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dimanche 17 janvier 2016

2016-01-17 - C - 2ème dimanche du temps ordinaire - « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée » (Jn 2, 1-11)


2ème dimanche du Temps Ordinaire
1ère lecture : « Comme la jeune mariée fait la joie de son mari » (Is 62, 1-5)
Lecture du livre du prophète Isaïe
Pour la cause de Sion, je ne me tairai pas,
et pour Jérusalem, je n’aurai de cesse
que sa justice ne paraisse dans la clarté,
et son salut comme une torche qui brûle.
    Et les nations verront ta justice ;
tous les rois verront ta gloire.
On te nommera d’un nom nouveau
que la bouche du Seigneur dictera.
    Tu seras une couronne brillante
dans la main du Seigneur,
un diadème royal
entre les doigts de ton Dieu.
    On ne te dira plus : « Délaissée ! »
À ton pays, nul ne dira : « Désolation ! »
Toi, tu seras appelée « Ma Préférence »,
cette terre se nommera « L’Épousée ».
Car le Seigneur t’a préférée,
et cette terre deviendra « L’Épousée ».
    Comme un jeune homme épouse une vierge,
ton Bâtisseur t’épousera.
Comme la jeune mariée fait la joie de son mari,
tu seras la joie de ton Dieu.
    – Parole du Seigneur.
2ème lecture : « L’unique et même Esprit distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier » (1 Co 12, 4-11)
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens
Frères,
    les dons de la grâce sont variés,
mais c’est le même Esprit.
    Les services sont variés,
mais c’est le même Seigneur.
    Les activités sont variées,
mais c’est le même Dieu
qui agit en tout et en tous.
    À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit
en vue du bien.
    À celui-ci est donnée, par l’Esprit,
une parole de sagesse ;
à un autre,
une parole de connaissance,
selon le même Esprit ;
    un autre reçoit, dans le même Esprit,
un don de foi ;
un autre encore, dans l’unique Esprit,
des dons de guérison ;
    à un autre est donné d’opérer des miracles,
à un autre de prophétiser,
à un autre de discerner les inspirations ;
à l’un, de parler diverses langues mystérieuses ;
à l’autre, de les interpréter.
    Mais celui qui agit en tout cela,
c’est l’unique et même Esprit :
il distribue ses dons, comme il le veut,
à chacun en particulier.
    – Parole du Seigneur.
Evangile : « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée » (Jn 2, 1-11)
Acclamation :
Alléluia. Alléluia.
Dieu nous a appelés par l’Évangile
à entrer en possession de la gloire
de notre Seigneur Jésus Christ.
Alléluia.
(cf. 2 Th 2, 14)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
    En ce temps-là,
    il y eut un mariage à Cana de Galilée.
La mère de Jésus était là.
    Jésus aussi avait été invité au mariage
avec ses disciples.
    Or, on manqua de vin.
La mère de Jésus lui dit :
« Ils n’ont pas de vin. »
    Jésus lui répond :
« Femme, que me veux-tu ?
Mon heure n’est pas encore venue. »
    Sa mère dit à ceux qui servaient :
« Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »
    Or, il y avait là six jarres de pierre
pour les purifications rituelles des Juifs ;
chacune contenait deux à trois mesures,
(c’est-à-dire environ cent litres).
    Jésus dit à ceux qui servaient :
« Remplissez d’eau les jarres. »
Et ils les remplirent jusqu’au bord.
    Il leur dit :
« Maintenant, puisez,
et portez-en au maître du repas. »
Ils lui en portèrent.
    Et celui-ci goûta l’eau changée en vin.
Il ne savait pas d’où venait ce vin,
mais ceux qui servaient le savaient bien,
eux qui avaient puisé l’eau.
Alors le maître du repas appelle le marié
    et lui dit :
« Tout le monde sert le bon vin en premier
et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon.
Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »
    Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit.
C’était à Cana de Galilée.
Il manifesta sa gloire,
et ses disciples crurent en lui.
    – Acclamons la Parole de Dieu.


Nous sortons à présent déjà du temps de Noël.
Nous sortons à peine des fêtes de Noël, que nous voilà au second dimanche du temps ordinaire…

Le texte d’Evangile qui nous est proposé aujourd’hui est celui des noces de Cana.

Encore une fois nous connaissons bien l’histoire…
Jésus est invité avec Marie sa Mère à des noces…
On manque de vin…
Marie s’adresse aux serviteurs et leur demande de mettre de l’eau dans des cuves ; de l’eau que Jésus transforme en vin…

Premier miracle d’une longue série…
Première manifestation de la vie publique de Jésus.

Mais ce n’est pas qu’une belle histoire et elle ne nous est pas racontée simplement pour nous dire que Jésus se met en marche et qu’il va faire des miracles tout au long de sa vie.

Comme toujours, ce récit n’est pas là par hasard et comme toujours il y a un parallèle à faire avec nos propres vies d’hommes et de femmes, de chrétiens et de chrétiennes du vingt et unième siècle.

Cela vous étonnera peut-être, mais ce texte est proposé aux futurs époux dans leur préparation au mariage.

Il l’est parmi une multitude d’autres textes et au premier abord il ne rencontre pas un franc succès…
C’est vrai que c’est une belle histoire, mais les couples n’y retrouvent pas leur mariage, et puis cette histoire de vin et d’eau… ils ne voient pas bien ce qu’elle a à voir avec leur mariage.

C’est alors qu’avec les autres couples qui animent les préparations au mariage, nous les invitons à participer à ce que l’on appelle la « découverte des textes ».

Nous tentons de leur faire comprendre comment tous ces textes - et celui des noces de Cana ne fait pas exception à la règle – comment tous ces textes écrits il y a environ deux mille ans, peuvent les rejoindre dans leur vie de futurs époux du vingt et unième siècle.

Une fois que cela leur est expliqué, ils changent en général leur regard sur ce texte et même s’ils ne le choisissent pas systématiquement, il est cependant plus clair à leurs yeux qu’il rejoint effectivement leur vie mais également la vie de tout homme et de toute femme.

Ce qui est vrai pour des couples qui se préparent au mariage l’est donc pour chacune et chacun d’entre nous et c’est pourquoi j’ai choisi de vous présenter ce texte comme nous le faisons avec eux.

Mais revenons-en au texte justement…
Je l’ai dit, il s’agit de la première intervention publique de Jésus et de son premier miracle.

Jésus se trouve donc à la noce avec Marie sa Mère.

Soudain, on manque de vin…

Dans la bible le vin est le symbole de la joie de l’amour et de la fête…
Manquer de vin c’est donc manquer d’amour…
Là encore ce qui est vrai dans une vie de futurs époux est vrai dans notre vie à nous.

Nous sommes ainsi faits que nous pouvons supporter beaucoup de privations, de manques, mais manquer d’amour, avoir l’impression de ne pas exister et de ne pas être aimé de l’autre, de ne pas être aimé des autres, nous ne le supportons pas.

C’est un premier point qui parle tout de suite à un couple qui se prépare au mariage « et si demain, il (ou elle) ne m’aimait plus… »

Et si nous demain, nous nous sentions inutiles, pire : invisibles aux yeux des de l’autre aux yeux des autres, comme le sont malheureusement bien souvent les SDF que nous rencontrons sans les regarder, les malades dans les hôpitaux que nous connaissons mais que nous n’allons pas voir, celles et ceux qui souffrent de par le monde et que nous nous contentons de regarder au journal télévisé sans plus réellement y porter attention ?

Si chacune et chacun de ceux que nous croisons ne nous voyaient pas plus que nous ne voyons réellement toutes ces personnes; Ne nous sentirions nous pas mal nous aussi ?

C’est vrai pour les adultes qui m’écoutent mais c’est vrai pour vous aussi les jeunes… Que vous soyez à la maison, dans votre quartier ou au collège, comment vous sentiriez-vous si vous étiez à la place de celui ou celle dont on se moque parce qu’il est trop gros, trop petit, parce qu’il porte des lunettes, parce qu’il est habillé différemment, etc… etc… ?

Ne vous sentiriez-vous pas mal vous aussi ?

La première chose qui manque donc dans notre monde, n’est-elle pas tout simplement l’amour ?

L’Egoïsme, la violence, l’indifférence, la haine et bien d’autres maux encore ne sont-ils pas tout simplement le reflet de nos manques d’amour à nous, même ici à Lestrem ?


Dans le texte, vous l’aurez peut-être remarqué, ce ne sont pas les serviteurs qui s’adressent à Jésus mais sa Mère.

Tout comme elle remarque tous les manques d’amour, toutes les tristesses, de nos vies, elle vient de remarquer que la fête manque de vin…

Elle est celle par qui nous pouvons faire monter nos demandes vers le Christ… Elle intercède pour nous comme elle le fait dans ce récit.

Le jour de leur mariage, nombreux sont les couples qui souhaitent confier leur union à la Vierge Marie… Lui demander de veiller sur eux et d’intercéder auprès du Père pour qu’Il veille sur eux… à défaut de faire du bien, on ne sait jamais, ça ne peut pas faire de mal.

Mais Dieu n’est pas un distributeur automatique de grâce…
Il ne suffit pas de demander à la Vierge Marie d’intercéder pour nous pour que ça marche… Il faut ajouter à cette demande un ingrédient essentiel qui nous est également donné dans le texte d’aujourd’hui… Cet ingrédient c’est la confiance…

C’est ce que nous rappelle la phrase que Marie prononce à l’intention des serviteurs : « Faites tout ce qu'il vous dira. »

Marie a une totale confiance en Dieu et en Jésus qui est son Fils.
Elle a depuis longtemps mis sa propre vie sous le regard de Dieu.
Elle est celle qui a fait confiance à Dieu au jour de l’annonciation…
Elle est celle qui depuis sa plus petite enfance a souhaité la présence de Dieu dans sa vie pour l’aider à grandir selon ses commandements d’Amour.

Là encore cela rejoint tout particulièrement le jeune couple qui se prépare au mariage. Et quand nous leur demandons si selon eux la confiance est aussi la base d’une union, ils nous répondent que « évidemment » et même que  « c’est un des piliers de leur union ».

Ils se font confiance… Mais jusqu’où ?

Ils s’engagent dans le mariage avec confiance l’un en l’autre, une confiance qui sera confrontée aux évènements heureux et malheureux de leur vie.
Nous les invitons toujours à réfléchir au sens du mot confiance… A se demander jusqu’où ils seront capables de se faire confiance… A se demander ce qu’ils feront pour se rappeler cette confiance du jour de leur mariage quand les jours se feront plus difficiles.

S’en remettre alors à la Vierge, lui demander d’intercéder pour eux, c’est demander à Dieu de les aider à le percevoir chaque jour, de leur apprendre à s’en remettre à Lui pour tout traverser.

C’est la même attitude qui permet de construire toute vie de chrétien… La confiance… La confiance dans les autres… La confiance en Dieu !


Les serviteurs remplissent alors les cuves d’eau nous dit-on…
Mais que représentent ces cuves ?

A l’époque ces cuves font environ 500 litres… 500 litres d’eau dont nous savons que Jésus va les transformer en vin… Même pour une fête avec de nombreux convives, même pour une fête bien arrosée, ça fait beaucoup !

Ces énormes cuves sont là pour nous montrer que Dieu voit Grand !
Il voit grand et il ne veut jamais cesser de combler le jeune couple de son amour… Un amour qu’il a également pour chacune et chacun d’entre nous…

Et pourquoi remplir ces cuves d’eau ? Quoi de plus banal, de plus simple que de l’eau du moins sous nos latitudes ?

Cette eau que les serviteurs apportent, est un nouveau symbole de la puissance de Dieu… C’est avec cette eau que Jésus fait du vin… Et un très bon vin nous dit le récit…

C’est avec toutes les petites choses, les petites intentions qui composent le quotidien de la vie d’un couple, ces petites choses que ce couple offre à Dieu qu’il peut les aider à construire un amour plus fort.

C’est un geste de tendresse dans un couple, c’est un sourire entre voisins, le souci de celui qui nous semble ne pas aller bien, tous ces petits gestes qui sont parfois si petits et qui représentent cependant l’expression de l’amour que l’on a l’un pour l’autre, l’amour que l’on peut avoir pour nos frères…

Offrir ces petites choses de nos vies à Dieu c’est lui permettre de nous aider à en réaliser chaque jour de plus grandes.

Jésus transforme donc l’eau en vin… en bon vin, ce bon vin qui arrive à la fin du repas… Au moment où on pourrait imaginer que plus personne ne va s’en apercevoir !

Ce bon vin qui n’arrive qu’à la fin est également le symbole de l’espérance qu’un couple qui s’engage dans le mariage a, en ne songeant pas aux difficultés de la vie mais en se disant constamment que le meilleur reste à venir.

Cette espérance peut devenir réalité s’ils savent faire attention à prendre soin l’un de l’autre au quotidien.
Cette espérance peut devenir pour nous aussi réalité si nous voulons bien prendre soin les uns des autres au quotidien.

Prendre soin l’un de l’autre au quotidien… Faire attention à l’autre…
Ce sont des principes de bases que nous connaissons tous et auxquels nous adhérons. Mais alors pourquoi tant de couples se séparent ils ? Pourquoi les gens sont-ils si indifférents ? Pourquoi tant d’égoïsmes ? Pourquoi les pays en guerre ?

Peut-être tout simplement parce que, avec le temps, on a oublié le sens de la promesse faite le jour de son mariage…
Peut-être tout simplement parce que, avec le temps, on a oublié qu’être chrétien c’est avant tout se mettre au service des autres…

Facile à dire me direz-vous, mais chacun d’entre nous sait très bien que notre monde est difficile, que les tentations sont grandes et que si on y fait pas attention on a vite fait d’oublier nos promesses… Mais comment faire alors ?

La réponse se trouve elle aussi dans le texte des noces de Cana.

Mettons-nous à la place des serviteurs auxquels Marie s’adresse.
Ecoutons là quand elle nous dit « Faites tout ce qu’il vous dira »

Arrêtons de courir après toutes les chimères de notre temps et faisons enfin réellement et complètement confiance à Dieu.
Laissons-le-nous guider sur les chemins de nos vies…
Faisons notre cette prière du Notre Père que nous allons réciter dans quelques instants : « Que TA volonté soit faite »

Amen


dimanche 9 mars 2014

2014-03-09 - A - 1° Dimanche de Carême - La tentation de Jésus (Mt 4, 1-11)


1er dimanche de Carême


1ère lecture : La création de l'homme. Le péché (Gn 2, 7-9; 3, 1-7a)



Lecture du livre de la Genèse



Au temps où le Seigneur Dieu fit le ciel et la terre, il modela l'homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l'homme devint un être vivant.
Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l'orient, et y plaça l'homme qu'il avait modelé.
Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toute sorte d'arbres à l'aspect attirant et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal.

Or, le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait fait. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a dit : 'Vous ne mangerez le fruit d’aucun arbre du jardin'»
La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais, pour celui qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : 'Vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas, sinon vous mourrez.' »
Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !
Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » 
La femme s'aperçut que le fruit de l'arbre devait être savoureux, qu'il avait un aspect agréable et qu'il était désirable, puisqu'il donnait l'intelligence. Elle prit de ce fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea.
Alors leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus.



2ème lecture : Là où le péché s'était multiplié, la grâce a surabondé (brève : 5, 12.17-19) (Rm 5, 12-19)



Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains



Frères,
par un seul homme, Adam, le péché est entré dans le monde, et par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, du fait que tous ont péché.
Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde. Certes, on dit que le péché ne peut être sanctionné quand il n'y a pas de loi ; mais pourtant, depuis Adam jusqu'à Moïse, la mort a régné, même sur ceux qui n'avaient pas péché par désobéissance à la manière d'Adam. Or, Adam préfigurait celui qui devait venir.
Mais le don gratuit de Dieu et la faute n'ont pas la même mesure. En effet, si la mort a frappé la multitude des hommes par la faute d'un seul, combien plus la grâce de Dieu a-t-elle comblé la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ.
Le don de Dieu et les conséquences du péché d'un seul n'ont pas la même mesure non plus : d'une part, en effet, pour la faute d'un seul, le jugement a conduit à la condamnation ; d'autre part, pour une multitude de fautes, le don gratuit de Dieu conduit à la justification.
En effet, si, à cause d'un seul homme, par la faute d'un seul homme, la mort a régné, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en plénitude le don de la grâce qui les rend justes.
Bref, de même que la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l'accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie.
En effet, de même que tous sont devenus pécheurs parce qu'un seul homme a désobéi, de même tous deviendront justes parce qu'un seul homme a obéi.

Evangile : La tentation de Jésus (Mt 4, 1-11)



Alléluia. Alléluia.

Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole venant de la bouche de Dieu. Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.

Alléluia (cf. Mt 4, 4)



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu



Jésus, après son baptême, fut conduit au désert par l'Esprit pour être tenté par le démon.
Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.
Le tentateur s'approcha et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. »
Mais Jésus répondit : « Il est écrit : Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

Alors le démon l'emmène à la ville sainte, à Jérusalem, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Le démon l'emmène encore sur une très haute montagne et lui fait voir tous les royaumes du monde avec leur gloire.
Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes pour m'adorer. »
Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C'est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, et c'est lui seul que tu adoreras. »

Alors le démon le quitte. Voici que des anges s'approchèrent de lui, et ils le servaient.



Premier dimanche de Carême… Encore…
On a à peine fini Noël qu’on va déjà commencer à préparer Pâques…

Je suis certain que comme moi nombre d’entre vous se souviennent encore de la cérémonie des cendres de l’année dernière et peut-être même de ce premier dimanche de Carême 2013 où on entrait à nouveau sur le chemin vers Pâques…

Les choses semblent se succéder chaque année plus vite que la précédente et la tentation serait grande comme je l’ai fait en débutant cette homélie de dire « Encore… », un « encore » qui serait sans doute d’avantage la traduction de notre lassitude que notre envie de vivre ce chemin qui commence, ces 40 jours qui nous sont pourtant réellement un chemin que le Seigneur nous propose de vivre en sa compagnie vers Pâques.

Tentation… Voilà justement le mot qui va bien à ce dimanche…

Dans la première lecture la tentation pour Adam et Eve.
Dans la seconde c’est la même tentation que Saint Paul nous raconte réactualisée à son époque
Dans l’Evangile la tentation du Christ pendant qu’il était au désert.

Nos vies au quotidien sont elles aussi le théâtre de nombre de tentations, à commencer peut être par celle de trouver que les Fêtes du Calendrier Chrétien reviennent un peu trop vite et que du coup nous sommes tentés de ne plus les vivre comme nous le devrions… tentés de ne nous laisser réveiller qu’à la veille de Pâques en ayant manqué tout ce chemin pourtant si important qui nous y conduit… tentés même peut être de ne plus les vivre du tout, rentrant dans les habitudes de notre monde, qui ne voit plus les Fêtes Chrétiennes que comme l’occasion d’avoir un jour de congés.

C’est pourtant à la plus belle Fête Chrétienne que nous sommes invités dans 40 jours…

Et contrairement à ce que nous pourrions penser, nous n’y sommes pas seulement invités comme des spectateurs de la mort puis de la résurrection du Christ, mais bel et bien comme des acteurs.

Ca change tout…
Faisons quelques instants le parallèle avec les évènements heureux de nos vies…

Il ne viendrait jamais à l’idée de personne d’arriver à son propre mariage en en ayant pas préparé dans les moindres détails…

Il ne viendrait non plus jamais à l’idée de personne d’entre nous de lancer la construction de notre maison pour ne revenir qu’au jour de sa livraison…
Nous sommes toujours sur le chantier, nous nous réjouissons de la voir sortir de terre, voir les murs se monter, la toiture posée et quand enfin elle nous est livrée c’est un peu comme si nous avions contribué nous aussi à sa construction.

Et bien, toutes proportions gardées, il en va de même avec les grandes Fêtes Chrétiennes et plus particulièrement cette de Pâques.

Nous en sommes les acteurs nous aussi, pas seulement les spectateurs d’un soir.

Pendant 40 jours nous sommes invités, jour après jour, à cheminer aux côtés du Christ sur le chemin qui va le mener à la résurrection.
La volonté de Dieu – La Bible n’arrête pas de nous le dire – c’est que chaque homme participe à son mystère… c'est-à-dire en l’occurrence, participer au grand bonheur qu’est la résurrection de son Fils, une résurrection qui, si elle est vraiment vécue de l’intérieur aux côtés du Christ, nous permettra de ressentir la même joie que Lui et de nous emplir à jamais d’un amour qui nous permettra d’aborder avec sérénité toutes les épreuves que la vie nous envoie.

Alors vite, mettons nous en route… N’attendons pas que la dernière semaine de Carême soit démarrée pour raccrocher les wagons…
Prenons dès aujourd’hui une part active à la mort et à la résurrection du Christ qui est annoncée dans moins de 40 jours maintenant.


Je l’ai dit tout à l’heure, les textes de ce dimanche nous parlent de tentation…

Nous connaissons bien le texte de la Genèse que nous avons entendu.
Satan qui se matérialise sous les traits d’un serpent et qui tente l’homme et la femme.
« Vous serez comme des dieux » leur avait il dit…

Satan insinue le doute dans leur cœur : « Tout ça c’est des histoires pour vous empêcher de vivre et de faire ce dont vous avez envie ».       

C’est vrai, dans cette histoire, ce ne sont pas vraiment les propos qui sont attribués à Satan…
Mais ne trouvez vous pas que ces propos correspondent plutôt bien à notre époque ?

Souvent, ce que l’ont appelle des interdits, mais qui, si on les regarde de plus près, ne sont en réalités que des conseils avisés, des règles de conduite de base, souvent donc ces interdits sont mis en avant comme ces histoires pour nous empêcher de vivre et de faire ce dont on a envie…

En réalité, en ayant cédé à la tentation, ni Adam ni Eve ne sont devenus l’égal de Dieu...
En réalité, en ayant cédé à la tentation, aucun d’entre nous n’est réellement plus libre.

Dans cette histoire de la Genèse, Adam et Eve prennent conscience de leur nudité nous dit-on… ce qui en fait veut dire qu’ils prennent conscience de leur fragilité et de leur faiblesse… Ils se sentent misérables…

Ils se sentent misérables comme chacun de nous a sans doute un jour eu l’occasion de se sentir misérable quand il a cédé à une tentation quelconque qui ne l’a finalement pas rendu plus libre – au contraire - mais qui lui a permis de bien mesurer sa faiblesse et sa fragilité… même si cette mesure n’est arrivée que des années, parfois bien des années plus tard.

Je le disais tout à l’heure, c’est somme toute la même histoire que Saint Paul nous raconte, une histoire réactualisée à son époque et quelle époque…

Lui, il a connu le Christ… Lui il a compris…
Il a compris que c’est par leurs péchés, leurs égoïsmes, leurs limites que les hommes ont fait entrer le péché dans le monde…

Les guerres, les famines, et tous les autres maux, de notre temps comme du sien d’ailleurs, ne sont en réalité que le reflet de sociétés dans lesquelles les individus finissent toujours par penser d’avantage à eux-mêmes qu’au bien être de tous.

Et arrive l’Evangile, un texte que nous connaissons bien une fois encore, un texte que nous avons souvent entendu mais qui cette année peut sans doute nous apprendre des choses…

Satan commence doucement si je peux dire… Il tente le Christ après 40 jours de jeûne… Jésus à faim et pour le tenter Satan l’invite à changer des pierres en pain…

Ca ne vous rappelle pas quelque chose ca ?
L’histoire d’un certain serpent qui longtemps avant avait tenté Adam et Eve en leur proposant d’être à l’égal de Dieu en mangeant du fruit défendu…

C’est la même tentation qui revient…
Le Christ a voulu être sur cette terre semblable aux hommes et au-delà de la « simple » tentation de nourriture, Satan lui demande de faire un miracle pour se montrer à l’égal de Dieu.

Jésus est le nouvel Adam… Par l’Amour qu’Il porte aux hommes, désormais ce ne seront plus des pierres qui seront transformées en pain, mais les cœurs… des cœurs durs comme de la pierre peut-être, mais des cœurs qui pourront grâce à l’Amour de Dieu redevenir des cœurs de chair, des cœurs capables d’aimer à leur tour.

Puis Satan emmène Jésus au sommet du temple…
C’était l’endroit d’où montait la prière d’Israël…
Cet endroit avait déjà à plusieurs reprises été décrié par les prophètes qui s’insurgeaient contre les fausses prières qui y étaient dites…

Trop souvent les gens qui y priaient ne le faisaient que pour eux et pas pour servir Dieu.

Alors après tout, quel mal y aurait il eu pour le Christ à descendre sur les ailes de quelques anges pour montrer à tous ces faux priants qu’il était bien le Fils de Dieu et qu’il serait peut-être temps de mettre un peu de sérieux dans cet endroit…

Le Christ rappelle Satan à l’écriture en lui précisant que cette dernière lui dit  « Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Le miracle de Jésus ne sera pas de sauter du temple pour montrer aux hommes la puissance de Dieu à la manière dont nous le ferions nous…

C’est avec tout par l’Amour qui caractérise Dieu pour les hommes qu’il procèdera… Il ne les prendra pas par la force mais leur montrera à quel point un homme qui aime est capable de miracles.

Vient alors la dernière tentation…
Si Satan emmène le Christ sur une très haute montagne pour lui faire voir les royaumes du monde, c’est pour lui montrer que lui le Mal est présent partout…

La tentation est double… Elle est tout d’abord celle du découragement devant un monde où il y a tant à faire… Mais c’est aussi la tentation de l’avidité et de la puissance qui est celle du Mal dans ce monde.
Le Christ sait, une fois encore que c’est l’Amour et seulement l’Amour qui peut réellement changer les choses et rendre les hommes heureux.

Il refait, en quelque sorte, une nouvelle profession de foi en Dieu ce qui le libère alors de Satan.

Il en va de même dans nos vies…
Nous sommes tentés nous aussi dans le quotidien de nos vies, pour de petites ou de grandes choses.

Il arrive parfois même que nous cédions sans nous en rendre compte pour ce qui peut nous sembler des peccadilles.

Le Démon est pourtant bien là qui petit à petit nous fait accepter l’inacceptable et fini même parfois par nous faire passer pour un bien, une chose qui ne l’est pas et les exemples ne manquent pas…

Pendant ce Carême, c’est sur nos chemins de tentation que le Christ propose de nous accompagner pour nous aider…

Nous aider, comme ce fut le cas pour Lui, à discerner tout d’abord ; A être capable dans le quotidien de nos vies, de voir où et comment le tentateur de manifeste à nous. Le mensonge, l’orgueil et bien d’autres choses encore nous seront plus faciles à repérer si le Christ est à nos côtés.

Durant ce Carême nous sommes invités avec le Christ au désert et à nous associer à lui dans la prière.

Aller au désert, c’est rechercher des temps de silence pour une vraie  rencontre avec Dieu. Avec lui, nous serons plus forts dans notre lutte contre toutes les tentations de notre temps… Des tentations que le Christ nous aidera à repérer et mettre au large de nos vies.


Amen