se noyer.

Mais il ne faut pas oublier que sans Jésus nos filets resteront vides…

Qu’est ce que je veux dire par là ?

Et bien simplement que tout ce que nous faisons dans l’Eglise, nous ne devons pas le faire pour nous…

Le « service » c’est ce que nous faisons pour les autres quand ils en ont besoin et non ce que nous voulons bien faire quand ca nous arrange pour notre propre gloire.

Jeanne d’Arc disait « Messire Dieu premier servi ! »
Et bien il doit en être de même pour nous.

Quel que soit le combat que nous ayons à mener…
Quel que soit le service dans lequel nous nous engageons, nous devons toujours le faire en mettant Dieu au centre…

Si nous abandonnons la prière…
Si nous abandonnons les Sacrements à commencer par la Sainte Eucharistie…
Alors nous nous priverons de la source de notre foi et très vite nous dériverons…
Alors très vite nous perdrons de vue la volonté de Dieu pour ne faire que la notre…

Le Christ nous invite à nous rapprocher de lui, à nous raccrocher à lui…
Si nous agissons ainsi, alors peu nous importeront les difficultés de nos vies car le seigneur remplira nos filets à nous aussi.

Amen.

dimanche 3 février 2013

2013-02-03 - C - 4ème dimanche du Temps Ordinaire - La mission de Jésus est universelle (Lc 4, 21-30)



4ème dimanche du Temps Ordinaire – La mission de Jésus est universelle



1ère lecture : « Je fais de toi un prophète pour les peuples » (Jr 1, 4-5.17-19)

Lecture du livre de Jérémie

Le Seigneur m'adressa la parole et me dit :
« Avant même de te former dans le sein de ta mère,
je te connaissais ;
avant que tu viennes au jour,
je t'ai consacré ;
je fais de toi un prophète pour les peuples.
Lève-toi,
tu prononceras contre eux tout ce que je t'ordonnerai.
Ne tremble pas devant eux,
sinon, c'est moi qui te ferai trembler devant eux.
Moi, je fais de toi aujourd'hui une ville fortifiée,
une colonne de fer,
un rempart de bronze,
pour faire face à tout le pays,
aux rois de Juda et à ses chefs,
à ses prêtres et à tout le peuple.
Ils te combattront,
mais ils ne pourront rien contre toi,
car je suis avec toi pour te délivrer.
Parole du Seigneur. »

2ème lecture : Hymne à la charité (1 Co 12, 31; 13, 1-13 [lecture brève : 13, 4-13])
                       
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens
Frères,
Parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieure à toutes les autres
J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.
J'aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien.
J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j'aurais beau me faire brûler vif, s'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien.
L'amour prend patience ; l'amour rend service ; l'amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil ;
il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'emporte pas ; il n'entretient pas de rancune ;
il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;
il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.
L'amour ne passera jamais. Un jour, les prophéties disparaîtront, le don des langues cessera, la connaissance que nous avons de Dieu disparaîtra.
En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles.
Quand viendra l'achèvement, ce qui est partiel disparaîtra.
Quand j'étais un enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j'ai fait disparaître ce qui faisait de moi un enfant. Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai vraiment, comme Dieu m'a connu. Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité.
Evangile : La mission de Jésus est universelle (Lc 4, 21-30)

Alléluia. Alléluia.
De L'Orient à l'Occident, parmi toutes les nations,
on reconnaîtra le salut de notre Dieu.
Alléluia. (cf. Ps 66, 3)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d’Isaïe, Jésus déclara : « Cette parole de l'Écriture que vous venez d'entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s'accomplit. »
Tous lui rendaient témoignage ; et ils s'étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph ? »
Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : 'Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s'est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton pays !' »
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.
En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.


Un quatrième dimanche de temps ordinaire, qui nous interpelle cette fois sur le sens de notre vie de chrétiens dans le monde qui nous entoure.

C’est Jérémie qui commence dans la première lecture.

Jérémie était un prophète du sixième siècle avant Jésus Christ.
Il était très connu comme prophète car il avait, entre autre, prédit la destruction de Jérusalem, ce qui lui valut d’ailleurs d’être enfermé, brutalisé et finalement exilé en Egypte.

Mais ce n’est pas en ce sens du mot prophète que le texte de la première lecture nous le fait connaître.
Le prophète est avant tout celui qui est chargé de transmettre la parole divine ; Sa mission, c’est de parler de la part du Seigneur.

Et parler de la part du Seigneur, n’est pas sans risque… En plus de ses prophéties, c’est également ce qui a valu à Jérémie tous les malheurs qui furent les siens.

Aujourd’hui, comme à l’époque de Jérémie, annoncer la Parole de Dieu n’est pas toujours facile… L’annonce de l’Evangile reste une cause de mépris, de persécution et même de mort !

Je suis désolé d’avoir à constater que bien souvent, les médias qui nous abreuvent de sensationnel concernant des génocides un peu partout dans le monde, font des gorges chaudes quand ils sont de confession religieuse différente de la notre - ce qui est parfaitement normal car tous les génocides se doivent d’être dénoncés avec force - mais passent trop souvent sous silence le fait qu’il s’agisse également aussi souvent de chrétiens…

Le vingtième siècle a été celui qui a connu le plus grand nombre de martyrs et pourtant, même si nous pouvons trouver que notre nombre se réduit comme peau de chagrin dans nos pays civilisés, le nombre de chrétien ne cesse de croître de par le monde et personne ne peut empêcher la Parole de Dieu de porter du fruit.

Alors oui, c’est vrai, il n’est pas facile de dire qu’on est chrétien.
Combien d’entre nous osent dire qu’ils viennent à la messe, dans leurs cercles d’amis, sur leurs lieux de travail, dans leurs quartiers…

Combien d’entre nous, dans une discussion animée entre amis, entre collègues, osent affirmer leur foi en Dieu et défendre l’église quand elle est montrée du doigt sur tel ou tel sujet de société… Le mariage pour tous par exemple… ???

Et pourtant, au jour de notre baptême, quand le prêtre ou le diacre nous a fait l’onction de Saint Chrême, c’était bien à chacun d’entre nous que s’adressaient ses paroles : « tu es membre du Corps du Christ et tu participes à sa dignité de prêtre, de prophète et de roi. »

Mais pas de panique !
Il ne s’agit pas forcément de vivre la solitude ou l’isolement à la manière de Jérémie…
Il n’est pas non plus nécessaire de mourir au sens physique du terme…

Il ne faut pas non plus  tout vendre, se mettre en haillons et de partir sur les routes avec un bâton pour être un bon prophète…

Chacun d’entre nous peut être ce prophète là ou il vit…
Chacun d’entre nous sera avant tout prophète de Dieu en étant un vrai témoin de l’Evangile dans ses comportements avant même de l’être dans ses paroles.

Mais ca c’est pour commencer… Pour commencer le temps de se rendre compte que Dieu n’abandonne aucun de celles ou ceux qui sont ses prophètes…

Car le prophète de Dieu, celui ou celle qui a réellement le souci de caller sa vie à celle des commandements de Dieu se rend très vite compte que, quelques soient les difficultés de la vie, Dieu est présent pour nous aider à les surmonter…

Il gagne ainsi en hardiesse et prend petit à petit l’assurance nécessaire à l’épanouissement des dons que Dieu nous a donnés et que nous pouvons ainsi mettre à Son service pour annoncer Sa Bonne Nouvelle !

Le prophète peut alors se dresser contre les privilèges qui s’attachent à l’argent, la possession, la position sociale ou politique…
Il n’a alors plus peur de se « compromettre » pour la défense des plus petits.

Et pourtant la mission n’est pas facile, Jésus lui-même se heurte à celles et ceux qui pourtant sont de son village, qui le connaissent bien et qui sont tellement, quoiqu’ils en disent, attachés à leurs privilèges…

Car après tout c’est vrai… « Il est de notre village ce Jésus… Il a fait des miracles ailleurs, c’est super… Aujourd’hui c’est notre tour… Aujourd’hui, c’est chez nous qu’il va enfin pouvoir dispenser ses bonnes grâces… C’est normal après tout…»

C’est souvent ce qu’on voudrait nous aussi…
On aimerait bien, quand ca nous arrange, que la volonté de Dieu soit d’abord Notre volonté…
On vit notre foi à notre façon en nous arrangeant parfois avec certains commandements, mais quand on a besoin de quelque chose, alors on vient vite bruler un cierge et faire une petite prière pour obtenir les bonnes grâces de Dieu…

Malheureusement ca ne fonctionne pas comme ca et c’est que Jésus veut nous dire dans l’Evangile que nous avons entendu…

Dieu n’est tout d’abord pas un distributeur de grâces et de plus il ne fait pas de différence entre les hommes ; Il aime tous les hommes, qu’ils soient chrétiens ou non, bons ou mauvais, riches ou pauvres, qu’ils soient tous les dimanches à la Messe et mettent toute leur vie Son regard, ou qu’ils n’aient jamais mis les pieds dans une église.

Mais alors me direz-vous, à quoi sert d’être chrétien ?
Être chrétien n’est pas une distinction… Ce n’est pas un bon point sur un carnet qui nous permettrait d’avoir un fast-pass comme chez Disney pour accéder plus vite au Paradis…

Je dirai même que c’est le contraire…

Être chrétien c’est justement endosser cette mission de prophète dont je parle depuis tout à l’heure, pour aller dire à TOUS les hommes que Dieu les aime.

Dans le monde qui est le notre, où tant de chose sont basées sur les échanges, le troc et l’argent… C’est effectivement une façon de voir les choses qui bouscule, qui déconcerte…

Donner GRATUITEMENT…

Remplir cette mission de prophète juste parce que nous croyons que l’Amour de Dieu est gratuit et que s’il peut nous rendre heureux, s’il peut nous aide à progresser, alors il peut aussi aider tout homme, bon ou mauvais, à la transformation du cœur, celle qui le rendra heureux, celle qui l’aidera à contribuer à ce que notre monde soit enfin meilleur.

Si les hommes comprennent cela, si les hommes acceptent le changement que Dieu propose, alors les églises se rempliront toutes seules… Plus aucun clocher ne manquera de prêtre… et bien plus important encore, notre monde s’améliorera et plus personne ne manquera de quoi que ce soit…

Et là vous vous dites que le diacre que je suis a pété les plombs, qu’il s’y croit…
Qu’il déconnecte complètement de la réalité et qu’il a oublié que notre monde est tout sauf un monde de Bisounours…

Pas du tout… Je sais très bien que nombre de nos frères souffrent de tellement d’injustices… Elles sont nombreuses, elles me révoltent, elles me mettent en colère bien souvent…

Toutes ces douleurs sont tellement injustes, tellement énormes, elles prennent tant d’ampleur, que je suis plus que jamais convaincu que l’homme ne pourra pas s’en sortir seul…

Nous ne pourrons réellement changer notre monde que si nous le mettons sous le regard de Dieu, que si nous mettons chacune de nos vies sous son regard ; c’est le seul moyen d’inverser cette spirale de l’argent, du profit, de la possession, de la réussite sociale…

Notre premier devoir de chrétien est d’aimer les autres comme Dieu les aime, et les aimer c’est aussi aller leur annoncer les merveilles que Dieu peut accomplir en eux…

Encore une fois, je sais, ce n’est pas facile…
Aucun d’entre nous ne va sortir de cette église ne fut-ce qu’en disant à son voisin « Eh tu sais quoi ? Dieu t’aime ! »

Mais si nous pouvons sortir de cette église en ayant dans le cœur cette pensée que notre mission est de changer le monde en commençant là où nous sommes, en souriant à son voisin, en serrant chaleureusement la main de celui qui est à côté de nous, et en prenant sincèrement de ses nouvelles plutôt que de disparaître dans la foule des anonymes pour retrouver tout de suite le confort de notre fauteuil, alors nous mettrons un pied à la suite de Jérémie, d’Isaïe, de Moïse et de tant d’autres qui ont contribué à ce que nous nous sachions aimés de Dieu, alors nous seront nous aussi ces prophètes que Dieu attend.

Amen.