dimanche 23 décembre 2012

2012-12-23 - C - La Visitation (Lc 1, 39-45)



4ème Dimanche de l'Avent


1ère lecture : Le Messie viendra de Bethléem (Mi 5, 1-4)
Lecture du livre de Michée
Parole du Seigneur :
Toi, Bethléem Ephrata, le plus petit des clans de Juda, c'est de toi que je ferai sortir celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent aux temps anciens, à l'aube des siècles.
Après un temps de délaissement, viendra un jour où enfantera celle qui doit enfanter, et ceux de ses frères qui resteront rejoindront les enfants d'Israël.
Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du Seigneur, par la majesté du nom de son Dieu. Ils vivront en sécurité, car désormais sa puissance s'étendra jusqu'aux extrémités de la terre, et lui-même, il sera la paix !

2ème lecture : « Je suis venu pour faire ta volonté » (He 10, 5-10)
Lecture de la lettre aux Hébreux
Frères,
en entrant dans le monde, le Christ dit, d'après le Psaume : Tu n'as pas voulu de sacrifices ni d'offrandes, mais tu m'as fait un corps.
Tu n'as pas accepté les holocaustes ni les expiations pour le péché ;
alors, je t'ai dit : Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté, car c'est bien de moi que parle l'Écriture.
Le Christ commence donc par dire : Tu n'as pas voulu ni accepté les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les expiations pour le péché que la Loi prescrit d'offrir.
Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime l'ancien culte pour établir le nouveau.
Et c'est par cette volonté de Dieu que nous sommes sanctifiés, grâce à l'offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.
               
Evangile : La Visitation (Lc 1, 39-45)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint,
et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi.
Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »


Voici donc déjà le quatrième dimanche de l’Avent…
Dans quelques heures ce sera Noël…

Comme moi vous avez du le remarquer, nos villes et villages nos maisons ont revêtu leurs habits de fêtes…
Les guirlandes dans les rues, dans nos jardins et sur nos maisons, les illuminations dans les vitrines des magasins, les sapins de Noël, les centres commerciaux qui rivalisent d’animations plus belles les unes que les autres pour attirer nos regards et au passage nos portes-monnaies…

Même s’il est normal de préparer Noël et d’en faire une belle fête durant laquelle nous aurons – Je l’espère tous - l’occasion de partager de bonnes et belles choses avec toutes celles et ceux que nous aimons, il est toujours aussi important de ne pas oublier toutes celles et ceux pour qui Noël ne pourra être une fête que si nous nous bougeons, que nous le fassions directement nous-mêmes ou au travers des associations qui nous entourent.

Noël pourra ainsi être également un moment de joie pour les plus pauvres, celles et ceux qui n’ont pas de moyens financiers, mais aussi celles et ceux qui passeront Noël dans un lit d’hôpital loin des leurs, toutes celles et ceux qui seront seuls ce soir là.

Je suis certain que comme moi, vous avez autour de vous, dans votre entourage familial peut-être, quelqu’un qui va passer Noël seul ou dans la peine…
Peut-être ne nous sentons nous pas encore capable de l’inviter à notre table, mais au moins pouvons nous lui témoigner un peu de l’Amour de Dieu, par un coup de fil ou une visite. C’est peut-être le premier pas de que nous pouvons faire vers plus de solidarité…

La joie de Noël ce n’est pas seulement celle des cadeaux et d’un excellent repas…
La joie de Noël c’est avant tout de se sentir aimés par le Christ ; Dieu qui se fait homme au milieu de nous.

Et c’est bien à cette joie que les textes d’aujourd’hui nous appellent…
Et cela se fait sous une forme plus précise que la semaine dernière…

Dimanche dernier en effet, nous étions appelés à ce que j’appellerai une joie de « Principe »… La joie que les Chrétiens doivent ressentir en ressentant la présence de Dieu dans leur vie.

Aujourd’hui, les choses se précisent… il y a du concret !
On nous annonce la naissance de Jésus : Dieu qui vient à notre rencontre, qui s’offre à nous sous les traits d’un petit enfant…

Quand même… Si on sa pose deux minutes… Si on arrête de courir pour les cadeaux de Noël et les réveillons que nous préparons et qui occupent tant nos esprit : « Mais quel cadeau je vais bien pouvoir lui acheter » « Et au réveillon je fais quoi ? Dinde ou foie gras ? » Si nous stoppons tout nette nos cerveaux qui courent sur ces préoccupations qui ne sont en fait que futilités… Alors quand même… On perçoit bien vite quelle est notre chance et notre bonheur que Dieu nous rejoigne ainsi…

Si nous prenons le temps de faire cette pause… Si nous creusons au fond de notre foi, si nous acceptons d’entendre tous ces mots d’amour que ne cesse de nous clamer la Bible, si nous acceptons ne fut-ce que l’idée que ce petit enfant qui va venir dans quelques jours est réellement le sauveur qui peut tout changer dans nos vies…
Alors ne pensez vous pas que tous les cadeaux que nous pourrons nous faire le soir de Noël, seront bien pâles au regard de celui que Dieu nous fait ?

Et les textes de ce quatrième dimanche de l’Avent vont tous dans le même sens…

Le livre de Michée nous parle d’un trou pommé, d’une petite ville à laquelle personne n’a jamais prêté la moindre attention et qui va pourtant devenir le centre du monde chrétien…

C’est déjà là que le prophète Nathan avait été envoyé par Dieu pour choisir un roi… Un roi qui n’était qu’un petit gardien de troupeau, insignifiant lui aussi, qui se prénommait David et don le règne a cependant été grandiose.

Ce texte nous montre, s’il en était encore besoin, que Dieu s’attache à faire de grande chose avec ce qui est petit… Petit aux yeux des hommes mais grand en humilité, et disponibilité à Sa Parole…

La seconde lecture tirée de la lettre aux Hébreux, vient préciser les choses…

Le Christ, malgré sa royauté suprême, va s’attacher à la condition humaine.
Il ne va pas entrer dans le monde à la manière d’un chef d’état de notre époque, avec les honneurs, avec les beaux discours, les grands repas, les grandes réceptions avec des convives plus importants les uns que les autres… non…

Il vient s’offrir dans le dénuement le plus total lors d’une froide nuit de Bethléem avec pour tous convives, pour tout auditoire les bergers et quelques animaux…

On est bien loin des grandes réceptions…
On est bien loin des illuminations de nos villes et villages ou encore de la chaleur de ces réveillons que nous préparons…

Je dis régulièrement que le texte d’Evangile arrive en point d’orgue des textes… c’est encore le cas aujourd’hui… Et quel point d’orgue puisqu’il s’agit du texte de la visitation.

Marie a dit oui au projet de Dieu !
Il est fort probable qu’elle ne comprenait pas tout alors…
Mais elle a su se faire humble et s’est rendue disponible à ce projet d’Amour de Dieu… Elle a su lui faire totalement confiance…

Et Marie vient donc d’apprendre que sa cousine Elisabeth est enceinte…
Vite elle se met en route…
Mais pas question pour elle de monter dans voiture pour faire les 150 kilomètres qui la séparent d’elle… Pas question de s’installer confortablement dans son siège… C’est enceinte et à pieds qu’elle va se mettre en route pour parcourir cette distance…

Elle part sans se soucier de son propre état, elle se rend disponible parce qu’elle sait que sa cousine a besoin d’elle !

L’enfant tressaille en Elisabeth qui, toute emplie de l’Esprit Saint s’émerveille et proclame pour Marie, Pour Jésus, Pour Dieu ces mots que nous connaissons bien et qui constituent le début de la prière que nous même nous lui adressons.

« …Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fuit de vos entrailles est béni… »

De même qu’elle a vu le Christ souffrir sur la croix, elle voit chacune et chacun d’entre nous dans les situations parfois désespérées de nos vies.

C’est Jésus lui-même qui ce jour là nous l’a désignée comme étant notre Mère à nous aussi.

Marie vient alors à nous, elle accourt alors vers nous comme elle le fit pour sa cousine Elisabeth…
Elle est venue à Elisabeth avec le Christ en son sein…
De même elle vient à chacune et chacun d’entre nous avec le Christ qu’elle ne cesse de nous présenter comme le sauveur de l’humanité.

Elle nous montre l’exemple… A nous de faire de même…

C’est à nous maintenant d’être de vrais témoins de l’Evangile…
C’est à nous maintenant d’amener le Christ vers nos frères… C’est notre mission, notre devoir de chrétien… Nous ne sommes dignes de notre baptême que si nous agissons ainsi…

Chacun d’entre nous, à sa mesure, avec ses qualités mais également avec ses limites, est appelé par le Christ à aller vers ses frères pour leur porter cet enfant dont nous allons fêter la naissance dans quelques jours…

Comment ? Je ne sais pas !

Il appartient à chacune et chacun d’entre nous, avec la grâce de Dieu,  de découvrir et de faire fructifier les dons reçus de Dieu et de les mettre au service de celles et ceux qui nous entourent pour leur porter cet amour de Dieu dont ils ont tant besoin !

Noël, c’est l’éternel recommencement du Don de Dieu aux hommes !

C’est à chacune et chacun d’entre nous qu’il appartient de prolonger Noël chaque jour, dans le quotidien de nos vies… ce sera tous les jours Noël si nous acceptons de faire de notre mieux – encore une fois avec nos qualités, mais aussi avec nos limites – pour mettre le Christ au cœur de notre vie et le porter au cœur de la vie de nos frères.

Amen

dimanche 16 décembre 2012

2012-12-16 - C - Evangile Jean Baptiste prépare les foules à la venue du Messie (Lc 3, 10-18)



3ème Dimanche de l'Avent


1ère lecture : « Fille de Sion, réjouis-toi, car le Seigneur est en toi » (So 3, 14-18)
Lecture du livre de Sophonie
Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Éclate en ovations, Israël ! Réjouis-toi, tressaille d'allégresse, fille de Jérusalem !
Le Seigneur a écarté tes accusateurs, il a fait rebrousser chemin à ton ennemi. Le roi d'Israël, le Seigneur, est en toi. Tu n'as plus à craindre le malheur.
Ce jour-là, on dira à Jérusalem : « Ne crains pas, Sion ! Ne laisse pas tes mains défaillir !
Le Seigneur ton Dieu est en toi, c'est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il dansera pour toi avec des cris de joie, comme aux jours de fête. »

2ème lecture : Soyez dans la joie : le Seigneur est proche (Ph 4, 4-7)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens
Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur ; laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie.
Que votre sérénité soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche.
Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l'action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes.
Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer, gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ Jésus.

Evangile : Jean Baptiste prépare les foules à la venue du Messie (Lc 3, 10-18)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
Les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? »
Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu'il partage avec celui qui n'en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu'il fasse de même ! »
Des publicains (collecteurs d'impôts) vinrent aussi se faire baptiser et lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit : « N'exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
À leur tour, des soldats lui demandaient : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites ni violence ni tort à personne ; et contentez-vous de votre solde. »
Or, le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n'était pas le Messie.
Jean s'adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l'eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu.
Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas. »
Par ces exhortations et bien d'autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.



Ce troisième dimanche de l’Avent est appelé « Dimanche de la joie » !

Mais me direz-vous comment être dans la joie ?
Les exemples ne manquent pas dans notre monde ou même autour de nous de ne pas ressentir cette joie.

Où trouver de la joie quand des peuples continuent à notre époque à faire la guerre ?

Où trouver de la joie quand l’égoïsme des hommes va toujours croissant et que le fossé entre les très riches et les très pauvres se creuse chaque année d’avantage…

J’ai entendu à la radio cette semaine que le salaire des grands patrons de notre vieille Europe - salaire qui se compte déjà en millions d’euros par an -  avait encore augmenté de 4% en moyenne, et ce, alors que les restos du cœur et l’Armée du salut, pour ne citer qu’eux, se demandent comment ils vont pouvoir faire face cet hiver au flot des gens qui ont besoin d’eux pour manger…

En entendant tout cela on est en droit de se demander si en appelant à la joie, les textes Bibliques n’exagèrent pas un peu…

Et pourtant, si on y regarde de plus près, on comprend que les textes de ce dimanche ont été écrits par des gens qui souffraient eux aussi.

Mais comment donc des gens familiers d’exodes et d’exils et qui souffrent peuvent-ils adhérer à des textes qui invitent à la joie ?

Tout simplement parce que le prophète Sophonie, par ses paroles, leur permet de sentir la présence de Dieu parmi eux.

C’est le même appel à la joie que nous retrouvons dans la lettre de Saint Paul et pourtant, c’est cet homme qui a été arrêté et mis en prison ; C’est ce même homme qui risque sa vie en annonçant le retour du Seigneur…

Saint Paul, lui aussi, nous recommande de nous en remettre à Dieu non pas en oubliant nos soucis mais en les lui remettant…

Ce qu’il nous offre en échange ?
La Paix !
Une paix véritable qui nous permettra d’avancer dans la joie malgré les soucis de nos vies…

Ce fait plusieurs semaines maintenant que nous vous disons cela…
C’est parce que Dieu est au milieu de son peuple que ce peuple est capable de tout supporter et qu’il finit par se trouver la paix et dans la joie.

Et peut-être vous dites vous que vraiment ces paroles sont d’un autre temps…

« OK, on est prêts à croire que ca s’est passé comme çà à cette époque… Mais justement c’était une autre époque… Nous avons évolué… Nous sommes plus instruits que par le passé et même si un prophète se levait parmi nous, il faudrait sans doute bien plus que des paroles pour nous faire trouver Dieu dans nos vies et dans les malheurs de ce monde »…

Je vous le dis sans détour, penser cela c’est faire fausse route !

Ressentir la présence de Dieu dans une vie n’a rien à voir avec un niveau d’étude ou une quelconque instruction…

La Paix dont je viens de vous parler est pourtant salvatrice !
C’est grâce à cette paix que Dieu nous offre que nous sommes par exemple capables de prendre du recul sur une dispute, de nous poser la question de ce qui est vraiment important, et de faire le premier pas pour arranger les choses.

Il suffit également parfois qu’une seule personne le veuille et le décide pour qu’une famille qui se déchirait retrouve sa capacité au dialogue et s’achemine vers la paix.

Et toutes ces paroles ne sont pas que des vœux pieux… des contes de fées d’un autre âge…  C’est une réalité à laquelle il nous est possible d’accéder sans difficulté si nous voulons, si nous acceptons de nous en remettre réellement à Dieu dans nos quotidiens.

C’est l’Evangile de ce dimanche qui nous montre le vrai chemin vers cette joie…

Les gens qui viennent à Jean Baptiste lui posent une question : « Que devons-nous faire ? »

Et la réponse tombe comme une nouvelle évidence ! « Que celui qui a deux vêtements partage avec celui qui n’en a pas. Et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même »

Des actes… Fini les belles paroles… C’est à nos actes que Dieu nous reconnaîtra… et c’est grâce à ces actes que nous mettront en accord avec nos paroles que nous recevrons cette paix dont je parlais à l’instant…

Tout comme aux contemporains de Saint Paul, il nous est simplement demandé de faire ce qui est juste…

Et encore une fois, Dieu ne nous demande rien d’impossible, pas plus d’ailleurs que Jean-Baptiste ne demande à ses contemporains d’accomplir des exploits au dessus de leurs capacités…

Nous nous approchons de Noël et à mon avis Dieu ne nous demande pas d’abandonner le bonheur que nous aurons à nous retrouver au chaud, devant un bons repas, avec celles et ceux que nous aimons, pas plus qu’il ne nous demande de renoncer à ces cadeaux que nous attendons peut être.

Ce qu’il nous demande c’est de nous souvenir qu’à l’heure où nous préparons nos réveillons, ce sont bel et bien nos propres frères, des enfants de Dieu tout comme nous, qui s’apprêtent à passer Noël dans la rue toujours plus nombreux.

Et nous souvenir d’eux ce n’est pas seulement avoir une « petite » pensée pieuse ou une « petite » prière…

Se souvenir d’eux c’est par exemple mener une action auprès de toutes celles et ceux qui se battent déjà contre la pauvreté pour que les choses changent enfin et vraiment…

Mais alors qu’elle action me direz-vous ?
Comment voulez-vous que nous le dise ?

Cela regarde chacun d’entre nous personnellement…
C’est dans NOTRE rapport à Dieu que nous pouvons trouver cette action qui nous permettra de mettre le pied à l’étrier de notre propre transformation.

Et encore une fois cette transformation ne doit pas nous faire peur…
Elle ne doit pas nous faire peur, car comme je ne cesse de le répéter, Dieu ne nous demandera jamais de faire quelque chose au dessus de nos capacités…

Nous ne sommes capables que de peu aujourd’hui ?
Et bien ce qui est important c’est de faire ce « peu » en l’offrant à Dieu avec notre demande de nous aider à en faire d’avantage demain…

C’est ca le chemin de conversion… C’est ca le chemin vers Noël… Un chemin qui ne s’arrêtera pas le 24 décembre au soir mais se prolongera ensuite chaque jour de notre vie sur les chemins de notre conversion, sur le chemin de la Paix – la vraie – sur le chemin de cette joie que nous invite à fêter ce troisième dimanche de l’Avent….

Amen

dimanche 9 décembre 2012

2012-12-09 - C - Evangile Jean Baptiste prépare le chemin du Seigneur (Lc 3, 1-6)




2ème Dimanche de l'Avent


1ère lecture : En marche vers la Jérusalem nouvelle (Ba 5, 1-9)
Lecture du livre de Baruc
Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l'Éternel.
Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel, car Dieu pour toujours te donnera ces noms : « Paix-de-la-justice » et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu ».
Debout, Jérusalem ! tiens-toi sur la hauteur, et regarde vers l'orient : vois tes enfants rassemblés du levant au couchant par la parole du Dieu Saint ; ils se réjouissent parce que Dieu se souvient.
Tu les avais vus partir à pied, emmenés par les ennemis, et Dieu te les ramène, portés en triomphe, comme sur un trône royal.
Car Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre sera aplanie, afin qu'Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu.
Sur l'ordre de Dieu, les forêts et leurs arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage ; car Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, lui donnant comme escorte sa miséricorde et sa justice.

2ème lecture : Marchons sans trébucher vers le jour du Christ (Ph 1, 4-6.8-11)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens
Frères, chaque fois que je prie pour vous tous, c'est toujours avec joie, à cause de ce que vous avez fait pour l'Évangile en communion avec moi, depuis le premier jour jusqu'à maintenant.
Et puisque Dieu a si bien commencé chez vous son travail, je suis persuadé qu'il le continuera jusqu'à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus.
Dieu est témoin de mon attachement pour vous tous dans la tendresse du Christ Jésus.
Et, dans ma prière, je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la connaissance vraie et la parfaite clairvoyance qui vous feront discerner ce qui est plus important. Ainsi, dans la droiture, vous marcherez sans trébucher vers le jour du Christ ; et vous aurez en plénitude la justice obtenue grâce à Jésus Christ, pour la gloire et la louange de Dieu.

Evangile : Jean Baptiste prépare le chemin du Seigneur (Lc 3, 1-6)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
L'an quinze du règne de l'empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode prince de Galilée, son frère Philippe prince du pays d'Iturée et de Traconitide, Lysanias prince d'Abilène, les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie.
Il parcourut toute la région du Jourdain ; il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre du prophète Isaïe : À travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route.
Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies ;
et tout homme verra le salut de Dieu.
Ca y est, cette fois nous sommes en Avent !

Une semaine de passée déjà et qu’avons-nous fait ?

L’avons-nous réellement mise à profit pour nous préparer à Noël ou nous sommes nous contentés, comme nous le faisons avec tant de choses dans notre vie, de reporter les changements à plus tard…

Je ne peux pas résister à reprendre un slogan politique mainte fois entendu et que comme moi vous avez sur le bout des lèvres : « Le changement c’est maintenant ! »

Mais nous ne sommes pas en campagne et dans notre cas ce slogan n’a rien d’une promesse que nous pourrions nous empresser d’oublier sitôt faite !

Nous étions tous d’accord dimanche dernier pour dire que l’Avent est un temps de conversion, et donc je repose ma question : Qu’avons-nous fait de cette semaine ? Qu’avons-nous fait de ce temps qui nous est offert pour nous préparer, un temps qui passe pourtant si vite…

Les textes d’aujourd’hui nous le disent en long en large et en travers : L’Avent est un temps de conversion !

Dans la première lecture Baruc fait un vibrant appel à la conversion en demandant à son peuple de quitter « sa robe de tristesse et de misère».

Car ce peuple souffre ! Tout va mal, car il est prisonnier et en exil !
C’est pourtant quand ils sont pour ainsi dire au fond du trou, au cœur de cette situation pourtant dramatique dans laquelle les gens n’ont plus d’espoir,  que Baruc lance son appel…

Quelle chance d’être entendu a-t-il ?

Et si on transposait cela à notre époque ?
Si un Baruc se levait demain matin pour annoncer à toutes celles et ceux qui souffrent que leur souffrance n’aura qu’un temps et que bientôt Dieu va revenir pour nous aider à résoudre nos difficultés, à retrouver le sourire et nous rendre heureux.

Et bien je pense en toute objectivité que dans notre monde, il serait pris pour un illuminé et que très peu de gens l’écouteraient vraiment.

Pourtant Baruc touche à l’un des fondements de notre foi.
Être Chrétien, vivre cette foi, c’est croire qu’il n’y a pas de situation bloquée pour Dieu !
C’est AVEC Dieu qu’arrive la fin du cauchemar et le début de la lumière !

Et pour autant… Les choses ne se sont pas résolues d’elles-mêmes ; juste parce que Baruc a dit cela à son peuple…

Ce qui a fait la différence, c’est l’espérance que ce peuple prisonnier et déporté a retrouvée en Dieu, c’est cette foi retrouvée qui a tout changé !

De même, dans nos vies quotidienne, nous mettre ou nous remettre à l’écoute de la Parole de Dieu, savoir la méditer et y redécouvrir la lumière voilà qui peut tout changer sans rien changer…

Je m’explique…

La lumière que nous pouvons retrouver dans la Parole ne changera sans doute rien immédiatement aux difficultés que nous rencontrons…

Et pourtant, elle nous permettra d’avoir un regard différent sur ces difficultés, un regard qui sera teinté de notre foi, cette foi en la présence permanente de Dieu à nos côtés.

Et petit à petit, nous regarderons alors nos difficultés avec les yeux de Dieu ; A notre tour nous verrons des situations difficiles se débloquer par la présence de Dieu dans nos vies.

Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul va dans le même sens lui aussi et pourtant il est dans une situation bien peu enviable car il sait déjà à ce moment là, qu’en suivant le Christ il risque sa vie.

C’est pourtant un message d’espoir qu’il adresse à ses contemporains.
Et la joie qu’il ressent, cet espoir et cette foi qu’il transmet aux Philippiens c’est justement la présence permanente de Dieu dans sa vie qui la lui fait ressentir. Cette joie trouve sa source dans son amour pour le Christ.

Et de fait, Paul les encourage, comme il nous encourage tous, à progresser chaque jour dans l’Amour de Dieu.

Le désir du Royaume de Dieu, si cher à Saint Paul, doit être entretenu chaque jour par la lecture de la Parole comme je le disais tout à l’heure, mais également par la prière.

Profitons donc de ce temps de l’Avent pour demander au Seigneur de nous ouvrir les yeux sur son Amour… Cet amour qui nous aidera à voir ce que nous pouvons faire pour l’aimer en retour et à quel point toutes celles et ceux qu’il met sur notre chemin ont besoin de nous !

Et comme souvent, l’Evangile arrive en point d’orgue de ces trois lectures, nous invitant une nouvelle fois à la conversion.

« Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route.
Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées…
 »

Personnellement j’aime beaucoup cette invitation de Jean-Baptiste !

Elle nous invite, et c’est tout à fait d’actualité en ce temps de l’Avent, à redresser nos chemins pour qu’ils deviennent chemins de Dieu.

Car au départ ce sont nos chemins et s’ils sont sinueux, s’ils rendent nos vies difficiles, c’est aussi parfois parce que nous nous sommes écoutés nous, au lieu d’écouter la voix du Seigneur aux moments des choix importants de nos vies…

Le Seigneur est toujours celui qui aime le premier…
Il vient, par ces chemins sinueux que nous avons tracés, nous rejoindre et nous offrir son aide pour les redresser…

Dit autrement, Dieu n’a que faire des mauvais pas que nous avons faits, volontairement ou non ; Il n’a que faire de nos mauvais comportements…

Il nous offre son amour pour que nous changions de vie !

Je vous dis cela quasiment toutes les semaines… mais qu’est ce que ca veut dire exactement ? En quoi le fait que Dieu nous offre son Amour peut-il nous permettre de changer de vie ?

Si nous faisons appels à nos souvenirs, je suis certain que chacun d’entre nous trouvera, même dans le plus lointain de ses souvenirs un moment où il s’est senti aimé au point de pouvoir déplacer une montagne…

Ca peut être un temps de découverte dans le couple, quand on voit dans les yeux de l’autre à quel point on est important pour lui ou pour elle…
Ca peut être avec un enfant qui voit en nous le géant indestructible qui sait tout sur tout et qui le protègera toujours…

Dans toutes ces situations, parce que quelqu’un nous aime… parce qu’on se sent aimé, on se sent capable de déplacer des montagnes et on se dit qu’on va pouvoir tout faire, tout changer…

Et bien il en est de même de l’Amour de Dieu…
Si on l’accepte… Si on accepte d’ouvrir son cœur à cet Amour…
Alors arrive le moment où on le ressent et où on se sent capable de redresser les chemins de nos vies…
Arrive ce moment, où on apprend à abaisser les collines, c'est-à-dire à abandonner notre orgueil et nos mauvais autres comportements…
Arrive ce moment où on arrive à s’éloigner de ces mauvais comportements de nos vies, ces comportements qui nous éloignent de l’Amour de Dieu.

Nous sommes tous appelés à nous convertir !

Je terminerai en précisant que cette conversion passe aussi par le sacrement du pardon que les chrétiens ont tendance à déserter, dont peut-être nous ne voyons plus l’utilité en nous disant que nous serons obligés de recommencer encore et encore puisque, n’étant pas parfaits, et qu’il est certain que nous commettrons encore des péchés.

A un enfant qui lui faisait cette remarque, Notre Saint Père avait un jour répondu : « Dans une maison, on fait bien le ménage toutes les semaines et pourtant c’est toujours la même poussière »

Le sacrement du pardon est un moment important dans notre vie de chrétien, un moment qu’il nous faut apprendre à redécouvrir...

Il nous reste à peine deux bonnes semaines pour arriver à Noël et le planning est donc bien chargé !
Je ne parle évidemment pas du planning de nos courses, de nos achats de cadeaux ou des ingrédients pour notre repas de réveillon…

Je parle de notre planning de conversion…
Il ne sera sans doute pas terminé à Noël mais ce n’est pas pour autant qu’il faut négliger de le commencer dès à présent…

Amen